Le ministre des sacrements par Abbé Néri 2013-12-03 17:35:03 |
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Quelque fois on rencontre dans les interventions sur le forum des questions qui concernent à travers la vie chrétienne des notions théologiques soit dans le domaine dogmatique ou morale.
Par exemple à propos des sacrements et principalement sur le Saint Sacrifice de la Messe. Sans entrer dans les détailles de ses différentes questions, il me paraît utile de rappeler à l'aide de l'enseignement du docteur angélique quelques points importants sur la relation qu'existe entre : le Christ – l’Église – les ministres.
Premier point :
« Le ministre agit dans les sacrements en qualité d'instrument »
Mais il s'agit d'un instrument animé, ce pourquoi son intention est requise à la réalisation du sacrement. Saint Thomas répondant à la première difficulté qu'il étudie pour établir la nécessite de l'intention du ministre emploie cette explication :
« L'instrument inanimé n'a pas d'intention à l'égard de l'effet; ce qui en tient lieu c'est le mouvement que lui imprime l'agent principal.
Mais l'instrument animé, tel que le ministre, n'est pas seulement mû; il se meut encore lui-même, en tant que par sa volonté il meut ses membres pour leur faire produire l’œuvre à faire.
Son intention est donc requise pour qu'il se soumette lui-même à l'agent principal, c’est-à-dire pour qu'ait l'intention de faire ce que fait le Christ et l'Église. » (1)
Deuxième point :
« L'agent principal des sacrements : Le Christ et l’Église. »
Il apparaît déjà dans l'explication qu'on vient de voir, le ministre doit se soumettre de lui-même à l'agent principal, c'est-à-dire qu'il doit avoir l'intention de faire ce que fait le Christ et l’Église.
Dans la réponse qu'il donne à une deuxième difficulté apparaît davantage le rôle de l’Église :
« Le ministre du sacrement agit comme représentant de l'Église tout entière dont il est le ministre » (2)
C'est pourquoi : « les paroles qu'il prononce expriment l'intention de l'Église, qui suffit pleinement à l'accomplissement du sacrement, pourvu que ni le ministre ni le sujet ne manifestent extérieurement une intention contraire. »(3)
Cependant il apparaît ici une difficulté que saint Thomas traite directement dans un article dont l'intitulé nos permet de comprendre immédiatement l'enjeu :
« Une foi droite est-elle requise au point qu'un infidèle ne puisse donner les sacrements? » (4)
Voici comme il procède. D'abord en considérant précisément la difficulté :
« La foi du ministre semble nécessaire au sacrement. Car, nous venons de le dire, son intention est nécessaire à l'accomplissement du sacrement. Mais "la foi dirige l'intention", selon S. Augustin. » (5)
Et ensuite il donne la solution dans le corps de l'article où se manifeste son génie éblouissant :
« Nous l'avons dit plus haut parce que le ministre agit instrumentalement dans les sacrements, il n'agit pas par sa vertu propre, mais par la vertu du Christ.
Or, on met la foi d'un homme, de même que sa charité, au compte de sa vertu propre.
Aussi, de même que la charité du ministre n'est pas requise pour l'accomplissement du sacrement, puisque les pécheurs peuvent administrer les sacrements comme nous venons de le voir, la foi n'est pas davantage requise; et un infidèle peut procurer un vrai sacrement du moment que toutes les autres conditions nécessaires sont réalisées. » (6)
Et malgré tout, il nous est profitable de retenir la réponse qu'il donne directement à la difficulté. Saint Thomas opère une distinction nécessaire :
Le cas de celui qui se trompe sur un point qui ne concerne pas la vérité du sacrement :
« Il peut arriver que la foi d'un homme soit défaillante sur un point, mais non sur la vérité du sacrement qu'il administre.
Par exemple, si un homme croit que le serment est illicite en toute circonstance, tout en croyant que le baptême est le moyen efficace du salut.
L'infidélité, en ce cas, n'empêche pas d'avoir l'intention de conférer le sacrement. »(7)
Et, le cas de celui du ministre qui n'as pas la foi, précisément au sujet du sacrement dont il célèbre le rite :
« Mais supposons que le ministre n'ait pas la foi, précisément au sujet du sacrement dont il célèbre le rite : il ne croit pas que l'action extérieure qu'il accomplit soit suivie d'aucun effet intérieur; malgré cela, il n'ignore pas que l'Église catholique a l'intention, en accomplissant cette action extérieure de produire le sacrement; il peut donc, en dépit de son incroyance, avoir l'intention de faire ce que fait l'Église, tout en croyant que cela ne sert de rien.
Une telle intention suffit pour le sacrement, car, nous l'avons vu le ministre du sacrement agit comme représentant de toute l'Église dont la foi supplée ce qui manque à la sienne. »(8)
Les citations de saint Thomas sont tirés de sa Somme Théologique dans la III pars :
(1) Question 64 article 8 ad primum
(2) Idem ad secundum
(3) Idem ad secundum
(4) Article 9
(5) Idem première difficulté
(6) Idem corpus
(7) Idem ad primum
(8) Idem ad primum
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