Le Père Faber et la dévotion à l'Eglise par XA 2013-11-12 11:06:54 |
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LA DEVOTION A L’EGLISE.
Nous devons porter notre loyauté à l’égard de l’Eglise jusqu’à dans les moindres pensées que nous en avons, et ne devons même pas parler légèrement de sa majesté.
Nous devons avoir foi en elle dans tous ses rapports, dans tous ses embarras avec le monde comme dans toutes ses contradictions avec la prétendue grandeur de ce siècle. (…)
Nous ne devons pas mesurer l’Eglise avec une mesure qui ne serait pas surnaturelle, ce que le monde tiendrait tant à nous faire faire.
Nous ne devons pas rougir d’elle, parce qu’elle se tient en arrière lorsqu’il semblerait plus noble de marcher en avant.
Nous ne devons pas en être mécontents, lorsque son action contrarie quelques idées favorites que nous nous étions formées d’avance.
Nous devons nous plonger nous-mêmes et nos propres vues dans sa politique, laquelle est toujours guidée par le Saint-Esprit, qu’elle en ait ou non la conscience. Lorsque nous sommes embarrassés, nous devons nous tenir tranquilles et croire. Le silence élargira notre coeur, et le jugement ferait de nous de petits esprits.
Nous devons faire tout notre possible pour nous pénétrer des « instincts » de l’Eglise. Nous devons aimer ses voies, aussi bien qu’obéir à ses préceptes et croire ses doctrines.
Nous devons nous garder des théories : car, si une fois nous commençons à nous y laisser aller, nous ne tarderons pas à en venir à la raillerie. Un esprit qui n’est pas soumis à l’autorité devient nécessairement impertinent.
Nous devons estimer tout ce que l’Eglise bénit, tout ce que l’Eglise recherche. Lorsque l’Eglise souffre, ou lorsque les âmes souffrent, nous ne devons pas nous contenter de cette consolation égoïste, qu’après tout l’Eglise est éternelle et qu’à la longue elle finira toujours par triompher, mais nous devons éprouver une sympathie active pour toutes ses vicissitudes présentes, et en même temps une soif insatiable des âmes et un zèle infatigable pour leur salut. Et le salut des âmes est une affaire de présent et ne peut pas attendre l’avenir : car les hommes meurent tous les jours.
Nous devons même craindre l’Eglise avec un respect filial (…).
Notre attitude doit toujours être pleine de soumission, et nous devons éviter toute critique. Celui qui se trouve déçu dans ses rapports avec l’Eglise, doit être en train de perdre la foi, quand même il ne s’en apercevrait pas (…).
L’amour d’un homme envers l’Eglise est le gage le plus sûr de son amour pour Dieu. Il sait que toute l’Eglise est informée par l’Esprit-Saint. (…)
Le don de l’infaillibilité n’est que la concentration, la manifestation solennelle et officielle de la demeure du Saint-Esprit en son sein. (…)
La dévotion de saint Philippe de Néri à la troisième Personne de la Sainte Trinité n’était qu’une partie de cette loyauté profonde envers l’Eglise qui l’a élevé au rang et au titre d’apôtre, et d’apôtre de la sainte cité (Rome).
En un mot, nos sentiments à l’égard de l’Eglise devraient être « la dévotion ». (…)
Notre amour de l’Eglise est une forme de notre amour pour Jésus, la forme dans laquelle tous les saints ont été jetés en moule. C’est en nous l’amour de l’amour de Notre-Seigneur à notre égard. (…) Et, en vérité, ce serait une honte si nous n’aimions pas plus l’Eglise que les anciens juifs n’aimaient leur Jérusalem si chérie !
Père F.W. Faber
in Le Précieux sang. pp 246-253
cité dans le Bulletin de Novembre de la Fraternité St Pierre à Lyon, Communicantes, pp.5-6.
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