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L'ombre portée de l'encyclique Ecclesiam suam.
par Scrutator Sapientiæ 2013-10-29 07:28:23
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Bonjour et merci, Aigle.

1. J'ai déjà lu dans quelques livres que c'est la lettre encyclique de Paul VI Ecclesiam suam, bien plus que la constitution dogmatique du Concile Lumen gentium, qui a initié le climat mental, l'état d'esprit, qui caractérise ce qu'il s'est passé au moment et en aval du Concile, en ce qui concerne la mise en forme puis la prise en compte de Gaudium et Spes ; ceci, l'ombre portée de l'encyclique Ecclesiam suam, expliquerait sensiblement cela, la coloration, la tonalité de Gaudium et Spes.

2. Je me permets de vous renvoyer à ce que j'ai déjà écrit, à propos des chapitres 2 et 4 de la deuxième partie de Gaudium et Spes ; c'est là que se situe une grande partie du fond du problème, que ce soit en ce qui concerne la civilisation et la dynamisation de l'esprit public et du corps social (cf. chapitre 2) ou pour ce qui a trait à l'organisation des pouvoirs publics et à la participation aux pouvoirs publics (cf. chapitre 4).

3. Les auteurs de GS se sont exprimés comme s'ils avaient pensé qu'il suffisait de réunir des conditions sectorielles et techniques : culturelles, "sociétales", juridiques, politiques, pour canaliser, configurer, consolider, des conduites humaines globales, afin qu'elles soient, en étant de plus en plus humaines, encore plus disponibles et responsables, par et pour le Christ.

4. Les risques de limitation de la civilisation à la civilisation des loisirs, de limitation de la démocratie à des modalités et à des procédures, n'ont pas été saisis dans toute leur nature, alors qu'ils étaient déjà présents, à cette époque.

5. Se pose aussi une problématique machiavélienne, ainsi qu'une problématique tocquevilienne :

- une évolution de l'humanité, quand elle est encouragée par les "agents d'influence", notamment médiatiques et politique, n'est jamais désintéressée : peut-être aurait-on dû se poser la question de savoir à qui profitait, et, du coup, à qui nuisait, cette orientation de l'humanité, impulsée en 1945 ;

- la sécularisation est peut-être porteuse de modernité, mais n'est certainement pas pourvue de neutralité, sur le plan axiologique, je dirais même : sur les plans anthropologique et pneumatologique ; or, les auteurs de GS se sont exprimés comme s'ils avaient pensé que la sécularisation était plutôt plus propice que nuisible à la prise en compte et à la mise en oeuvre des vertus chrétiennes.

6. Je termine ce message en faisant allusion aux toutes premières phrases de GS : à mes yeux, mais je les lis peut-être mal, ces phrases semblent accréditer l'impression qu'il est possible de mettre en valeur et de tirer parti d'une certaine proximité existentielle entre les non chrétiens et les chrétiens, ce qui n'est évidemment pas faux, dès lors que l'on précise ou rappelle à quelles conditions et dans quelle direction on entend exhorter les uns et les autres à cheminer ensemble, même et surtout s'il s'agit de conditions objectantes, d'une direction exigeante, et d'un cheminement qui nécessite une conversion.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.

     

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