“Nous n’avons pas d’autre roi que César” par Vianney 2013-10-27 07:34:53 |
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Version contemporaine : “Non à une loi morale qui primerait sur la loi civile, et justifierait que l’on se place hors de la loi. Cela ne peut se concevoir dans une démocratie laïque.” (Jacques Chirac au Journal du Dimanche, 2 avril 1995.)
“Puisque vous voulez César, ô Juifs, vous aurez César” (¹) :
Voici qu’ils vont venir en effet, ces soldats romains, les plus redoutables, alors, de l’univers. Avant un demi-siècle ils seront sous vos murs, et le siège de Jérusalem dépassera en horreur les horreurs de tous les temps. Mais quand enfin, ajoutant la guerre civile à la guerre du dehors, vous vous entretuerez vous-mêmes dans la ville encerclée quand la famine atteignant ses dernières limites, conduira une mère à manger son propre enfant, quand le nombre des Juifs crucifiés par ordre de Titus ne permettra plus, les arbres manquant, de faire des croix ; quand le flot des Romains, pénétrant dans la ville après un suprême assaut, aura massacré au hasard les enfants et les femmes, les riches et les pauvres, les prêtres et le peuple ; quand la gloire de la Judée, le Temple magnifique construit par Salomon, ne sera plus qu’un brasier immense ; quand de la cité sainte il ne restera pas pierre sur pierre ; quand la dure main de César, s’abaissant sur vous de tout son poids, aura transformé en désert la terre où vous vivez... alors, mais alors seulement, vous pourrez dire en vérité : « Non habemus regem nisi Caesarem, nous n’avons pas d’autre roi que César ! »(1) Dom de Monléon, Le Christ-Roi, Téqui, 2e édition, p. 81-83.
Tragique leçon, et qui montre bien le sort auquel s’exposent les peuples, lorsqu’ils ne veulent pas accepter la royauté du Fils de Dieu. Ils se condamnent eux-mêmes aux plus dures oppressions : en raison du besoin absolu où se trouvent les hommes d’avoir un chef pour gouverner la marche de leur société, ceux qui repoussent le Christ-Roi, se livrent nécessairement à César. César : entendez par là tout pouvoir, — monocéphale ou polycéphale, peu importe, — tout pouvoir qui, cessant de se considérer comme un intermédiaire entre l’homme et Dieu, se prend lui-même comme fin et absorbe à son profit la force de la nation ; vrai « César » en effet — comme le dit le mot — qui tue dès sa naissance la mère dont il reçoit la vie.
Des exemples sont là, terribles et trop récents pour qu’il soit nécessaire d’insister. Ils attestent à l’évidence que le danger de pareilles tyrannies n’est pas illusoire. A qui veut éviter un sort semblable, un seul moyen se présente : celui que propose le Souverain Pontife (²), le retour au Monarque dont « le joug est suave et le fardeau léger », au Roi de la paix, au Christ Jésus.
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