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DICI : le pape s'adresse au clergé romain
par Ennemond 2013-10-04 11:34:53
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Le pape s'adresse au clergé romain


Le 16 septembre 2013, le clergé du diocèse de Rome, réuni dans la basilique Saint-Jean-de-Latran, a rencontré le pape François en privé c’est-à-dire sans retransmission en direct conformément aux vœux des prêtres romains et contrairement à ce qui avait été prévu initialement. Une « réunion de famille » au cours de laquelle le pape a répondu à cinq questions posées, en réfléchissant aux « graves problèmes de l’Eglise ».

A propos des scandales qui affectent l’Eglise, le pape François a redit la nécessité de faire face à ces graves problèmes avec lucidité et optimisme, car « la sainteté est plus forte que les scandales. Loin de s’écrouler, l’Eglise, j’ose l’affirmer, ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui. C’est un beau moment, ce dont l’histoire témoigne. Certains saints sont reconnus hors de l’Eglise catholique comme Mère Teresa, car il existe une sainteté de chaque jour comme celle de tant de mères et épouses, d’hommes œuvrant pour leur famille. Ceci nous remplit d’espérance ». – Cet irénisme volontariste du pape François tranche singulièrement avec le jugement sévère et réaliste que son prédécesseur, Benoît XVI, porta sur la situation de l’Eglise, peu avant son élection : « Souvent, Seigneur, ton Eglise nous semble une barque prête à couler, une barque qui prend l’eau de toute part. Et dans ton champ, nous voyons plus d’ivraie que de bon grain. » (cardinal Joseph Ratzinger lors du chemin de croix du Vendredi Saint, 25 mars 2005)
Sur la pastorale, le pape a rappelé qu’il ne faut pas confondre créativité et innovation. Créer signifie « rechercher un autre moyen de transmettre l’Evangile. (…) Il ne s’agit pas simplement de changer. La nouveauté est suscitée par l’Esprit dans la prière mais aussi en parlant avec les fidèles ». Et de citer des exemples vécus à Buenos Aires, comme l’ouverture toute la journée d’un certain nombre d’églises assurant la présence d’un confesseur ou le lancement de « formation personnelle » pour les couples qui souhaitent se marier, mais ne peuvent suivre les préparations au mariage, parce qu’ils travaillent tard…

A propos de l’accueil des personnes vivant en concubinage, le pape a insisté sur la nécessité d’un accueil cordial. « Les fidèles doivent se sentir chez eux, le prêtre doit les accompagner », a-t-il souligné, mais « toujours dire la vérité » sachant que « la vérité ne se limite pas à la définition dogmatique », mais fait partie de « l’amour et la plénitude de Dieu ».

A également été évoqué le cas des personnes divorcées et remariées qui ne peuvent recevoir la communion si leur mariage précédent n’a pas été déclaré nul canoniquement. La question de la responsabilité de l’Eglise dans ces situations, a encore expliqué le souverain pontife, sera au programme des prochaines journées de travail avec les huit cardinaux chargés de le conseiller, et du prochain synode des évêques qu’il entend consacrer au thème de la famille. Le problème de la discipline des sacrements pour les divorcés remariés, a expliqué le pape, ne peut pas se « réduire seulement au fait de recevoir ou non la communion. Car celui qui pose le problème en ces termes n’a pas compris quel est le vrai problème ». Une question, a-t-il précisé, que Benoît XVI avait « à cœur ».

Il s’agit d’un « problème sérieux », a poursuivi le pontife, qui implique la responsabilité de l’Eglise envers les familles qui vivent dans cette situation. A ses yeux, « l’Eglise doit faire quelque chose pour résoudre les problèmes des nullités » de mariage. Le pape avait évoqué ce point en des termes très similaires dans l’avion qui le ramenait de Rio de Janeiro (Brésil), à la fin du mois de juillet dernier. « On doit regarder cela dans la totalité de la pastorale du mariage », avait-il répondu au journaliste qui l’interrogeait sur un possible changement de discipline. Il avait poursuivi ainsi : « Les orthodoxes ont une pratique différente. Ils suivent ce qu’ils appellent la théologie de l’économie et offrent une deuxième possibilité. Je crois que ce problème (…) doit être étudié dans le cadre de la pastorale du mariage. L’un des thèmes sur lesquels je consulterai le conseil des huit cardinaux, du 1er au 3 octobre, sera de voir comment avancer en termes de pastorale matrimoniale ».

Pour préparer les prêtres du diocèse de Rome à cet entretien, le cardinal Agostino Vallini, vicaire de Rome, leur avait adressé à la demande du pape, une lettre écrite en 2008, lorsqu’il était encore le cardinal Bergoglio, à l’attention des prêtres après la Conférence d’Aparecida. Dans ce document, l’archevêque de Buenos Aires revient sur l’identité du prêtre qui doit « éviter de se perdre dans son moi » pour se sentir appartenir au « troupeau du peuple de Dieu », lié à lui par deux mots : « don et fidélité ». L’Eglise a besoin de « pasteurs du peuple et non de fonctionnaires de l’Etat ». La première exigence, écrit-il, « est que le curé soit un authentique disciple de Jésus-Christ, parce que seul un prêtre amoureux du Seigneur peut renouveler une paroisse ». Mais en même temps « il doit être un missionnaire ardent qui vit avec la soif constante d’aller à la recherche de ceux qui sont loin et qui ne se contente pas d’administrer ». L’image du Bon Pasteur exige donc « des disciples amoureux » et « des missionnaires ardents ».

Commentaire : Au cours de cette réunion avec les prêtres de Rome, le pape François aborde la question des catholiques divorcés et remariés civilement ; dans son entretien aux revues jésuites, le 19 septembre, il dit sur le même sujet : « Je pense à cette femme qui avait subi l’échec de son mariage durant lequel elle avait avorté ; elle s’est ensuite remariée et elle vit à présent sereine avec cinq enfants. L’avortement lui pèse énormément et elle est sincèrement repentie. Elle aimerait aller plus loin dans la vie chrétienne : que fait le confesseur ? » . – Cette façon de poser des questions sans apporter de réponse a été relevée par une journaliste mexicaine, Lucrecia Rego de Planas, qui a adressé, le 26 septembre, au souverain pontife une lettre ouverte -dans laquelle elle le tutoie parce qu’elle lui écrit avec confiance, « comme à (son) propre père ». Voici ses légitimes interrogations : « Quand tu as parlé de la femme qui vit en concubinage après son divorce et un avortement, tu as dit que « maintenant elle vit en paix ». Je me demande : Une femme qui s’est volontairement éloignée de la grâce de Dieu peut-elle vivre en paix ?
 Les papes antérieurs, de saint Pierre à Benoît XVI, ont dit qu’il n’est pas possible de rencontrer la paix loin de Dieu, mais le pape François l’a affirmé. Que dois-je soutenir, le magistère de toujours ou cette nouveauté ? Dois-je affirmer qu’à partir d’aujourd’hui, pour être fidèle au pape, la paix peut se trouver dans une vie de péché ? 
Ensuite tu as posé la question, mais tu l’as laissée sans réponse sur ce que doit faire le confesseur, comme si tu voulais ouvrir la boîte de Pandore, en sachant qu’il y a des centaines de prêtres qui, d’une manière erronée, conseillent de poursuivre dans le concubinage. Pourquoi mon pape, mon cher pape, ne nous a pas dit en quelques mots ce que l’on doit conseiller dans des cas comme celui-là, au lieu d’ouvrir le doute dans des cœurs sincères ? »

Un peu plus haut dans sa lettre, Lucrecia Rego de Planas écrit : « Beaucoup de grands prédicateurs se sont sentis désolés en apprenant que tu avais dit qu’il ne fallait plus parler des thèmes sur lesquels l’Eglise a déjà parlé et qui sont exposés dans le Catéchisme. Dis-moi, cher pape François, que devons-nous faire alors nous les chrétiens qui voulons être fidèles au pape mais aussi au Magistère de l’Eglise et à la Tradition? Devons-nous cesser de prêcher alors que saint Paul nous a dit de le faire ‘à temps et contretemps’ ? Nous laissons de côté les courageux prédicateurs, nous les forçons à se taire, pendant que nous câlinons les pécheurs et qu’avec douceur nous leur disons de lire, s’ils le peuvent et s’ils le veulent, le Catéchisme pour qu’ils sachent ce que l’Eglise dit. »

(Sources : apic/ imedia/VIS/radiovatican/romasette/benoîtetmoi – DICI n°282 du 04/10/13)




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