Comment attaquer la Foi de l'Eglise avec un simple point de "discipline".. par jejomau 2013-09-22 09:26:56 |
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D'aucuns ont relevé le fait que le célibat dans l'Eglise N'était QU'un point relevant de la discipline de l'Eglise et non du dogme. Veux t'on préparer le terrain à un éventuel changement disciplinaire en cette matière au regard du célibat sacerdotal ?
Je vous livre ci-dessous un point de vue très intéressant concernant un débat touchant à la communion . Fallait-il communier dans la main ou continuer la pratique multiséculaire de la communion dans la bouche ? Après tout, là aussi les rénovateurs ne touchaient qu'à la discipline de l'Eglise et non à son dogme.
Voilà ce que dit le cardinal Benno Gut, préfet de la Congrégation pour le Culte Divin à la fin d'une interview paru dans le Linzer Kirchenblatt du 20 juillet 1969 :
"Le 2 octobre 1968 se tient une réunion avec des questions préparés par le Consilium dont le résume est : « Cet usage a déjà été introduit, et il est difficile de l'interdire ; cependant, il semble préférable de le soumettre à certaines règles ; il ne s'agit pas d'une question de dogme mais simplement de discipline. Les dangers : coexistence de deux manières de distribuer la communion, affaiblissement du culte de l'Eucharistie, danger de profanations, soumission à une pression de la base. On jugea opportune la proposition faite par le Consilium d'entendre l'avis des conférences épiscopales. » Le Consilium prépara un premier projet de la lettre à envoyer aux conférences épiscopales, qu'il transmit à la Secrétairerie d'État le 18 octobre 1968. Le texte revint le 22 octobre, corrigé et annoté personnellement par le pape. Mgr Bugnini en publie le texte intégral et ajoute : « Les modifications apportées par le pape montrent avec quelle attention et quelle douloureuse participation il a suivi cette affaire »
Sub secreto
Cité du Vatican, le 29 octobre 1968
Prot. n. 2326/68
Excellence révérendissime,
Les documents officiels publiés les quatre dernières années pour réaliser la réforme liturgique selon les normes du IIe Concile du Vatican ont apporté à la célébration eucharistique les premiers aménagements de rites et de textes jugés les plus faciles et les plus profitables. Le Consilium poursuit dans ce sens ses travaux, afin que les nouveaux livres liturgiques puissent paraître dans le plus court délai possible.
Cependant, (Le brouillon primitif disait : « En attendant... ») de nouveaux problèmes se présentent souvent, revêtant une importance et une urgence telles qu'il n'est pas possible d'en remettre la solution à l'achèvement de nos travaux. L'un des plus délicats et urgents (Le brouillon primitif disait : « C'est le cas de la distribution... ». La version française omet « urgentes ») concerne la distribution de la communion dans la main des fidèles.
Depuis quelques années déjà, celui-ci (Le texte original, conservé dans la version française, disait ; « ce problème ») se pose, au moins en divers pays ou diverses régions. Récemment, plusieurs évêques et même quelques (Version française: « plusieurs ») Conférences épiscopales ont sollicité du Saint-Siège une réponse officielle, qui les éclaire sur la ligne de conduite à adopter dans ce domaine, lequel, parce qu'il touche au mystère et au culte eucharistique, exige une particulière attention (Ajouté par le pape).
Par mandat exprès du Souverain Pontife, qui ne peut s'empêcher de considérer l'éventuelle innovation avec une évidente appréhension, (Ajouté par le pape. Version française: « vive appréhension ») j'ai l'honneur de solliciter la fraternelle collaboration de l'épiscopat que préside Votre Excellence. Je me propose, dans cette lettre, de vous présenter le status quaestionis (A l'origine, en italien, « lo stato della questione » ; le pape l'indiqua en latin, la version française traduisit : "l'état de la question ») les arguments pour et contre, et quelques éléments de solution, enfin la procédure à suivre pour que la Conférence épiscopale de votre pays fasse connaître sa pensée (Le brouillon primitif disait : "sa position sur le problème") au Saint-Siège.
Au sujet du mode de distribution de la communion, l'Instruction Eucharisticum Mysterium (25 mai 1967) s'est bornée à indiquer l'attitude des fidèles, qui peuvent être à genoux ou debout (n° 34). Toutefois, en bien des endroits, depuis deux ou trois ans au moins, des prêtres, sans avoir l'autorisation requise, (Ajouté par le pape) placent l'Eucharistie dans la main des fidèles qui se communient ensuite eux-mêmes. Il semble que cette manière de faire se répand rapidement, surtout dans les milieux les plus cultivés et à partir dans des petits groupes, et qu'elle rencontre un accueil favorable parmi les laïcs, (L'original disait : « à beaucoup de laïcs » ; le pape a supprimé « beaucoup ») les religieux et les religieuses. (Une autre phrase disait ensuite : « II se peut que la pratique toujours plus fréquente de la concélébration ait suscité également le désir d'étendre aussi aux laïcs le rite de la communion utilisé pour la communion des concélébrants », phrase que le pape a supprimée en notant : « Ce rite est apparu après l'usage en question » )
Voici les arguments avancés par les partisans (Version française: « par les protagonistes » ) de la communion dans la main des fidèles :
1. La communion dans la main ne touche pas au dogme de la présence du Seigneur dans l'Eucharistie. C'est uniquement une question de discipline sacramentaire, que l'Autorité ecclésiastique, pour de justes motifs, peut modifier, comme elle l'a fait récemment pour la communion sous les deux espèces.
2. Ce nouveau mode de communion n'est pas une véritable (Ajouté par le pape) innovation. Il a même été le seul employé dans tout le monde chrétien, depuis les origines jusqu'aux IXe- Xe siècles. À cette époque s'est généralisé en Occident l'usage du pain azyme, et il semble que ce changement a grandement favorisé le mode de communion dans la bouche.
3. On ne peut pas dire que recevoir la communion dans la main soit plus irrespectueux envers le Seigneur que la recevoir sur la langue. D'autre part, les fidèles, même les enfants, comprendront facilement qu'ils reçoivent le Corps du Seigneur dans des propres mains, et doivent traiter le Pain consacré avec le plus grand respect (Version française: « qu'ils doivent recevoir le Corps du Seigneur dans des mains propres, et traiter le Pain consacré avec le plus grand respect).
4. La manière traditionnelle de recevoir l'hostie sur la langue apparaît de plus en plus à nos contemporains comme un geste infantile; il rappelle trop la manière de nourrir les petits enfants incapables de manger seuls. Beaucoup d'adultes ressentent de la gêne à faire en public un geste qui n'a aucune beauté extérieure et qui les rabaisse à la petite enfance.
5. Plus que par le passé, nos contemporains sont sensibles à certaines considérations d'hygiène. Certaines personnes sont nerveuses à ce point qu'il est difficile d'éviter, en leur donnant la communion, le contact avec leur langue ou avec leur salive. Cela crée chez les autres une certaine répugnance à recevoir la communion sur la langue.
6. En beaucoup de régions les fidèles communient debout, et il est difficile aux prêtres de petite taille de déposer l'hostie dans la bouche des personnes plus grandes. Il y a même danger que l'hostie tombe à terre, surtout quand on est obligé de distribuer la communion rapidement à cause d'une grande affluence.
7. En divers diocèses, la faculté de distribuer la communion a été accordée à des laïcs. Il ne semble pas opportun qu'ils déposent l'hostie sur la langue des communiants.
8. Dans les pays et les régions où la nouvelle pratique de la communion dans la main a été introduite, il semble de plus en plus difficile, voire même impossible, de l'empêcher. Les efforts de plusieurs évêques en ce sens l'ont prouvé. L'autorité de l'épiscopat et du Saint-Siège y est engagée. À notre époque de forte contestation, il est grandement souhaitable que cette autorité ne soit pas battue en brèche en maintenant une interdiction qui sera difficilement suivie en pratique. L'autorité serait renforcée, au contraire, si la hiérarchie donnait des normes bien précises qui réglementeraient l'usage du nouveau mode de communion.
Voici maintenant les raisons qui militent contre la communion dans la main :
1. C'est un changement important de la discipline ; il risque de désorienter beaucoup de fidèles, qui n'en sentent pas le besoin, et même ne se sont jamais posé la question. Il y a déjà eu de nombreuses modifications dans le domaine liturgique et sacramentaire, et toutes n'ont pas encore été bien assimilées par tout le peuple chrétien. L'instauration d'un nouveau mode de communion demanderait une sérieuse préparation catéchétique, qui n'est pas réalisable partout en même temps.
2. Il semble que cette nouvelle pratique, ici ou là instaurée, soit le fait d'un petit nombre de prêtres ou de laïcs, qui cherchent à imposer leur jugement aux autres et même à forcer la main à l'autorité. L'approuver serait encourager des gens qui ne sont jamais (Le brouillon primitif disait : « pas » ; le pape l'a transformé en : « jamais ») satisfaits des lois de l'Église.
3. On pourrait surtout craindre une diminution du respect pour le culte eucharistique. Communier dans la main semblera à beaucoup moins digne, moins respectueux. Tous les communiants ont-ils les mains propres, en particulier les enfants ?
4. On peut aussi se demander avec inquiétude si les parcelles de pain consacré seront toujours recueillies et consommées avec tout le respect qu'elles méritent. Si déjà maintenant où l'on utilise un plateau de communion, il est si facile de laisser tomber et se répandre des parcelles, qu'en sera-t-il si l'on dépose l'hostie dans la main des fidèles, qui n'auront pas tous la délicatesse et le souci de recueillir (Le brouillon primitif disait : « en recueillant »...) les parcelles avec empressement ?
5. Est-ce qu'il ne faut pas craindre, en outre, qu'augmentent les profanations et les irrévérences de la part de personnes mal intentionnées ou ayant peu de foi ? Le peuple mal préparé et peu instruit ne finira-t-il pas, en recevant le pain eucharistique dans la main, par l'assimiler au pain ordinaire ou au pain simplement bénit ? (Le brouillon primitif disait : « au simple pain ordinaire ou au pain bénit de certains rites d'Églises chrétiennes non catholiques ». La version actuelle est celle corrigée par le pape).
6. En cédant facilement sur ce point, très important pour le culte eucharistique, il y a danger que l'audace des "rénovateurs" excessifs ne s'oriente vers d'autres secteurs, qui causeraient des dommages irréparables à la foi et au culte eucharistique.
Face à cette situation délicate, une réflexion sérieuse s'impose, que la présente communication voudrait susciter dans tout l'épiscopat du monde.
Il est nécessaire de prévoir les conséquences d'un tel changement de discipline :
- a) vis-à-vis des prêtres et des ministres qui donnent la communion ;
- b) vis-à-vis des fidèles ;
- c) au point de vue de la confection du pain eucharistique (pain plus épais pour éviter le plus possible les parcelles) ;
- d) au point de vue de l'aménagement des églises (disparition éventuelle du banc de communion).
Puisqu'il s'agit d'une chose très grave en soi et dans ses conséquences, le Saint-Père Paul VI désire connaître la pensée de chaque évêque et de chaque Conférence épiscopale.
Aussi, au nom du Saint-Père et de sa part, j'ai le devoir de communiquer [Le texte primitif disait : « il me plaît de communiquer ». Lisant cela, le pape dit au P. Bugnini : « II me plaît ? Mais cela ne me plaît pas du tout ! » (« Non mi è grato per niente! »)] à Votre Excellence Révérendissime, ce qui suit :
1. À la prochaine assemblée des évêques de votre pays, vous aurez la bonté de porter cette circulaire à la connaissance de vos collègues dans l'épiscopat. Après un mûr examen de la question, (Ajouté par le pape) chaque évêque fera savoir, par bulletin secret, s'il est ou non favorable à la communion dans la main des fidèles. Les résultats de ce vote seront communiqués au Secrétariat du "Consilium" avant le 31 janvier 1969 (Le brouillon primitif disait : «15 décembre 1968 »).
2. Si la Conférence épiscopale de votre pays ne se réunit pas d'ici au 31 décembre, (Le brouillon primitif disait : « 1er décembre ») vous aurez la bonté de faire connaître, dès que possible, cette circulaire aux évêques membres ; chacun devra vous faire parvenir son vote par correspondance. Les résultats de cette consultation devront parvenir au Secrétariat du Consilium avant le 31 janvier 1969. (Le brouillon primitif disait : « 15 décembre 1968 »)
C'est seulement après cette consultation que le Saint-Siège communiquera aux évêques les éventuelles décisions avec les normes opportunes et le mode de procéder dans cette question si délicate et si importante.
Je profite de cette occasion pour vous exprimer, Excellence Révérendissime, mes saluts les plus cordiaux et les plus fraternels, les étendant à tous les évêques de votre Conférence, et je vous assure de mon entier dévouement.
Benno Card. Gut Président
A. Bugnini, CM secrétaire
En cédant facilement sur ce point, très important pour le culte eucharistique, il y a danger que l'audace des "rénovateurs" excessifs ne s'oriente vers d'autres secteurs, qui causeraient des dommages irréparables à la foi et au culte eucharistique
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