Pour être allé en Syrie, en 2008, un témoignage par Athanase 2013-09-21 19:10:19 |
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Les Chrétiens syriens sont minoritaires: c'est un fait. Minoritaires, ce n'est pas seulement en nombre, mais dans le bien faible impact sur la société ou dans la faible imprégnation des Chrétiens sur le reste de la société. Un élément qui en vaut mille: les évêques font plus figure de super-curé de paroisse que d'évêques règnant sur un diocèse à 300 églises. Les évêchés comportent peu de fidèles (on raison par "foyer"), soit quelques centaines pour un diocèse. Autrement, il existe des diocèses syriens où il existe, au mieux, 500/1000 fidèles. C'est le cas des petits évêchés, non des grandes villes où, effectivement, les fidèles sont en nombre plus conséquent.
Autre témoignage personnel: même sous Assad, il n'était pas recommandé de se promener dans n'importe quel quartier d'une ville syrienne. Exemple à Hassaké, à la fin de l'année 2008, où nos amis chrétiens nous firent silencieusement comprendre, lors d'une promenade en ville, qu'il ne fallait pas dépasser tel pont, car "après", on se doutait que c'était en territoire hostile... Autrement dit, les Chrétiens savent qu'ils ne pouvaient aller partout et qu'il existait, déjà, une hostilité aux Chrétiens dans la société. Une islamisation était déjà à l'oeuvre, et ce, indépendamment de savoir si elle était cajolée, combattu ou tolérée par Assad fils. (Parallèle à faire avec l'Irak sous Saddam Hussein entre 1991 et 2003: islamisation encouragée par le pouvoir, on se souviendra du "Allah Akhbar" dont Saddam Hussein ordonna l'inscription sur les drapeaux iraiens, en 1991...) Le seul pays où les Chrétiens d'Orient ont encore l'assurance de "peser", et pas seulement de se "préserver", reste le Liban où, effectivement, ils sont un élément constitutifs du système politique.
En revanche, la différence entre le régime Assad et l'après-Assad est qu'actuellement nous sommes en présence du standard le plus élevé de protection, même s'il était déjà écorné. Plus élevé ne signifie pas "bon" ou "excellent", mais "médiocre" et "difficile". On ne peut être sûr que d'une chose: quand le régime s'effondrera, cela sera forcément pire qu'aujourd'hui. Autrement dit, on passe d'une situation précaire à une situation catastrophique. Le Saint-Siège, les amis des Chrétiens d'Orient ne se battent plus pour préserver une situation idyllique, mais pour préserver un "bien peu" qui se transformera en "rien du tout". C'est dire.
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