5 Sept. : S. Lorenzo Giustiniani (bréviaire) par Alexandre 2013-09-04 21:38:20 |
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Saint Laurent Giustiniani (Justinien) adorant l’Enfant Jésus, par Luca Giordano (coll. part.)
Le 5 Septembre
<b>S. LAURENT JUSTINIEN, ÉVÊQUE ET CONFESSEUR</b>
Note «Memoria S. Laurentii Giustiniani († Venetiis, 8 ianuarii 1455), anno 1690 in Calendario romano ascripta, Calendariis particularibus relinquitur, quia non agitur de Sancto “momentum universale revera præ se ferente” [SC 211] (<i>La mémoire de saint Laurent Justinien († à Venise le 8 janvier 1455), inscrite au Calendrier romain en 1690 [en fait 1692], est reléguée aux Calendriers particuliers parce que ce Saint n’a pas “véritablement un rayonnement universel” [SC 211])» (Calendarium Romanum, Variationes in Calendarium romanum inductae, Romae, 1969, p. 137)
<b>Deuxième Nocturne</b>
<i>Leçon iv</i>
Laurent, né à Venise [le 1er juillet 1381] de l’illustre famille des Justinien, montra dès son enfance une très grande gravité de mœurs. Les pratiques d’une piété fervente sanctifièrent son adolescence, et l’appel de la Sagesse divine ayant convié son âme aux chastes fiançailles du Christ, il s’appliqua à connaître dans quel institut religieux il se consacrerait à Dieu. Voulant donc se préparer en secret à cette nouvelle milice, il se mit, entre autres mortifications, à coucher sur des planches nues. Un jour qu’il considérait, d’une part les plaisirs du monde et une alliance négociée par sa mère à son intention, et d’autre part les rudes austérités du cloître, il jeta les yeux sur la croix du Christ souffrant et s’écria: «C’est vous, Seigneur, qui êtes mon espérance, et c’est en vous que se trouve la consolation et la force.» Laurent dirigea ses pas vers la communauté des Chanoines de Saint-Georges <i>in Alga</i> [1400, prêtre en 1406] , où, ingénieux à trouver de nouveaux moyens de se mortifier, il engagea contre lui-même le plus opiniâtre des combats, comme s’il se fût agi de son ennemi le plus redoutable. Ne s’accordant aucune satisfaction, il s’interdit même l’entrée du jardin de la maison paternelle, et ne franchit jamais le seuil de cette demeure, si ce n’est pour remplir auprès de sa mère mourante les derniers devoirs de la piété, ce qu’il fit sans verser de larmes. Égal à son esprit de pénitence se montrait son zèle pour la pratique de l’obéissance, de la douceur et surtout de l’humilité, qui lui faisait rechercher les emplois les plus abjects du monastère, mendier dans les endroits les plus fréquentés de la ville, en y recueillant moins de vivres que de moqueries, et supporter, impassible et silencieux, les injures ainsi que les calomnies. C’était principalement dans une oraison assidue, où souvent l’extase le ravissait en Dieu, que s’enflammait la grande ardeur dont son cœur brûlait, ardeur telle qu’elle excitait à la persévérance les frères chancelants et les embrasait d’amour pour Jésus-Christ
<i>Leçon v</i>
Désigné par Eugène IV pour occuper le siège épiscopal de Venise [1433], Laurent fit tous ses efforts pour décliner cette dignité, dont il remplit les devoirs d’une manière digne des plus grands éloges. Il ne changea absolument rien à son genre de vie accoutumé; conserva dans ses repas, ses meubles et son coucher la même pauvreté qu’il avait toujours pratiquée et ne prit qu’un petit nombre de domestiques, disant qu’il possédait une grande famille, les pauvres du Christ. A quelque heure du jour qu’on l’abordât, il était tout à tous, prodiguant à chacun sa charité paternelle et n’hésitant même pas à se charger de dettes pour venir en aide à l’indigence du prochain. Quand on lui demandait sur quoi il comptait: «Sur mon Seigneur, qui pourra facilement acquitter mes dettes, répondait-il.» Sa confiance n’avait jamais été trompée par la divine Providence, comme le montraient les secours inespérés qui lui arrivaient. Il construisit plusieurs monastères de vierges, qu’il forma par sa vigilance à la pratique de la vie parfaite, s’appliqua avec grand soin à arracher les dames aux pompes du siècle et à la vanité des parures, et n’apporta pas moins d’ardeur à la réforme de la discipline et des mœurs dans le clergé, se montrant digne assurément d’être proclamé par le Pape Eugène III, devant les Cardinaux, la gloire et l’honneur de l’épiscopat, et d’être nommé par Nicolas V, son successeur, le premier Patriarche de Venise, quand ce titre eut été transféré de Grado dans cette cité [1451].
<i>Leçon vi</i>
Favorisé du don des larmes, Laurent offrait chaque jour au Dieu tout-puissant l’hostie de propitiation. Une fois même, la nuit de la Nativité du Seigneur, en accomplissant les saints Mystères, il mérita de contempler Jésus-Christ sous la forme d’un gracieux petit enfant. Si grande était l’efficacité de ses prières pour le troupeau confié à ses soins, que la République devait son salut à l’intercession et au mérite de son Pontife, d’après un témoignage qu’en a rendu le ciel. Doué de l’esprit prophétique, il prédit plusieurs fois des événements qu’on ne pouvait humainement prévoir. Ses prières eurent souvent pour effet de guérir les malades et de chasser les démons. Il composa des ouvrages remplis d’une doctrine toute céleste et respirant la piété, bien qu’il sût à peine les règles du style. Enfin une maladie mortelle étant venue l’atteindre, comme ses domestiques lui préparaient un lit plus commode pour un vieillard et pour un malade, il refusa des soulagements qui lui semblaient trop contraster avec la très dure croix sur laquelle avait expiré son Seigneur, et voulut qu’on le déposât sur sa couche habituelle. Puis voyant sa fin approcher, il leva les yeux au ciel, et dit ces paroles: «Je vais à vous, ô bon Jésus.» Et le huitième jour du mois de janvier [1455], il s’endormit dans le Seigneur. Sa mort fut précieuse devant Dieu. Ce qui le prouve ce sont les concerts angéliques entendus par des religieux Chartreux; c’est aussi la conservation de son saint corps, qui demeura dans toute son intégrité et sans trace de corruption, exhalant une odeur suave, conservant un visage vermeil, durant plus de deux mois qu’il resta sans sépulture; ce sont enfin les nouveaux miracles qui suivirent cette mort. En considération de ces prodiges, le souverain Pontife Alexandre VIII l’inscrivit au nombre des Saints [1690], et Innocent XII fixa la célébration de sa Fête [1692] au cinq septembre, jour où le Saint était monté sur la chaire épiscopale [1433].
Pour cette fête simplifiée (ou Bréviaire 1961) :
<i>Leçon ix (ou iii)</i>
Laurent, né à Venise de l’illustre famille des Justinien [1381], montra dès l’enfance un grand zèle à affliger son corps. Dédaignant les attraits du monde et le mariage préparé par sa mère, il fut reçu dans la Congrégation des Chanoines de Saint-Georges <i>in Alga</i> [1400, prêtre en 1406]. Proclamé par Eugène IV évêque de sa ville natale [1433], il ne changea absolument rien à son genre de vie accoutumé et ne cessa de soulager les besoins des pauvres, confiant les dettes dont il n’hésitait pas à se charger, à la divine Providence qui lui vint toujours en aide par des secours inespérés. Il construisit plusieurs monastères de vierges et les organisa d’après des règles de vie plus parfaite. Exemple remarquable d’humilité chrétienne, il s’appliqua surtont à réformer la discipline et les mœurs ecclésiastiques et mérita d’être appelé par les souverains pontifes la gloire des prélats et le premier Patriarche de Venise, quand ce titre eut été transféré de Grado [1451] dans cette cité. Favorisé du don des larmes, de prophétie et de guérisons, il écrivit aussi des livres remarquables par la doctrine céleste et la piété, bien qu’il sût à peine les règles du style. Il s’endormit dans le Seigneur le huit janvier [1455]. Mais sa fête est célébrée au cinq septembre, jour où l’homme de Dieu fut élevé à la chaire épiscopale.
<b><i>Troisième Nocturne</i></b>
(du Commun d’un Confesseur Pontife, 1° lieu)
<b>Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu</b>
(ch. XXV, 14-23.
Trad. du <i>Lectionnaire</i> de 1964-65)
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole: «Un homme, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ce qui lui appartenait. A l’un, il remit cinq talents, à un autre, deux, à un autre, un seul, à chacun selon ses capacités; puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla les faire valoir, et il en gagna cinq autres. Pareillement, celui qui en avait reçu deux en gagna deux autres. Mais celui qui en avait reçu un seul s’en alla creuser un trou dans la terre, et il cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revient, et il règle ses comptes avec eux. Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança et en présenta cinq autres, en disant: «Maître, tu m’as confié cinq talents; voici que j’ai gagné cinq autres talents.» Son maître lui dit: «C’est bien, serviteur bon et fidèle, en peu de choses tu t’es montré fidèle, je t’en confierai beaucoup. Entre dans la joie de ton maître.» Celui qui avait reçu deux talents s’avança et dit: «Maître, tu m’as confié deux talents; voici que j’ai gagné deux autres talents.» Son maître lui dit: «C’est bien, serviteur bon et fidèle, en peu de choses tu t’es montré fidèle, je t’en confierai beaucoup. Entre dans la joie de ton maître.»
<b>Homélie de saint Grégoire, Pape</b>
(<i>Homélies sur les Évangiles</i> 9, n. 1.
Texte latin et autre trad. française : <i>SC</i> 485, 226-229)
Cette lecture du saint Évangile nous avertit, mes très chers frères, de bien être sur nos gardes, de crainte que nous qui avons reçu plus que les autres en ce monde, nous ne soyons, à cause de cela, jugés plus sévèrement par l’Auteur du monde. Car plus les dons sont nombreux, plus grand est le compte qu’il en faut rendre. Les grâces que nous recevons doivent donc rendre chacun de nous d’autant plus humble, d’autant plus prompt à servir Dieu qu’il prévoit devoir lui rendre compte de plus de bienfaits. Voilà qu’un homme partant pour un voyage appelle ses serviteurs et leur partage des talents qu’ils doivent faire valoir. Mais, longtemps après, il revient pour leur en demander compte. Il récompense du gain qu’ils apportent ceux qui ont bien employé son argent, mais il condamne le serviteur qui a négligé de le faire valoir.
<i>Leçon viii</i>
Quel est donc cet homme qui part pour faire un voyage, sinon notre Rédempteur, qui est monté au ciel avec la chair qu’il avait prise? Car la terre est le propre pays de la chair, et celle-ci est pour ainsi dire emmenée à l’étranger, quand elle est placée dans le ciel par notre Rédempteur. Il est dit que cet homme, partant pour un voyage, remit ses biens à ses serviteurs, parce que Jésus-Christ laissa à ses fidèles des dons spirituels. A l’un il confia cinq talents, à un autre deux, et à un troisième un talent. Le corps est doué de cinq sens, à savoir: la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher. Le don des cinq talents exprime donc celui des cinq sens, ou de la connaissance des choses extérieures; les deux talents représentent l’intelligence et l’action; et le don d’un talent désigne seulement l’intelligence.
<i>Leçon ix</i>
Celui qui avait reçu cinq talents en gagna cinq autres. Il y a des personnes qui, bien qu’incapables de pénétrer les choses profondes et mystiques, ne laissent pas, en vue de la patrie céleste, d’instruire dans le bien ceux auxquels elles peuvent l’enseigner. En faisant valoir les talents extérieurs qu’elles ont reçues, elles apportent à leur maître une valeur double, puisqu’elles-mêmes se défendent des révoltes de la chair, de l’ambition des choses terrestres, et de l’attrait des biens visibles, et qu’elles avertissent encore d’autres personnes de se tenir en garde contre ces dangers. On voit aussi des hommes qui, comme enrichis de deux talents, reçoivent à la fois le don de l’intelligence et celui de l’action: ils comprennent les subtilités des sciences les plus profondes, et font au dehors des œuvres admirables. En prêchant aux autres, et par leur science et par leurs actions, ils rapportent de ce négoce un double gain.
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