J'ai retrouvé mes (longs) commentaires... par Pensassa 2013-08-20 23:49:13 |
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Concernant Gabriel Ringlet, notons tout d’abord que lui aussi, malgré son ton posé, est un homme d’excès. Réécoutez la cassette. C’est impressionnant le nombre de fois qu’il emploie des termes au superlatif ou maximalistes comme "problèmes éthiques extraordinairement complexes, très, très longtemps, énormes questions, le plus grands des hasards, énormes questions, soirée très, très importante, étudiants extraordinaires, relation tout à fait directe, ne croyez surtout pas, de très grands tournants, plus que jamais devant ces toutes grandes questions, nous sommes encore très, très loin, je ne crois pas une seconde, tellement attaché, le moindre avenir, beaucoup plus sérieusement, il est impensable, énormément, ouvrage extraordinaire, question tout çà fait fondamentale, très, très déconcertant, j’aime énormément, c’est tout à fait fondamental, tellement essentiel, très, très heureux", etc. Un homme d’excès donc.
Si on en vient au contenu de son intervention, il appelle à la conjugaison des intuitions des différentes sagesses, religions et laïcités. Sa foi en la religion catholique et plus précisément au Christ, au Dieu vivant et vrai ne serait qu’une intuition ? Si sa foi n’est qu’une intuition, de quel droit appelle-t-il au changement dans l’Eglise ?
Quand il dit “ Il est impensable de croire en son Dieu comme si le dieu du voisin n’existait pas. ”, il semble ainsi appeler au polythéisme. Tous les dieux sur le même pied d’égalité. Dieu, Yahvé, Jéhovah, Allah, le Bouddha, Vishnu, Krishna, Amon-Ra, Zeus et Jupiter, dans tout ce panthéon, on ne doit pas faire la part du vrai et du faux ? Pour lui, les dieux des autres, ils existent ! Mais dans quelle relation avec le vrai Dieu ? Ce ne seraient que des pseudonymes d’un même Dieu ? Ou alors y aurait-il un Dieu supérieur à d’autres ? Lequel ? Pourquoi ? Prenons les choses de façon optimiste et considérons qu’Allah, Jéhovah, le grand Manitou, etc., ne soient que des appellations du même seul Dieu. On peut effectivement penser que tous les hommes ressentent au fond d’eux l’existence de cet Etre supérieur et qu’en fonction de leur culture, de leur environnement, ils l’aient appelé de différents noms. Supposons que tous invoquent donc le même Dieu. Mais cela suffit-il à Dieu que les hommes l’invoquent quel que soit le vocable ?
Lui est-il indifférent que les Juifs méprisent le Fils de Dieu et ne croient pas à la Trinité, vérité que le Fils est venu leur révéler au prix de Sa vie ? Lui est-il indifférent que la coutume juive veuille que l’on crache (en général 3fois) à la vue d’une église ou d’un crucifix ? Selon le Talmud, Jésus a été condamné et exécuté par un vrai tribunal rabbinique, pour idolâtrie, incitation des juifs à l’idolâtrie et outrage aux autorités rabbiniques. Toutes les sources juives classiques qui signalent son exécution en revendiquent hautement la responsabilité et s’en réjouissent (Israël Shahak, Histoire juive, le poids de trois millénaires ; l’auteur est juif israélien, militant des droits de l’homme). Dans le même livre (ISBN 2-903279-18-7), on apprend que le châtiment de Jésus en enfer serait, d’après le Talmud, d’être plongé dans un bain d’excréments bouillants. On apprend aussi qu’il est interdit aux juifs de sauver des non-juifs sauf s’il en ressort un plus grands bien pour les juifs.
Concernant l’Islam, est-il indifférent à Dieu que les musulmans enseignent qu’il y a onze choses impures dans le monde : l’urine, l’excrément, le sperme, les ossements, le sang, le chien, le porc, l’homme et la femme non musulmans, la Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit) ; qui croit à la Trinité est impur au même titre que l’excrément et l’urine. Au niveau du Coran, on trouve : Les infidèles ne sont qu’impuretés immondes, qu’ils n’approchent donc pas de la mosquée ; Infidèles ont été certes ceux qui ont dit “ Allah est le Messie, fils de Marie ” ; Lorsque vous rencontrez des infidèles, eh bien tuez-les au point d’en faire un grand carnage (Coran, sourate 9, verset 28 ; sourate 5, verset 19/17 ; chapitre 47, verset 4).
Le Christ n’appelle-t-Il pas à passer par Lui pour être sauvé (qui ne croira pas, sera condamné) ? N’est-Il pas la Voie, la Vérité et la Vie ? N’est-Il pas la Porte, le Pain de vie ?
Quelle est l’idolâtrie que veut supprimer G.Ringlet si il accepte les autres dieux et les fausses religions ? Sans doute dénonce-t-il alors l’excès de zèle de certains chrétiens ? Il fait référence aux martyrs, rappelant qu’ils étaient mis à mort pour raison d’athéisme. Pourquoi ne poursuit-il pas son raisonnement : si les premiers chrétiens dénonçaient en particulier le culte idolâtre de l’empereur, ce qu’ils dénonçaient en général s’étaient les fausses religions, les faux dieux. Tout le contraire de l’abbé Ringlet.
Pour étoffer mon propos sur le dialogue entre différentes religions, je vous propose tout d’abord la lecture des extraits suivants.
[...]
Vous m’excuserez ce rappel assez long, mais je crois que cela valait la peine de rappeler l’enseignement constant du Christ, des Apôtres et de l’Eglise. Nous voyons tout de suite, par exemple, que l’abbé Ringlet tombe dans l’erreur dénoncée sous les n°77 et 78 dans le Syllabus de Pie IX, à savoir la séparation de l’Eglise et de l’Etat. D’une manière générale, son appel au dialogue, s’il n’est pas mieux défini, est en porte-à-faux avec la plupart des citations.
Je le rejoins cependant partiellement sur sa réflexion concernant la nécessité d’annoncer de façon non violente une parole forte et sur celle d’entendre les critiques. Néanmoins, contrairement à l’abbé Ringlet qui remet presque tout en cause en raison de ces critiques, je pense qu’il est nécessaire, lorsqu’on a la foi, de voir de quelle façon mieux expliquer la position du catholicisme sur le problème dénoncé et non de se rallier à ses opposants. Annoncer une parole forte de manière non violente ne doit pas vouloir dire capituler devant les incompréhensions auxquelles on est confronté de peur de choquer. De la même façon qu’il accepte d’être constamment tenu en éveil par les objections des autres religions, G. Ringlet devrait se rendre compte que lui aussi doit secouer les autres et susciter chez eux un appel à la conversion. Cet appel ne peut se faire sans tôt ou tard déplaire parce qu’on dénonce les erreurs des fausses religions ce que ne semble pas prêt à faire l’abbé Ringlet.
Concernant le ministère ordonné pour les femmes, l’abbé Ringlet est tout simplement en contradiction avec les décisions du Christ, confirmée par toute l’histoire de l’Eglise, de n’appeler que des hommes comme ‘cadres’ de son Eglise. Et, pour autant qu’il reconnaisse Jean-Paul II pour pape légitime, il est aussi en contradiction avec le dogme défini récemment par Jean Paul II (je n’ai pas les références sous la main). Cette exclusion du ministère ordonné ne signifie évidemment pas exclusion de la vie de l’Eglise. L’abbé rappelle à juste titre l’exemple de Marie et de Marie-Madeleine. Il y a aussi la femme adultère et la Cananéenne, mais aussi toutes les saintes de l’Eglise, sainte Claire et sainte Catherine, notamment, mais aussi tant d’autres. Et n’oublions pas non plus les mères de tous les saints masculins qui dans une grande majorité des cas ont été des éducatrices religieuses et des exemples de piété pour leurs enfants. Pensons par exemple à sainte Monique, mère de saint Augustin, mais aussi toutes les autres que l’histoire a oubliées. Comment l’abbé Ringlet peut-il être aveuglé au point de ne pas voir que, s’il y a bien eu, de par la volonté de Dieu, une femme dans tous les grands moments de l’Evangile, il n’y en a cependant pas eu lorsqu’il s’est agi de la fondation de l’Eglise (l’appel des Apôtres et la sainte Cène).
L’abbé essaye ensuite de justifier la positions des contestataires de l’Eglise qu’il représente en disant qu’il peut y avoir simultanément fidélité à l’Eglise et liberté de penser. Tout le monde ne peut être que d’accord, mais reste à définir les termes fidélité à l’Eglise et liberté de penser. La fidélité à l’Eglise comme l’indique l’étymologie du mot est basée sur la foi. La foi est l’adhésion libre de la raison à la vérité révélée en raison de l’autorité de celui qui a fait cette révélation. La fidélité à l’Eglise ne doit pas donc être comprise comme l’appartenance à un groupe quelconque mais doit être la volonté de faire partie du Corps Mystique du Christ en vue de la gloire de Dieu et du salut de son âme. Cette adhésion à l’Eglise reposant sur la foi nécessite donc en raison de cette foi l’adhésion à des principes fondamentaux concernant l’Eglise tels que l’infaillibilité de son enseignement et son autorité sur les fidèles. Rejeter l’autorité de l’Eglise, c’est être schismatique. Rejeter son enseignement, c’est être hérétique. La liberté de penser dans le cadre de la fidélité à l’Eglise est donc en partie limitée au champ des choses soit indifférentes, soit non encore définies dogmatiquement. La révision de règles disciplinaires peut aussi être envisagée, mais les personnes souhaitant le changement doivent finalement de toutes façons se soumettre à la décision de l’Eglise par obéissance à l’institution à laquelle ils ont choisi d’adhérer.
D’après l’abbé, ce serait se moquer de Dieu que de n’être pas un homme debout et un homme libre face à Lui. La liberté que Dieu nous a donnée doit être utilisée par nous en tant qu’être doué d’intelligence pour nous soumettre librement à Lui. Nous ne sommes pas des pantins qui nous agenouillons devant Dieu parce que des fils nous obligent à le faire. Nous sommes libres et c’est grâce à cette liberté que notre soumission à Dieu sert sa plus grande gloire.
Etre debout face à Dieu ? Est-ce l’exemple des mages devant l’enfant Jésus ? Est-ce l’exemple des Apôtres lors de la pêche miraculeuse ? Est-ce l’exemple des Apôtres lors de la Transfiguration ? Non, tous se prosternèrent. Ainsi que le disait je ne sais plus quel penseur chrétien (Bossuet ?) : ‘L’homme n’est grand qu’à genoux.’ C’est en effet à ce moment, lorsqu’il reconnaît son néant face à son Dieu, que Dieu est prêt à l’élever (les derniers seront les premiers). De nos jours on veut mettre l’homme sur un piédestal comme si l’homme était devenu Dieu. On cherche à plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu.
G. Ringlet appelle l’Eglise à oser se tromper ! C’est positif de se tromper pour tout effacer et recommencer ! Que n’applique-t-il pas à lui-même cette idée !
L’Eglise devrait avoir beaucoup de joie en voyant l’amour qu’elle n’a pas béni ? L’abbé pense-t-il par là au concubinage, aux mariages homosexuels ? L’Eglise devrait-elle se réjouir de voir un des sept sacrements (le mariage) galvaudé ? Qui d’ailleurs bénit en définitive une union ? L’Eglise n’est que l’outil, c’est Dieu l’artisan. Dieu, qui a voulu le mariage, bénira-t-il ceux qui ignore sa loi et son Eglise ? A supposer que des prêtres ‘bénissent’ des unions de divorcés-remariés, Dieu donnera-t-Il son aval à cette ‘bénédiction’ contraire à son commandement (unicité du mariage) ?
L’abbé termine son intervention en citant une parabole : La vérité est une immense verrière brisée en mille morceaux. C’est un plagiat de la fable maçonnique, ce qui montre bien l’influence de la franc-maçonnerie sur la philosophie de G.Ringlet. C’est surtout nier que la Vérité est bien réellement présente quelque part, à savoir dans l’Eglise catholique. C’est la raison de la Révélation. Sans révélation tous les hommes devraient effectivement se mettre ensemble pour ‘conjuguer leur intuitions’ comme dirait l’abbé et tenter d’atteindre une vérité qui ne serait que parcellaire et toute humaine. Mais Dieu dans son immense bonté nous a envoyé son Fils unique afin que nous puissions accéder à la Vérité autant que notre intelligence limitée le permet. Le Christ n’a pas envoyé les Apôtres chercher la Vérité parmi et avec les autres hommes, Il les a envoyés enseigner la Vérité à travers le monde.
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