Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

La place de l'homme !
par Abbé Néri 2013-06-25 18:13:01
Imprimer Imprimer

En s’adressant a un interlocuteur qualifié – le premier ministre anglais (1) – le pape François se plaît a souligner : « ce qui est implicite dans tous les choix politiques » a savoir : « l’importance primordiale de placer l’humanité, chaque homme et chaque femme, au centre de toute activité politique et économique, tant nationale qu’internationale »

Et il donne la raison : « parce que l’homme est – dit-il – la ressource la plus véritable et la plus profonde de la politique et de l'économie, ainsi que leur fin ultime. »

Si, il est vrai que dans l'ordre crée et sensible l'homme se trouve au sommet et que toute son activité est ordonnée à la poursuite de sa fin, peut-on dire que l'homme soit la fin ultime de la politique et de l'économie ?

Non, et il est extrêmement regrettable de trouver une telle affirmation sous la signature pontificale.

La politique et l'économie comme tous les actes humains ont une seule fin ultime qui est Dieu et tous les autres fins en dehors de lui ne peuvent que lui être subordonnés.

Saint Thomas d'Aquin dans la somme contre les gentils livre III ch. 113 donne quelques précisions utiles pour mieux le comprendre :

« Toute chose semble être pour son opération: l'opération est en effet la plus haute perfection d'un être.

Chaque être est donc mû par Dieu dans son agir suivant son rang dans l'ordre providentiel divin.

Or la créature raisonnable relève de la divine Providence comme gouvernée et digne d'attention pour elle-même et non pas seulement en vue de l'espèce, comme il en est des autres créatures corruptibles: en effet l'individu, régi uniquement en vue de l'espèce, ne l'est pas pour lui-même, tandis que la créature raisonnable, nous l'avons dit, est gouvernée à son profit propre.

Ainsi donc seules les créatures raisonnables sont mues par Dieu dans leurs activités, non seulement selon les conditions de leur espèce mais encore selon leurs conditions individuelles.

Les êtres qui sont mus dans leur activité uniquement selon les lois de leur espèce ne portent pas en eux le pouvoir d'agir ou de ne pas agir: les propriétés de l'espèce sont en effet communes et naturelles à tous les individus qu'elle embrasse, et ce qui est de la nature n'est pas en notre dépendance.

Si donc l'homme était mû dans ses activités uniquement suivant les lois de l'espèce, il ne lui appartiendrait pas d'agir ou de ne pas agir, il devrait suivre l'inclination naturelle commune à l'espèce, comme les autres créatures non raisonnables.

Il est donc manifeste que la créature raisonnable soit mue dans ses activités conformément, non seulement à la loi de son espèce, mais encore à sa loi individuelle.

Nous avons montré comment la divine Providence s'étend à chaque être en particulier, même aux plus petits.

Il importe en conséquence que la divine Providence impose aux êtres dont les activités débordent l'inclination de leur espèce, une règle d'agir autre que celle propre à cette espèce.

Or chez la créature raisonnable les activités sont multiples que n'explique pas l'inclination de l'espèce.

Le signe en est que ces activités ne se ressemblent pas en tous et qu'elles varient avec les divers individus.

La créature raisonnable doit donc être dirigée par Dieu dans son agir, non seulement d'après la loi de l'espèce, mais encore d'après la loi propre à l'individu.

Dieu pourvoit les natures selon la capacité de chacune: il a en effet formé chaque nature de telle sorte que, selon ses prévisions, elle puisse sous sa direction atteindre sa fin.

Or seule la créature raisonnable est susceptible d'être dirigée dans son agir conformément à ses exigences non seulement spécifiques, mais encore individuelles: grâce à son intelligence et à sa raison elle est capable de saisir les divers aspects sous lesquels une chose est bonne ou mauvaise, compte tenu des conditions des individus, du temps et du lieu.

Ainsi seule la créature raisonnable est dirigée par Dieu dans son activité, non seulement selon les exigences de l'espèce, mais encore selon celles propres à l'individu.

La créature raisonnable relève de la divine Providence parce qu'elle est gouvernée par elle et aussi parce que d'une certaine manière elle peut connaître le plan de la Providence.

En conséquence elle peut elle-même être une providence pour les autres et les gouverner: ceci ne saurait être le fait des autres créatures qui participent à la Providence uniquement parce qu'elles lui sont soumises.

Or du fait que quelqu'un a la faculté de gouverner, il peut diriger et conduire ses activités personnelles.

La créature raisonnable participe donc à la divine Providence parce qu'elle est gouvernée et encore parce qu'elle est susceptible d'exercer un gouvernement: elle se gouverne dans son agir propre et encore elle gouverne les autres.

Néanmoins toute providence subalterne est soumise à la divine Providence comme à la Providence suprême. »

(1) Le 15 juin 2013

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 La place de l'homme ! par Abbé Néri  (2013-06-25 18:13:01)


117 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]