parcours Zachée: un fourre-tout idéologique de plus ! par baudelairec2000 2013-06-16 22:58:22 |
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Merci monsieur Kinzler: grâce à vous je réalise à quel point certains dépensent de l'énergie pour inventer des méthodes (ici appelées pudiquement "parcours") destinées à rendre efficace et véridique un enseignement - la doctrine sociale de l'Eglise - auxquels peu de catholiques adhèrent, tout simplement parce qu'ils ne le jugent pas essentiel au christianisme, et dont les promoteurs s'attachent à trouver les origines dans l'Ecriture Sainte.
Quelques perles ou affirmations d'une originalité folle relevées au fil des pages auxquelles renvoie votre lien:
1/ "Cas pratique d'un exercice Zachée: écoute et partage pour Bernard
Ca y est, je connais au moins une personne pauvre par son prénom, le dénommé Bernard. Il habite dans sa voiture, il m'avait demandé une pièce une fois et, suite aux exercices, j'avais bien pensé que je ne connaissais pas son prénom. Vendredi Idem. Mais cette fois j'ai pris plus de temps pour parler avec lui et visiblement il était content que je me souvienne de lui…. Comme il aurait besoin d'un rdv de dentiste j'ai pris son nom et son numéro. Au bout de quelques minutes, il me demande si je suis mariée ! À ma réponse négative il me demande si je pourrais l'appeler une fois pour une question. Craignant les problèmes, je lui dis qu'il peut poser tout de suite sa question ! Il aurait droit au RSA, mais comme il n'a pas de carte d'identité, il n'a pas de compte en banque et donc il ne peut pas le toucher. Il cherche quelqu'un en qui il pourrait avoir confiance qui pourrait le toucher sur son compte, les deux seules personnes qu'il connait sont sur endettées, ce n'est peut être pas le meilleur placement !"
Dites! Il faudrait avoir attendu une sensibilisation à la DSE (Doctrine sociale de l'Eglise), suivi le fameux parcours Zachée pour se montrer attentif aux pauvres, à ceux qui souffrent. Les réponses sont dans l'Evangile: les Béatitudes, le Bon Samaritain, points essentiels de l'enseignement du Christ qui nous montre ce que doit être la charité, que nous ne pouvons nous dérober aux oeuvres de miséricorde.
2/ Phrase renversante:
"Changez votre regard sur le monde et le monde changera!"
(Ca me fait penser à une chanson des Enfoirés, vous savez, Les restos du coeur!)
Le reste que je me permets de vous citer in-extenso (merci le copier-coller) est dégoulinant de bons sentiments:
«Infirmière libérale, je suis actuellement le parcours Zachée. Je me rends compte que je suis plus attentive aux personnes. Par exemple, si quelqu’un ne répond pas, je m’inquiète, je téléphone ou je reviens en arrière un peu plus tard lors de ma tournée, chose que je ne faisais pas auparavant. Même si la personne n’a rien, je ne suis pas énervée mais soulagée ! D’autre part, cela m’aide à travailler en équipe : si l’on n’a pas la même manière de travailler, je ne veux plus critiquer mes collègues, l’important c’est d’arriver au même but »
« J’ai l’impression que Zachée m’a rendu plus attentif aux personnes, je prends plus de temps pour discuter avec mes collègues ; en dialoguant avec un jeune de l’entreprise qui délaissait sa mission, je lui ai montré combien l’entreprise toute entière a besoin du sérieux de son travail. Les taches les plus ingrates ont pris du sens, lorsque je crée des articles pour des produits, je prends le temps de vérifier les données car c’est important pour le bon fonctionnement de toute l’entreprise. »
“Il y a 3 personnes qui travaillent directement pour moi et avec lesquelles j'ai des relations difficiles, vite tendues. Depuis un mois, en convertissant mon regard chaque jour et avant chaque rencontre, c'est à dire en me souvenant qu'elles sont co-créatrices avec moi, aimées personnellement par le Seigneur qui est mort pour chacune d'elle (pas en général, mais pour elles personnellement), les relations se sont bien améliorées : la première a montré une gaieté en RV que je n'avais jamais vue depuis deux ans (elle plaisante avec moi). La seconde, après avoir été d'abord désagréable (j'ai conservé un regard évangélisé) s'est excusé (pour la première fois). Avec la troisième, j'ai pu avoir une discussion paisible sur nos modes de fonctionnement différents ; la relation s'en trouve apaisée.”
“Depuis le début du parcours, allant crescendo, je me rends compte combien mon regard sur ma famille, mon entourage, le monde, est bouleversé. Ça a commencé par mes petits gestes du quotidien ; la discussion avec la caissière, le sourire adressé au piéton que je laisse passer. Puis, j'ai senti que ça gagnait ma vie professionnelle. Une envie de respecter chacun, de pacifier les relations. Et enfin, cela rejaillit sur ma façon d'être mère et épouse. Il me semble que nos enfants se sentent mieux écoutés et respectés individuellement, ce qui crée une atmosphère familiale plus agréable. Bien sur, il reste du boulot, mais je suis déjà bluffée du résultat ! Depuis 2 semaines, à chaque fois que j'ai manqué de confiance envers quelqu'un, j'ai été prise à défaut et cette personne m'a surprise positivement ! En bref, Jean-Paul II a dit : "Change ton regard sur le monde et le monde changera", et aujourd'hui je l'expérimente grâce à Zachée !”
Le pire reste à venir...
3/ Emprunté à Ecologie humaine (Tugdual Derville):
"Replacer l’homme et son humanité au cœur de la société, comme mesure de toute chose."
Il y a très longtemps, Socrate vivait encore, un certain Protagoras, identifié comme sophiste par Platon, prétendait que l'homme est la mesure de toutes choses, avec les conséquences désastreuses que l'on sait pour l'existence de la vérité. On comprend que Socrate se soit battu contre ces gens là.
A moins qu'il ne faille tempérer cette affirmation d'Ecologie humaine par une référence à Pie XI qui déclarait que l'homme n'était pas fait pour la société, contredisant ainsi un enseignement classique qui allait de Platon à saint Thomas, mais que c'était la société qui était faite pour l'homme. C'est cela l'humanisme, le christianisme contemporain appelle cela le personnalisme. J'avoue que je ne me sens pas pour autant rassuré.
4/ Pour finir en beauté, pour ne pas lasser ceux qui auraient consenti à me suivre dans les méandres du "parcours": des propos toniques sur le travail.
"Le Travail, son management et la doctrine sociale de l’Eglise” par Mathieu Detchessahar"
Le travail est une réponse à un appel profondément inscrit dans la nature de l’homme comme on le voit au livre de la Genèse: créé à l’image d’un Dieu créateur, l’homme est appelé à se faire lui-même créateur (Gn 1,27). C’est pourquoi le travail a toujours été considéré par les chrétiens comme faisant partie de la spiritualité, depuis les premiers temps du monachisme et la règle de saint Benoît "ora et labora" (“prie et travaille”) jusqu’à la philosophie chrétienne contemporaine et l’appel de Simone Weil à rebâtir une véritable “spiritualité du travail”. L’homme est appelé à un travail qui ne se présente pas simplement comme moyen d’assurer sa subsistance mais comme une activité créatrice, un apport personnel à la réalisation du plan providentiel dans l’histoire (Laborem Exercens, LE 25,4). L’homme peut rencontrer Dieu dans son travail puisque Dieu en a besoin, en quelque sorte, pour réaliser son dessein. C’est là l’imminente dignité du travail humain, c’est aussi sa grande responsabilité : participer à la construction du Royaume, à l’édification d’une société de justice, de charité et de paix (LE 25,6). C’est en ce sens que l’ardeur au travail est une vertu, une activité qui réalise le don reçu par l’homme au service de tous les hommes. “
La réflexion théologique sur le travail a comme grand avantage de faire comprendre à ceux qui sont astreints à la loi du travail que l'homme qui travaille est à son tour un créateur - ce qui résulte d'une méconnaissance de la notion de création. La découverte d'une théologie du travail conduit évidemment à la spiritualité du travail: comment n'avais-pas compris que la devise bénédictine "ora et labora" signifie "travaille en priant" ou bien que travailler revient à prier... On vous affirme que " L’homme peut rencontrer Dieu dans son travail puisque Dieu en a besoin, en quelque sorte, pour réaliser son dessein. C’est là l’imminente dignité du travail humain." Bosser, bosser toujours plus pour participer à la construction du royaume de Dieu. La théologie du travail conduirait insensiblement à une théologie de l'histoire: par son travail, l'homme fournit "un apport personnel à la réalisation du plan providentiel dans l'histoire." Marx ou Hegel ne sont pas bien loin, bien que les papes, par la DSE, aient voulu apporter une réponse aux erreurs marxistes.
Dire que j'étais assez naïf pour croire le Christ quand il déclarait: "Mon royaume n'est pas de ce monde".
Je me permets de me retirer sur la pointe des pieds, car demain, comme des millions de mes compatriotes, je dois assurer ma subsistance.
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