Mais, cher Paterculus, vous n'avez pas l'air de vous rendre compte par le torrentiel 2013-06-16 09:07:18 |
|
Imprimer |
que certes, un dialogue qui favorise l'écoute (dont l'écoute devient donc le but et non la base), et qui vise à dégager "les différences irréductibles" (et non pas les points d'accord et un terrain d'entente), tout cela relève d'un salmigondi intellectuel, n'était que ce salmigondi intellectuel est la charte du dialogue interreligieux depuis une cinquantaine d'années.
L'originalité de la position de mgr thomas consiste simplement à étendre ce dialogue interreligieux à ce qu'il est convenu d'appeler par litote un dialogue philosophico-religieux en l'occurrence.
J'entends bien que beaucoup tirent argument de ce que le salmigondi dont part le dialogue est un mauvais présage de la qualité de celui-ci pour en conclure qu'il ne faut pas dialoguer, d'autant que, si Luther est en enfer où l'a vu sainte-thérèse d'avila, il n'est pas possible que la cité de dieu dialogue avec "la cité de satan", pour faire allusion à la manière dont Léon XIII définissait la franc-maçonnerie.
Si l'impossibilité est métaphysique, je veux bien. Mais on a sorti Luther de l'enfer.
Ne doit-on pas tenir compte du fait que cette "société (plus ou moins) secrète" qu'est la franc-maçonnerie existe au sein de la république au point d'être la religion séculière de notre laïcité, pour désirer mettre cartes sur table avec elle, un peu comme, simple association d'idées, Satan et dieu ont l'air de faire une partie de cartes au début du livre de Job?
Mettre cartes sur table, voilà l'intérêt d'un tel dialogue, et à mon sens l'objectif quasiment avoué de mgr thomas dans cet entretien.
La question peut donc se reformuler et se décliner approximativement en ces termes:
1. La franc-maçonnerie est-elle l'exception qui confirme la règle de la foncière inopérance de la diabolisation de l'autre, qui finit toujours par être dédiabolisé (cf l'oecuménisme et le dialogue interreligieux antécédent, qui sont une forme de dédiabolisation)? Autrement posé, y a-t-il une impossibilité propre à la franc-maçonnerie qui empêchera toujours l'eglise catholique de dialoguer avec elle au plus haut niveau de leurs hiérarchies respectives, comme le propose mgr thomas?
2. Plus profondément, y a-t-il une impossibilité métaphysique que les enfants de Lumière dialoguent avec les fils des ténèbres avec lesquels ils vivent pourtant, et s'efforcent même de vivre en bonne intelligence, d'autant que la Bible nous montre au moins un exemple où le diable a eu accès à Dieu et a pu parler avec lui, sans compter que l'evangile nous enseigne à ne pas séparer en ce monde l'ivraie et le bon grain, la séparation étant l'apanage du Maître de la moisson à l'entrée dans le royaume, quand les jeux seront faits...?
3. Et pragmatiquement, n'est-il pas nécessairement profitable d'aller le plus loin que l'on peut dans le dialogue avec notre prochain, parce qu'il est notre prochain et sous réserve qu'il puisse aussi être mis fin au dialogue, comme cela m'est arrivé tout récemment et, je crois, définitivement, avec un correspondant et frère d'armes (car adversaire de joute) islamiste avec lequel nous avons poussé très loin l'investigation, jusqu'à ce que mon seuil de tolérance soit atteint, parce que l'échange tournait en boucle, et donc ne rimait plus à rien?
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|