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Dieu et la mort
par Abbé Néri 2013-05-23 19:06:01
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Au cours de l'audience que Paul VI donna le 13 novembre 1968 il s'applique a expliquer la contradiction entre Dieu et la mort :

« Fixons un moment l'attention sur une seule observation : ici Dieu est chez lui.

Les paroles de la Genèse reviennent à la mémoire :

« Que ce lieu est terrible, il n'est autre que la maison de Dieu et la porte du ciel » (Gn 29,17), c'est-à-dire que tout ici parle de ce Dieu dont on dit, dehors, dans le monde profane, spécialement dans un certain secteur excentrique et agité de la pensée moderne, qu'il est mort.

Aucune contradiction n'est plus violente, ni plus sacrilège que celle qui jaillit entre ces deux termes : Dieu et la mort, s'ils sont considérés dans leur signification objective, l’Être et le néant, la vie et sa négation, l'absolu et l'absurde, le nécessaire et l'inconsistant, la vérité et sa réduction à rien, le bonheur et le désespoir. »

Ces paroles illustrent clairement la portée sacrilège du suicide dans la Cathédrale de Paris. Cependant il est utile de poursuivre la lecture de ce document ou le Pape rappelle :

« Mais nous savons que ce « slogan » malheureux s'appli­que, dans le langage de la culture, à son contenu subjectif, c'est-à-dire à la pensée de l'homme, qui ne sait plus donner un sens, une valeur au nom ineffable de Dieu. »

Voila ce qu'est le plus dramatique : c'est la mort de Dieu dans la pensée d'un homme qui le conduit jusqu'à ce geste terrible. Et pourtant si :

« Dieu serait mort dans la menta­lité de l'homme. Ce n'est pas le soleil qui s'est éteint, c'est l’œil de l'homme qui s'est obscurci. »

Pourquoi un tel obscurcissement ? Bien sur les causes sont multiples, et Jean Paul II reprenant l'enseignement de Gaudium et Spes répond :

« De nombreux cardinaux et évêques ont souhaité un sérieux examen de conscience surtout pour l'Église d'aujourd'hui.

Au seuil du nouveau millénaire, les chrétiens doivent se mettre humblement en présence du Seigneur pour s'interroger sur les responsabilités qu'ils ont, eux aussi, dans les maux de notre temps.

En effet, à côté de nombreuses lumières, l'époque actuelle présente beaucoup d'ombres.

Comment passer sous silence, par exemple, l'indifférence religieuse qui conduit beaucoup d'hommes d'aujourd'hui à vivre comme si Dieu n'existait pas ou à se contenter d'une vague religiosité qui ne leur permet pas de se confronter au problème de la vérité ni au devoir de cohérence?

Il faut ajouter que, un peu partout, on a perdu le sens de la transcendance de l'existence humaine et l'on est désorienté dans le domaine éthique, même en ce qui concerne les valeurs fondamentales du respect de la vie et de la famille.

Un test s'impose pour les fils de l'Église: à quel point ne sont-ils pas eux-mêmes atteints par l'atmosphère de sécularisme et de relativisme éthique?

Et quelle part de responsabilité ne doivent-ils pas se reconnaître, eux aussi, face à la progression de l'irréligion, parce qu'ils n'ont pas manifesté l'authentique visage de Dieu " en raison des défaillances de leur vie religieuse, morale et sociale "? (36)

     

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 Dieu et la mort par Abbé Néri  (2013-05-23 19:06:01)
      Merci, monsieur l'abbé. par Sursum corda  (2013-05-23 20:04:32)
          Et Paul VI lui-même par Jean-Paul PARFU  (2013-05-23 20:20:06)
              réponse par Abbé Néri  (2013-05-23 20:35:50)
                  La citation par Jean-Paul PARFU  (2013-05-23 21:03:50)


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