Méditation sur l'Annonciation de Notre Dame. par FilsDeMarie 2013-04-08 12:17:53 |
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Saint Luc, qui a décrit soigneusement la nativité de Notre-Seigneur, et qui témoigne être plus instruit de sa génération temporelle que tout autre évangéliste, nous apprend que le Père éternel envoie un ange à la très-sainte Vierge pour avoir son consentement exprès , et pour être le médiateur de son alliance avec elle. Le nom même de cet .ange, appelé Gabriel, qui signifie homme de Dieu, exprimait l'objet de ce passage célèbre, c'est-à-dire que le Fils de Dieu venait en terre. Quelle n'est pas déjà la grandeur de Marie, qui a pour ministre et pour serviteur l'un de ces premiers anges qui, au rapport de l'Écriture, sont au nombre de sept, toujours debout devant la divine Majesté? Incomparables esprits, sublimes intelligences, qui, n'ayant pour supérieur que Dieu même, ne peuvent être envoyés que par lui: au lieu que les autres sont envoyés par les anges qui sont au-dessus d'eux. C'est l'un de (64) ces esprits éminents qui est envoyé comme serviteur à Marie, encore trop heureux de (aborder et de la saluer. O bienheureux ange de Dieu choisi du milieu de tous les esprits célestes pour être le dépositaire des secrets de Dieu le Père, L'ambassadeur de son amour, le médiateur de sa divine alliance, le spectateur de ses délices !
Dieu s'explique à saint Gabriel de deux secrets adorables qui ont de quoi ravir un million créatures en admiration : d'abord de son amour immense pour tout le genre humain, qu'il veut sauver et délivrer de la mort éternelle, par l'incarnation et par la mort sanglante de son propre Fils; et ensuite de l'amour qu'il a pour la très-sainte Vierge, l'ayant choisie afin de faire naître d'elle et de sa sainte substance ce même Fils en la vertu de son Saint-Esprit. Mais, sachant quelles difficultés l'esprit de Marie trouverait à cette proposition il lui fait porter par saint Gabriel les paroles les plus puissantes et les plus efficaces pour les lever. Le premier de ces empêchements était sa profonde humilité, que Dieu voulait ménager en lui faisant une proposition si magnifique. Cette parfaite humilité découvrait à Marie, et mettait à nu devant ses yeux sa bassesse et sa vileté. Elle la tenait en esprit aux pieds de toutes les créatures, comme un néant, indigne de tout , infiniment distante de Dieu , aussi basse et aussi vile que Dieu est grand en lui-même. Pour lever cet obstacle, sans donner à Marie aucune occasion de retour et d'estime d'elle-même , Dieu la fait saluer ainsi par l'Ange en l'abordant : Je vous (65)salue, pleine de grâce; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes.
III
En la saluant de la sorte, saint Gabriel révère en elle des prodiges de grâce qu'il ne peut concevoir; il admire cette plénitude, qui contient tout ce qui est répandu dans les ordres de tous les anges, et ce qui sera distribué un jour entre tous les saints; Marie les surpassant d'autant que sa dignité de Mère de Dieu surpasse celle des serviteurs et des ministres. Je vous salue, pleine de grâce, lui dit-il : parole inspirée par la divine sagesse. Il ne l'appelle pas pleine de mérite: la créature y pourrait avoir quelque part; il lui dit qu'elle est pleine de grâce, c'est-à-dire des dons de Dieu, pleine de sa charité, de sa miséricorde; ce qui dans une créature innocente ne pouvait donner lieu à aucune estime de soi-même, la grâce étant un don où la créature n'a point de part, et venant de Dieu seul, qui en est le distributeur et le père.
Aussi ces paroles, loin d'exposer l'humilité de Marie, lui fournissent l'occasion de s'humilier de plat en plus. Elle ne peut les souffrir sans trouble; elle est comme honteuse de se voir honorée par un envoyé céleste : Ayant entendu l'Ange, elle fut troublée de ses paroles, et pensait en elle-même quelle pouvait être cette salutation. Le sujet de l'humiliation de Marie, conçue dans l'innocence, ne (66) pouvait être que la vue de son néant. Ce qui la tenait humiliée, c'était de voir qu'elle n'était rien par elle-même, qu'elle n'avait rien de soi; que tout ce qui était en elle appartenait à Dieu, qu'il en méritait seul l'honneur et la louange, et qu'il pouvait lui ôter tout en un moment, comme en un instant il lui avait tout donné.
Marie, continue l'Ange, ne craignez point, car vous avez trouvé grâce devant Dieu; voilà que vous concevrez et enfanterez un fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus, parce qu'il sauvera son peuple en le délivrant de ses péchés. Il sera grand et le Fils du Très-Haut : le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père, il règnera éternellement sur la maison de Jacob; et son règne n'aura point de fin. Cette déclaration lui suggérait les motifs les plus forts de consentir à la naissance de Jésus-Christ. Rien ne pouvait toucher son coeur comme la proposition qui lui était faite, de procurer par là l'accomplissement des desseins de Dieu, la gloire du Fils, le salut des hommes.
La seconde difficulté était tirée de la virginité de Marie. Comment cela se fera-t-il, dit-elle à l'Ange, car je ne connais point d'homme : c'est-à-dire j'ai fait voeu de virginité. Elle ne voyait pas avec le seul secours de la grâce ordinaire, ou plutôt elle ignorait pleinement qu'elle concevrait sans avoir connaissance d'un homme. Dieu voulut qu'elle fût privée de la vue nette et claire qu'elle aurait pu avoir de ce mystère, afin de l'obliger à s'abandonner parfaitement à lui, en toute foi et confiance, sans discuter, (67) et sans prendre tous les éclaircissements qu'un esprit moins soumis et plus curieux aurait pu désirer. Dieu répond donc ainsi par son ambassadeur à cette seconde difficulté: Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous ombragera ; c'est pourquoi le saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu.
L'Esprit-Saint était déjà venu en Marie, au moment de sa conception. Il l'avait préservée du crime d'origine, et sanctifiée de la manière la plus parfaite qu'une âme sainte le pouvait être. Étant destinée pour la maternité divine, elle était dés lors pleine de grâce, et était même remplie de la perfection nécessaire à la fécondité divine. Néanmoins il lui fallait un surcroît de dons magnifiques pour soutenir la dignité d'Épouse du Père éternel et de Mère de son Fils. C'est pourquoi l'Ange lui dit que le Saint-Esprit surviendra en elle, c'est-à-dire qu'il viendra en elle une seconde fois pour verser dans son âme une nouvelle plénitude de dons, d'ornements précieux et de grâces divines qui la rendront digne de ces augustes titres d'Épouse et de Mère de Dieu. D'où vient que l'Ange prononce ces dernières paroles : le Saint-Esprit surviendra en vous, après l'avoir glorifiée au sujet de la première plénitude de sa grâce : Ave, gratia plena. La vertu du Très-Haut vous ombragera, ajoute-t-il, c'est-à-dire la vertu la plus sublime de Dieu vous rendra féconde, et ce qui naîtra de vous sera saint, saint de la sainteté du Père et de celle du Saint-Esprit qui surviendra en vous. Rien n'est impossible à Dieu.
68
La sainte Vierge prononce alors, de toute l'étendue de son coeur, ces paroles ineffables: Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum. Voici la servante du Seigneur; qu'il fasse de moi ce qu'il voudra, selon le pouvoir absolu et la pleine puissance que le souverain de l'univers doit avoir sur sa pauvre et chétive créature.
On voit par là trois vertus éminentes et profondes dans la très-sainte Vierge: son humilité, sa chasteté, et, par-dessus tout, son abandon parfait entre les mains de Dieu, pour être et devenir ce qu'il désire : se confiant en lui pour toute sa conduite, et soumettant sa raison et sa sagesse particulière à l'éminence de la sagesse et de la sainteté de Dieu. De son côté Dieu, faisant dépendre le mystère de l'Incarnation du consentement de Marie, l'établit la médiatrice du don sacré qu'il va faire au monde; il la rend dépositaire du trésor de notre rédemption, et il apprend à toute l'Église à aller à Marie, comme au tabernacle et au sanctuaire où habite et repose l'objet de ses délices et de ses complaisances.
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RÉFLEXIONS PRATIQUES. L'ANGELUS.
Le divin mystère de l'Incarnation, ainsi qu'on vient de le voir, contient en abrégé toute la religion chrétienne. Les trois adorables personnes de la (69) très-sainte Trinité s'y rencontrent, comme le terme et la fin dernière de toute religion; Jésus-Christ y est présent, rendant en notre nom tous les hommages dus à la Divinité; la très-sainte Vierge, sa Mère, s'y trouve aussi, comme le temple le plus saint, le plus aimable qu'il puisse avoir au monde. Pour louer Dieu dans ses grandeurs, nous avons recours à Jésus-Christ, le médiateur de nos louanges; et pour glorifier Jésus-Christ, nous avons besoin de la très-sainte Vierge, qui seule est digne de le glorifier parfaitement. Mais en sa qualité de Mère de Dieu, elle mérite elle-même nos respects et nos hommages; et à son égard nous avons encore besoin de supplément, n'étant pas dignes de lui rendre par nous-mêmes les devoirs qui lui sont dus. C'est donc une dévotion très-juste et très-utile de s'unir à saint Gabriel, et en lui à tous les saints anges, pour l'honorer dignement. Dieu lui- même s'est servi de ce saint Archange comme d'un ministre en rapport avec la grandeur de la très-sainte Vierge et avec les devoirs qu'il lui faisait rendre. Saint Gabriel a été témoin des prodiges que Dieu a opérés en elle; il a connu par son expérience tout ce qu'elle mérite d'honneur et de respect; nous devons donc être soigneux d'entrer dans sa dévotion et sa religion envers elle, et le considérer, ainsi que tous les autres anges, çomine les ministres de cette auguste Reine, auxquels les hommes doivent s'unir pour l'honorer, pour la louer et la servir.
L'Église elle-même nous propose un moyen facile de remplir tous ces devoirs de religion, dans la (70) dévotion connue sous le nom de l'Angelus. Le but de cette pratique est, en effet, de glorifier la très-sainte Trinité, pour le bienfait ineffable de l'Incarnation , d'honorer Jésus-Christ, et de rendre aussi nos devoirs à la bienheureuse Vierge, sa mère. D'abord l'Église sonne l'Angelus trois fois le jour, le matin , à midi et le soir; et trois coups à chaque fois, afin de nous rappeler, par ce signal mystérieux, que toute sa dévotion envers Jésus-Christ est rapportée par lui à la gloire et à l'honneur des trois personnes divines. Elle nous fait connaître par là qu'elle n'annonce autre chose que l'amour et la gloire de cette Trinité adorable; dont Jésus-Christ est la louange, et à laquelle il nous a tous dédiés et consacrés par le baptême. L'Église n'ignore point que les fidèles ne sont pas dignes d'honorer les mystères de Jésus-Christ, que même ils ne les connaissent guère; elle sait bien que la très-sainte Vierge les a mieux connus et honorés que personne; qu'elle a le plus participé à leurs dons et à leurs grâces. C'est pourquoi, dans la dévotion de l'Angelus, elle nous fait réciter trois fois l'Ave Maria, nous invitant ainsi à nous unir à Marie, afin que par cette parfaite adoratrice de Jésus-Christ, nous lui rendions les honneurs et les hommages qui lui sont dus dans ses mystères, et que dans cette union nous participions aux dons et aux grâces de ces mêmes mystères. Enfin, pour respecter et pour honorer la gloire et la grandeur de la très-sainte Vierge elle-même, l'Église dans la dévotion de l'Angelus nous remet devant les yeux le message de l'Ange, et nous fait même (71) répéter les paroles de louange qu'il lui adressa, afin de nous avertir d'approcher d'elle dans les mêmes dispositions avec lesquelles en approcha saint Gabriel, député du Père éternel, et rempli de son saint amour envers elle.
Voici donc dans quels sentiments il convient de réciter l'Angelus :
1° En prononçant ces paroles : L'Ange du Seigneur annonça à Marie, etc., il est bon d'honorer l'excellence de saint Gabriel, qui avait en soi quelque chose de grand et de bien auguste, puisqu'il a été choisi, du milieu de tous ses frères, pour être l'ambassadeur de Dieu auprès de Marie. On peut respecter aussi son obéissance admirable qui le fait partir du ciel en un instant, tout rempli du feu de l'amour de Dieu le Père envers Marie, et de zèle pour l'accomplissement de ses desseins. On peut honorer encore sa fidélité parfaite, puisque, après qu'il a accompli son ambassade et satisfait aux desseins du Père Éternel, aussitôt il disparaît. Il se retire en Dieu, afin de lui rendre, dans son sein adorable, une religion parfaite et les devoirs de cet amour souverain qui lui fait préférer Dieu à toutes choses, sans égard pour la douceur qu'il goûtait dans l'entretien de la très-sainte Vierge, quelque saint, quelque pur, quelque admirable qu'il fût.
Mais surtout avant de réciter: Je vous salue, etc.... on s'unira à la religion de saint Gabriel envers Marie, pour aborder cette divine Mère avec le respect et l'honneur qui lui sont dus. Car les paroles de l'Ange : Je vous salue, pleine de grâce; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, furent (72) accompagnées de l'hommage intérieur le plus parfait que Marie ait reçu ou qu'elle recevra jamais d'aucune créature, puisqu'elles lui furent portées de la part du Père Éternel, dont saint Gabriel était l'interprète et l'ambassadeur. Aussi l'Église, le considérant comme le plus digne supplément de nos devoirs envers la très-sainte Vierge, ne se lasse pas de s'unir à la religion de ce saint Ange, et d'adresser à Marie les propres paroles par lesquelles il la salua, afin de participer ainsi à sa vénération et à son amour pour elle. Enfin, comme elle sait bien que Marie est notre médiatrice auprès de Jésus-Christ, et le supplément de notre religion envers lui, elle ajoute toujours cette invocation aux paroles de l’Ange : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. En récitant : Je vous salue, Marie, etc.... on s'unira donc à saint Gabriel pour offrir à cette auguste Reine les hommages religieux qu'il lui rendit en l'abordant, et on lui offrira aussi les respects et les supplications de toute l'Église.
2° On s'unira encore à lui en disant : Voici la servante du Seigneur, etc.... afin d'honorer et de respecter avec lui les sentiments d'anéantissement parfait dont la très-sainte Vierge était toute pénétrée en les prononçant, et qu'elle a toujours conservés dans son coeur. L'abandon qu'elle fit alors d'elle-même à Dieu en qualité de servante, fut l’hommage le plus pur et le plus parfait qu'il eût jamais reçu; et l’Église nous fait répéter les paroles mêmes qu'elle prononça, afin que nous unissant à ses dispositions, (73) nous entrions en participation de son esprit de servitude envers Jésus-Christ. Dans cette vue, nous nous tiendrons recueillis quelques instants, pour donner au Saint-Esprit le temps de répandre dans nos coeurs cette grâce de servitude. L'esprit de. servitude à Jésus-Christ demande de notre part une confiance et un abandon sans retour, entre les mains de ce béni et fidèle maître, qui est tout sage, tout-puissant, tout bon, et qui par ses perfections supplée à notre aveuglement et à notre amour-propre, qui sont trop souvent, hélas les directeurs que nous consultons. A proprement parler, l'esprit de servitude est une grande pureté d'intention avec un désir ardent de la gloire de notre Maître. Cela suppose une grande mortification des désirs naturels, un grand, amour pour Notre-Seigneur, enfin un amour sincère de la croix, du mépris, de la pauvreté, de la souffrance, afin qu'au service de notre Maître nous ne trouvions rien qui nous arrête en chemin. C'est ce qu'il faut conjurer la très-sainte Vierge de nous obtenir, pendant que, unis de coeur à saint Gabriel et à l'Église, nous réciterons pour la seconde fois : Je vous salue, Marie.
3° Lorsqu'on ajoute : Et le Verbe s'est fait chair, etc..., il faut s'unir à Marie, pour adorer avec elle les abaissements incompréhensibles du Verbe incarné, et les hommages parfaits qu'il rendit à la majesté de Dieu, au moment de l'Incarnation, qui furent des hommages infinis, dignes de sa grandeur. En récitant pour la troisième fois : Je vous salue, etc.... on se donnera à la très-sainte Vierge, pour demander par elle de participer à la vie du (74) Verbe incarné, qui devrait être celle des chrétiens. Car si l'Église nous invite, trois fois le jour, à la récitation de l’Angelus, c'est pour nous rappeler Jésus-Christ, la source de notre vie, et nous attirer à lui afin de nous remplir de son Esprit. Elle le sonne le matin, pour que nous commencions la journée par Jésus-Christ. Elle le sonne à midi, afin que nous renouvelions en nous son souvenir et que nous le gardions jusqu'au soir. Elle le sonne, encore à la fin du jour, afin que nous terminions nos pensées par Jésus-Christ, comme nous les avons commencées par lui, et pour que nous nous endormions et nous reposions dans son sein. Ainsi l’Angelus a pour but de nous faire vivre jour et nuit dans la présence et l’amour de Jésus-Christ et de ses saints mystères.
Dans l’oraison qui termine cette dévotion, l’Église nous fait honorer trois mystères principaux: l’incarnation, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Le matin, en récitant cette oraison, on peut se proposer d’honorer plus particulièrement le mystère de l’anéantissement du Verbe dans l’Incarnation, et les divines occupations de l’âme du Sauveur pour l’honneur de Dieu et la sanctification des hommes. Car l’Église souhaite que ses enfants commencent toutes leurs journées, qui sont autant d'images de la vie, dans le même esprit que Jésus-Christ a commencé la sienne. A midi, nous pourrons faire une attention particulière au mystère de la Résurrection, par la vertu duquel nous participons à le vie du Sauveur ressuscité, lequel doit croître et se développer, jusqu'à ce qu'il soit parfaitement formé dans nos cœurs. (75) Cette vie inspire l'amour des choses éternelles, et le mépris de celles d'ici-bas; elle fait que nous n'usons plus de celle-ci qu'avec dégoût, bien loin de nous y attacher. Le soir, enfin, on peut honorer le mystère de la mort et de la sépulture, afin de finir notre journée comme Notre-Seigneur a fini sa vie, et de prendre notre repos et notre sommeil en union avec lui dans son tombeau. Car de même que le jour du chrétien est une image de sa vie, ainsi la nuit lui doit être une image de sa mort. Il est bon d'ajouter une petite élévation à Jésus-Christ mort et enseveli, pour lui demander l'esprit et la grâce du sacrement de l'extrême-onction, qui a sa source en ces divins mystères. Cette grâce nous mettra à couvert de la malice du démon, qui pourrait nous surprendre durant le sommeil; car en cet état nous sommes faibles comme dans l'agonie, perclus et privés de nos sens et de notre raison. Enfin, comme nous nous serons reposés avec Jésus-Christ, en attendant la résurrection du matin, nous devons nous lever, le lendemain, dans les sentiments où il était en sortant du tombeau; remerciant Dieu de la nouvelle vie qu'il nous donne, pour l'honorer et le servir.
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