Musique baroque: le Stabat Mater par baudelairec2000 2013-03-21 23:37:26 |
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Demain: Vendredi de la Passion.
Avant 1960, on célébrait ce jour-là Notre-Dame des Sept-Douleurs, déjà fêtée le 15 septembre de chaque année. Depuis, on fait mémoire de la fête, sauf si des exercices particuliers de piété nécessitent la célébration de la messe de Notre-Dame des Sept-Douleurs. En ce cas, l'Alleluia est remplacé par le trait suivant:
Stabat sancta Maria , caeli Regina, et mundi domina, juxta crucem Domini nostri Jesu Christi dolorosa. O vos omnes qui transitis per viam , attendite et videte si est dolor sicut dolor meus.
Puis l'on chante la séquence Stabat Mater, composée de 20 strophes et attribuée à Jacopone da Todi, un franciscain italien de la deuxième moitié du XIII e siècle.
Le Stabat Mater devint vite populaire. Un peu plus de 240 versions musicales de ce poème ont été répertoriées dont un certain nombre anonymes. Nous nous contenterons de répertorier les versions les plus célèbres et les enregistrements les plus accessibles en nous limitant à ce que nous connaissons le mieux: les XVII e et XVIII e siècles. Procédons par ordre chronologique.
Marc-Antoine Charpentier a composé un Stabat pour des religieuses, celles de Port-Royal, semble-t-il. C'est Jordi Savall qui en donna une très belle interprétation dans un album intitulé Canticum ad Beatam Virginem Mariam (Astrée, 1989). On retrouve un extrait d'un autre Stabat - les 6 premières strophes - dans un enregistrement des Arts Florissants sous la direction de William Christie (l'album Le reniement de saint Pierre et Méditations pour le Carême, Harmonia Mundi, 1985).
Antonio Caldara (1670-1736): un choeur à 4 parties, 4 solistes, cordes et 2 trombonnes pour une écriture archaïque (on pourra écouter la version de René Clemencic, couplée avec la Missa Dolorosa, un enregistrement Naxos).
Nicolas de Brossard (1655-1730): son Stabat Mater a été enregistré par Olivier Schneebeli, les Pages et les Chantres de la Chapelle (Astrée, 1998).
Emanuele d'Astorga (1680-1757): issu d'une famille noble espagnole qui s'installa en Italie. Autodidacte, il n'occupa jamais de poste officiel de musicien; aventurier, on le retouve en Sicile, à Vienne, il se fait élire au sénat de Palerme. Auteur de cantates, il fut de son vivant aussi célèbre que Pergolèse. "L'incroyable popularité de son Stabat Mater, mais aussi et surtout sa vie aventureuse attisèrent l'imagination des esprits romantiques et déclencha au XIX e siècle un véritable culte pour sa personne." (enregistrement par l'Orchestre Baroque de Fribourg et le Balthasar Neumann-Chor placés sous la direction de Thomas Engelbrock, DHM, 1997).
Agostino Steffani (1654-1728): un compositeur italien, évêque et diplomate qui fit sa carrière à la cour de Munich et à celle de Hanovre et qui vient de renaître par la voix de Cecilia Bartoli; on pourra entendre son Stabat couplé avec le requiem à 15 de Biber dans la version de Gustav Leonhardt chez DHM en 1995, une merveille...
Antonio Maria Bononcini (1677-1726): son oeuvre la plus connue est le
Stabat Mater qui présente des similitudes avec celui de Caldara. Rinaldo Alessandrini à la tête de son Concerto Italiano vient d'en donner une excellente version en 2012 (un disque Naïve).
Alessandro Scarlatti (1660-1725): le Stabat Mater de Pergolèse lui fut commandé pour remplacer celui d'A. Scarlatti qui date de 1724 et finit par la reléguer dans l'ombre. En 1727, le pape Benoît XIII institua la Fête de Notre-dame des Sept-Douleurs et introduisit la Séquence dans la messe.le Stabat de Scarlatti lui fut commandé par la noble Confrérie napolitaine des Chevaliers de la Vierge des douleurs qui avait coutume de célébrer pendant le Carême, à l'église franciscaine de Saint-Louis, la Vierge des douleurs, notamment par l'exécution d'un Stabat. La version qu'en a donnée au disque l'ensemble Gradiva en 1988 (Adda) sera aisément remplacée par la version de Gérard Lesne et Sandrine Piau accompagnés par le non moins excellent Il Seminario Musicale (Virgin Veritas, 1999).
Domenico Scarlatti (1685-1757): Il a composé un Stabat Mater à 10 voix (4 sopranos, 2 altos, 2 ténors, 2 basses). Parmi de nombreux enregistrements, signalons:
- John Eliot Gardiner en 1984 avec son Monteverdi Choir et ses English Baroque Soloists (Erato), avec de très beaux compléments (Cavali, Gesualdo).
- Rinaldo Alessandrini à la tête du Concerto Italiano (Naïve, 1999).
- Ensemble Vox Luminis en 2007 chez Ricercar (+ Te Deum et Salve Regina).
Antonio Vivaldi (1678-1741): cette ouvre suffirait à elle seule pour assurer une place exceptionnelle au compositeur. La concurrence est rude, chacun choisira selon ses goûts, ses envies...
- James Bowman accompagné par l'Academy of Ancient Music de Christopher Hogwood, le premier contre-ténor à ouvrir la voie (L'Oiseau-Lyre en 1975, + Nisi Dominus).
- Gérard Lesne et Il Seminario Musicale, fascinant! (Harmonic Records, 1988, une rareté).
- Andréas Scholl en 1995, accompagné par l'Ensemble 415 de Chiara Banchini harmonia Mundi).
- David Daniels en 2001; à ses côtés Fabio Biondi et l'Europa Galante (un disque Virgin Veritas).
- Carlos Mena en 2004, accompagné par le Ricercar Consort de Philippe Pierlot (+ Nisi Dominus, label Ambroisie).
- Marie Nicole Lemieux (contralto) en 2007 accompagnée par Jean-Christophe Spinozi et l'ensemble Matheus (Naïve).
- Sara Mingardo (contralto) avec rinaldo Alessandrini (Naïve, 2009).
Et enfin le plus célèbre Pergolèse qui composa un Stabat mater en 1736 remplaçant celui d'Alessandro Scarlatti. Versions innombrables parmi lesquelles:
-Mike Van der Sluis et Gérard Lesne avec le Clemencic Consort (Accord, 1986).
- Emma Kirby et james Bowman sous la direction de Christopher Hogwood (L'Oiseau-Lyre en 1988).
- Barbara Bonney et Andreas Scholl, accompagnés par Christophe Rousset ses Talens Lyriques (Decca).
-Gemma Bertagnoli et Sara Mingardo, l'accompagnement est celui de Rinaldo Alessandrini et du Concerto Italiano (Opus 111/Naïve, 2004).
- une curiosité, l'interprétation de cette oeuvre par un soprano enfant, Sébastien Hennig,un ancien du Tölzer Knabenchor, et René Jacobs dont on appréciera ou non le maniérisme et l'affectation. Un classique Harmonia Mundi de 1983.
- Bernarda Fink et Anna Prohaska avec l'Academie fur Alte Musik de Berlin (Harmonia Mundi, 2010).
Pour clore le XVIII e siècle, on signalera en priorité l'interprétation du Stabat Mater de Joseph Haydn par Nikolhaus Harnoncourt (Teldec, 1995).
Extraits vidéos de Vivaldi ici, de Pergolèse, avec Véronique gens et Philippe Jaroussky ou bien encore l'intégralité de Pergolèse avecLes Talens Lyriques de Christophe Rousset.
bonne nuit à tous.
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