Pape, évêques, curie. Les réformes à venir par LouisL 2013-03-21 10:45:45 |
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Lorsque Jorge Mario Bergoglio, qui venait d’être élu, est apparu pour la première fois à la loggia de la basilique Saint-Pierre, il a voulu avoir à ses côtés deux cardinaux. À droite, son vicaire pour le diocèse de Rome, Agostino Vallini, et, à gauche, son ami brésilien Cláudio Hummes, franciscain. Deux hommes qui symbolisent son programme.
De Rome, le nouveau pape veut être pleinement l’évêque, personnellement, comme il l’a tout de suite laissé entrevoir, le premier dimanche de son pontificat, lors de la messe qu’il a célébrée à la paroisse Sainte-Anne, située à la limite entre le Vatican et le quartier du Borgo, au milieu de l’allégresse populaire. Il se rendra ainsi d’église en église, il parcourra le centre et les banlieues, "pour l'évangélisation de cette ville si belle". En contact direct avec le peuple du diocèse qui est dorénavant son "épouse".
Le pape François aime avant tout se qualifier d’"évêque de Rome". Mais il est également convaincu - et il l’a dit tout de suite - que "l’Église de Rome est celle qui préside à la charité de toutes les Églises".
Cette phrase d’Ignace d’Antioche, évêque martyr qui vécut au IIe siècle, sert depuis cette époque de point de repère au difficile équilibre des pouvoirs entre le successeur de Pierre, qui est l’évêque de Rome, et les successeurs du collège des douze apôtres, qui sont les évêques du monde entier, entre l'exercice de la primauté du pape et l’exercice de la collégialité épiscopale. Au début du second millénaire, cet équilibre s’est rompu et le schisme a divisé l’Église de Rome et les Églises d’Orient.
Mais, à l’intérieur de l’Église catholique aussi, la primauté du pape, développée à l’extrême, attend d’être contrebalancée par le collège des évêques. C’est ce qu’a voulu le concile Vatican II, avec peu d’applications pratiques jusqu’à maintenant, et c’est aussi ce qu’a demandé une nouvelle fois, avec force, Benoît XVI dans l’un de ses derniers discours en tant que pape, quelques jours avant sa renonciation. Son successeur François a déjà fait comprendre que c’est précisément ce qu’il veut faire.
Pour atteindre cet objectif, il a à sa disposition un instrument à l’état brut, le synode. Celui-ci est composé de quelque deux cents évêques - constituant l'élite des presque cinq mille évêques du monde entier - qui se réunissent à Rome tous les deux ans afin de discuter d’un thème présentant un caractère d’urgence particulière pour la vie de l’Église.
Ses pouvoirs sont purement consultatifs et ses différentes éditions, vingt-huit jusqu’à maintenant depuis la première qui a eu lieu en 1967, n’ont que rarement évité l’ennui. Le pape François pourra le rendre délibérant, naturellement "en accord avec et sous" son pouvoir primatial.
Mais surtout il pourra transformer en un véritable "conseil de la couronne" permanent le groupe restreint d’évêques, trois par continent, que chaque synode élit à la fin de ses travaux pour servir de pont vers le synode suivant.
Pour un pape comme François, qui veut, à partir de Rome, sentir le pouls de l’Église mondiale, ce groupe est l’instrument idéal. Il suffit de dire que, parmi les douze élus du dernier synode, on retrouve presque tous les noms qui ont été mis en évidence lors du récent conclave : les cardinaux Timothy Dolan de New-York, Odilo Scherer de São Paulo du Brésil, Christoph Schönborn de Vienne, Peter Erdö de Budapest, George Pell de Sydney, Luis Antonio Gokim Tagle de Manille.
En réunissant autour de lui un sommet de l'épiscopat mondial d’aussi haut niveau, une fois par mois ou même plus souvent, avec présence physique à Rome ou par vidéoconférence, le pape François pourra gouverner l’Église exactement comme le concile Vatican II l’a voulu : avec un soutien collégial stable apporté aux décisions ultimes qu‘il prendra en tant que successeur de Pierre.
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