Ne passons donc pas à côté de vrais problèmes internes. par Scrutator Sapientiæ 2013-03-11 07:52:47 |
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Bonjour jejomau,
1. Je considère, pour ma part, qu'il y a eu successivement :
- le Concile des "médiums", id est le Concile des théologiens qui, surtout au Concile mais aussi après lui, ont été pris ou se sont pris pour des "médiums", qui avaient ENFIN trouvé "la formule magique", ignorée ou inconnue de leurs prédécesseurs,
- le Concile des "passeurs", id est des évêques qui, pendant le Concile mais surtout en aval, se sont comportés
a) non comme des pasteurs, ayant avant tout pour vocation de conduire et de diriger leurs brebis, sous la conduite et la direction de Jésus-Christ, de l'Ecriture, de la Tradition, et du Magistère,
b) mais comme des "passeurs", ayant avant tout la prétention de faire passer l'Eglise
1) d'un intérieur "sclérosé" et "vieillissant" à un extérieur à "accueillir" et avec lequel "dialoguer",
2) d'un passé "dépassé" et "périmé" à un avenir à "construire" pour "rajeunir" et "rénover".
2. L'invocation, même par Benoît XVI, d'un éventuel Concile des médias, notamment non catholiques, qui, depuis l'extérieur de l'Eglise, aurait fait obstacle à la réception, fidèle et loyale, du Concile, en son sein, constitue aujourd'hui un moyen de maintenir le plus possible, à l'abri de toute critique rétrospective, les véritables responsables, catholiques, de la situation actuelle.
3. Quand bien même il y aurait eu un Concile des médias, notamment dans les années 1960 et 1970, qu'est-ce qui a empêché les théologiens et les évêques, présents au Concile, actifs après le Concile, notamment en Europe occidentale, avec autorité, lucidité, pugnacité, ténacité, et depuis l'intérieur de l'Eglise,
- d'une part, de faire connaître, de faire comprendre, de faire aimer et de faire vivre, dans les séminaires, presbytères, communautés, mouvements, "le vrai Concile Vatican II" ?
- d'autre part, de s'insurger davantage, à temps et à contre-temps, ex cathedra, contre cet éventuel "Concile des médias", au point ou au risque, il est vrai, de déplaire ou de déranger ?
4. Par ailleurs, je voudrais rappeler quelque chose qui me semble tout à fait fondamental : les médias, notamment audio-visuels, et notamment non catholiques, qui mettent en avant, en oeuvre, en scène et en valeur
- la désinformation de l'opinion et la dissimulation de la vérité,
- l'"hédonisation" et la "technicisation" de l'agir humain ou des êtres humains,
- la manipulation et la récupération de l'attention et de l'énergie humaines,
- la mondanisation, la modernisation, la mondialisation des aspirations et des activités humaines,
ne le font pas en contradiction, mais en conformité, avec ce pour quoi ils sont constitués, mobilisés, organisés, et surtout financés.
5. Quand ces médias font tout ce qu'il faut pour porter atteinte à la solidité des familles et à l'autorité des parents, à la solidité de l'Eglise et à l'autorité des pasteurs, ils sont, en un sens, "dans leur rôle", et ce depuis bien avant le Concile Vatican II ; en ce sens, on peut dire que les médias "émancipateurs" sont apparus à partir du siècle des "Lumières".
6. S'il y a quelqu'un qui sait très bien que, dans les années 1970 et 1980, mais aussi 1980 et 1990, et depuis l'intérieur de l'Eglise, ce sont les "mediums" et les "passeurs" qui ont "sévi", c'est bien Joseph Ratzinger / Benoît XVI lui-même.
7. Mais voilà : il n'est pas religieusement correct de dire que c'est une partie du clergé catholique qui a trahi le Concile, mais il est bien moins religieusement incorrect de dire que c'est une partie du clergé médiatique, notamment non catholique, qui l'a trahi, qui a incité à le trahir, ou qui a inspiré de le trahir.
8. Ce n'est pas quand même pas de ma faute si le ver était dans le fruit, et non autour ni à l'extérieur du fruit, sinon dès la première session du Concile, du moins, à coup sûr, et au plus tard, à la troisième session du Concile.
9. Et il faudra que l'on m'explique où est la cohérence, chez un même homme d'Eglise,
- entre la dénonciation récurrente, par Joseph Ratzinger, du manque de réalisme de Gaudium et Spes et de l'atmosphère intra-ecclésiale à laquelle ce texte a donné naissance,
- et la mise en avant et en valeur finale, par Benoît XVI, du Concile Vatican II, apparemment globalement incontestable et incontournable, incriticable, indépassable et indubitable.
Bonne journée et à bientôt.
Scrutator.
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