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N'irions-nous dans le mur que parce que nous ne sommes pas assez écolos ni cultivés?
par le torrentiel 2013-02-24 10:19:50
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Cher scrutator,

Si ce sont là vos deux regrets majeurs, je ne dis pas exclusifs, mais majeurs, j'avoue que vous me décevez.


1. Tout d'abord, comment ne sentez-vous pas que l'écologisme est une apocalypse de substitution, qui nous "poursuit jusque dans nos poubelles" pour nous suggérer que nous sommes des "déchets"... "humains, trop humains", des ordures comme les autres?


Bien, vous avez parlé de "sauvegarde de la création", expression dans laquelle je me retrouve et qui a été promue à vaste échelle au congrès oecuménique de bâle, sauf erreur, mais je crois qu'il y a une véritable antithèse entre l'écologie politique et la "sauvegarde de la création", antithèse en principe non irréconciliable, mais je crains que l'écologie politique ne soit une hydre religieuse inventée pour substituer une idolâtrie de la terre à notre façon davoir les yeux levés au ciel pour chercher Dieu de tout notre coeur. Si mon hypothèse se vérifie, l'écologie politique et la "sauvegarde de la création" sont des alliées idéologiques qui sont doctrinalement ennemies et ne peuvent donc aucunement parler de concert.


Vous n'avez qu'à faire le test: vous, partisan de la "sauvegarde de la création", si vous êtes un tant soit peu partie prenante d'un parti écologiste, suggérez-lui de parler des méfaits de l'agriculture intensive et de l'esclavage des animaux; suggérez-lui, puisque la gauche est au pouvoir, de revendiquer le ministère de l'industrie pour avoir de l'influence sur l'industrie automobile et l'obliger à faire des recherches pour des modèles hybrides, électriques ou utilisant le moteur à eau s'il existe... plutôt que de se plaindre d'une crise qui obligerait l'etat à toujours mettre la main à la poche pour renflouer l'industrie automobile, après n'avoir pas conditionné ses aides à la recherche de modèles et de moteurs alternatifs.


Suggérez-lui que les recherches de gaz de chyste sont une alternative à l'épuisement des ressources gazières et que, quand à l'épuisement des ressources pétrolières, on s'étonne que des recherches ne soient pas lancées pour découvrir comment composer chimiquement du pétrole et en faire (de ce pétrole chimique) un carburant de substitution, au cas où les recherches sur les énergies ou les carburants renouvelables resteraient au point mort, comme c'est le cas aujourd'hui.


Suggérez tout cela au parti écologiste duquel vous êtes éventuellement membre, vous verrez bien si vous êtes entendu.


2. Si "l'exigence de la transmission" vous tourmente au même titre que " l'existence de la création":

a) D'abord, vous commettez une erreur en disant que le concile, mais surtout l'après-concile ne s'y sont pas intéressés: GS porte en partie sur ce point, et son principal inspirateur, qu'on dit avoir été le futur Jean-Paul II, a très tôt pris l'initiative, au début de son pontificat, d'organiser un dicastère dédié au "dialogue des cultures", à la tête duquel il a nommé le vibrillonnant et infatigable cardinal français Paul Poupard.


b) Il n'y a pas d'impératif culturel en christianisme: dans l'Evangile, le Christ ne loue-t-Il pas son Père de ce qu'Il ait révélé aux tout petits ce qu'Il a caché aux sages et aux savants? c'est même, à ma connaissance, son seul objet de louange publique au dieu des anaouim (excusez ma translittération fantaisiste).


c) La culture peut être un contre-culte. L'emploi récent du mot culture (AU XIXème siècle en Allemagne) a lui aussi été imaginé, à la fois comme un substitut au culte et à la civilisation. Quand on raisonne en termes de culture, on descend d'un étage, non seulement par rapport à la civilisation, qui est le contraire de la barbarie, et la substitution de la culture à la civilisation la faitpeut-être rentrer par la fenêtre, sous la forme sympathique du cosmopolitisme (je m'étonne moi-même de ce que j'écris là) ; mais par rapport à la religion, où la culture exerce comme un culte des humanités, des penseurs, de l'aristocratie des grands morts, aux dépends du dieu Qui A Vaincu la mort et qui fait vivre.


d) Mais surtout l'evangile est une contre-culture, dont la plasticité est telle que la mission se caractérise par l'inculturation.


3. Les enjeux de notre vie ne sont ni naturels, ni culturels. La nature et la culture ne sont que des préalables au culte que nous devons rendre à dieu et à notre progrès spirituel. Leur respect doit nous permettreun accroissement "dans le calme" de "l'homme raisonnable, juste et religieux" que nous devons devenir. Mais le véritable enjeu de notre vie est théologal ou surnaturel, il n'est ni environnemental et naturel, ni sapiential et culturel (si vous me permettez ce clin d'oeil souriant). Dites que le Concile Vatican II ne vous a pas aidé à grandir dans la vie théologale et je comprendrai votre regret. Mais si vous n'avez rien à redire à la manière dont le concile vous fait aimer la foi, l'espérance et la charité, vous n'avez pas de regrets à avoir.


4. Je ne suis pas toutà fait hors sujet en vous disant que j'entendais ce matin Jacqueline Kellem, auteur de "l'impatience de l'Absolu", et qui était l'invitée de l'émission "Les racines du ciel" de frédéric Lenoir. Elle m'a fait pensé à vous parce que, comme vous, elle est en recherche de "verticalité". J'ai apprécié son plaidoyer pour la transcendance qui l'a poussée jusqu'à dire que nous avions moins besoin de croyants que de martyrs;, j'ai moins goûté l'acharnement de frédéric Lenoir, contredit par son invitée, à défendre la possibilité d'une "spiritualité sans dieu"incarnée par l'"athéisme fidèle" d'un André comte-sponville; mais ce qui m'a agacé aussi bien chez l'un que chez l'autre, c'est que ce sont des chrétiens impersonnels, qui sombrent dans une espèce d'indifférencialisme transcendental, qui ne vaut guère mieux, selon moi, que l'indifférentisme religieux.

Je vous souhaite un bon dimanche, jour destiné au culte que nous devons rendre à notre Seigneur dont nous sommes fiers de murmurer le Nom, Jésus, car le christianisme est "la religion du Nom", contrairement au judaïsme et à l'islam, qui sont des religions de "la loi", même si la racine grecque de la loi, "nomos", inscrit la loi au coeur du Nom, comme notre message est génétiquement encodé dans notre conscience informée, en amont de l'"âme vivante" que Dieu nous a insufflée. C'est dimanche, jour où l'homme, corps-âme-esprit, doit rendre un culte au dieu Père, fils et saint-esprit.

Le torrentiel

     

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