L’apôtre saint André et le droit de César par Vianney 2012-11-30 20:42:59 |
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Abbé J. Morel, Somme contre le catholicisme libéral, tome Ier, p. 296-297 :
“A la première leçon du second nocturne, pour la fête de saint André, au 30 novembre, la liturgie s’exprime ainsi :[1] Traduction tirée du Bréviaire romain (Desclée de Brouwer, 1956, tome II, p. 1369) :
« Ægeam proconsulem prædicationi evangelica resistentem liberrime increpavit, quod qui judex hominum haberi vellet, Christum Deum omnium judicem, a dæmonibus elusus, non agnosceret. » [1]
Nous ne croyons pas nous écarter de ce texte, encore moins le contredire, en le commentant ainsi : l’Apôtre ne dit pas au proconsul qu’il a tort, comme homme privé, de ne pas reconnaître le Christ comme Dieu, il lui dit qu’il est la dupe des démons, en repoussant le Christ Dieu, lui qui veut se donner comme magistrat judiciaire ; et cela est si vrai qu’il lui reproche son ignorance du Christ comme incompatible avec la magistrature ; si vrai qu’il ne lui parle pas du Christ comme rédempteur des hommes, mais du Christ comme juge suprême. D’où il suit qu’il ne peut y avoir de vrai juge que celui qui relève de la judicature du Christ ; d’où il faut conclure encore qu’il n’y a de vraies lois que celles qui découlent de ce suprême législateur ; en un mot, que le droit chrétien est le seul que les apôtres reconnaissent à priori. Et ces vérités sont tellement connexes, il est si impossible de les séparer dans la logique, que le christianisme n’attend pas pour les manifester que le monde ait été converti à la loi nouvelle ; que ceux qui l’ignorent soient coupables de leur ignorance, ou plus coupables encore de leur résistance s’ils le connaissent. A la première nouvelle de l’Évangile, et en parlant à un fonctionnaire romain qui, avant l’arrivée de saint André à Patras, quelques jours auparavant, n’avait peut-être pas entendu parler du christianisme, ou en avait une idée plus vague que nous ne l’avons en France des Mormons, l’Apôtre ne craint pas de dire que c’est une prétention de dupe, dont le démon est l’artisan, que de se donner pour magistrat quand on méconnait le premier des magistrats ; que de juger quand on repousse le code évangélique ; que d’appliquer une loi qui ne remonte pas au Verbe, suprême législateur, à qui Dieu le Père a donné la terre en héritage.”
« il s’adressa avec une courageuse liberté au proconsul Égée, qui résistait à la prédication de l’Évangile, lui reprochant de vouloir être le juge des hommes, pendant que les démons se jouaient de lui jusqu’à lui faire méconnaître le Christ-Dieu, Juge de tous les hommes »
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