le pire n'est pas toujours certain mais par Luc Perrin 2012-10-05 17:03:09 |
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Le choix de Mgr Müller, même un petit peu équilibré par l'arrivée de Mgr di Noia - encore que la mission de ce dernier demeure floue, qu'il doit apprendre le dossier et ne paraît pas mesurer nettement l'ampleur des enjeux dans ses premières prises de parole - n'était pas de bon augure.
On notera que Mgr di Noia est bien "vice-président" et qu'après une série d'interviews avant l'été, il en est revenu à son mutisme et sa quiétude ordinaires, mutisme et quiétude qui l'avaient caractérisé quand il était secrétaire au Culte divin. Désormais, c'est le préfet-président qu'on entend alors qu'on aurait logiquement attendu cet été ou, puisqu'à Rome rien ne se passe l'été, en début d'automne quelques initiatives du vice-président de la C.E.D. pour tenter de sortir de l'impasse.
L'ancien évêque de Ratisbonne n'a aucune sympathie envers les traditionalistes et refuse par principe, il l'a répété dans une interview au National Catholic Reporter où il esquive presque toutes les questions, de considérer que tout n'est pas parfait dans chaque ligne des textes de Vatican II.
Il tend, indirectement, à "dogmatiser", canoniser les documents conciliaires.
Ajoutons que le cardinal Levada et Mgr Pozzo ont déjà dit cela à l'automne 2011.
Toutefois le nouveau préfet ne ferme pas complètement la porte puisque ses mots sont, selon la traduction :
"Nous ne pouvons pas abandonner la foi catholique dans ces négociations", déclare l'ancien évêque de Ratisbonne, en Bavière. "Il n'y aura pas de compromis là-dessus (...) Je ne pense pas qu'il y aura de nouvelles discussions."
"Je ne pense pas", c'est une estimation pas une affirmation ni une certitude. Souhaitons vivement que d'une manière ou d'une autre, le pessimisme de Mgr Müller soit contredit par les faits et que le pape n'a pas, si vite, renoncé à poursuivre un nécessaire dialogue avec Menzingen. Peut-on escompter que le pape redonne la main à Mgr di Noia et quelques autres avec une mission plus claire ?
ps. on aura noté - est-ce la traduction française ? - la violence de la première phrase qui fait écho, en plus raide encore, à ce qu'avait énoncé le cardinal Koch. Si j'étais un des théologiens néo-modernistes qui pullulent "en communion" avec Rome, je tremblerais avec un défenseur aussi implacable de la "foi catholique" : si on peut faire, du point de vue romain, des reproches à la F.S.S.P.X en matière de "foi catholique" (l'expression n'est-elle pas un peu forte ?), il y en a bien plus ailleurs qu'à Menzingen, des discours hétérodoxes à tous les étages dans des diocèses et centres de formation, des institutions carrément dissidentes comme l'ex-pontificale ex-catholique université du Pérou, un exemple parmi des centaines ... Mgr Müller s'est-il laissé emporter dans un élan oratoire, dans le feu de l'interview ? la traduction a-t-elle durci le trait ? Ou prépare-t-il un tsunami de monitum et d'excommunications à l'échelle planétaire ?
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