Pénitence sacramentelle par Quodvultdeus 2012-09-25 22:23:44 |
|
Imprimer |
Je ne suis pas curé non plus, mais confesseur à raison de 15 heures par semaine dans un célèbre lieu de pélerinage, et je me fais un plaisir de vous faire connaître ces quelques courts extraits du cardinal de La Luzerne (v. la notice sur Wikipedia).
Les oeuvres du cardinal de La Luzerne ne sont plus rééditées depuis longtemps mais sont consultables sur Internet en version numérisée.
Je ne peux qu'inciter mes confrères prêtres à s'y reporter.
« La satisfaction sacramentelle est une partie du sacrement de pénitence. A cet égard, il faut en distinguer deux sortes : l'une, appelée satisfaction in re, est l'accomplissement effectif des œuvres de pénitence imposées par le confesseur ; l'autre, appelée satisfaction in voto, est le ferme propos de satisfaire à Dieu et d’accomplir les actes imposés par le prêtre.
La satisfaction in voto est partie essentielle du sacrement ; car il est impossible de se repentir de ses péchés sans former la résolution de les expier et de satisfaire à Dieu. Celui qui n’aurait point cette disposition, n’aurait pas non plus la contrition.
La satisfaction in re n’est pas une partie essentielle du sacrement, mais seulement une partie intégrante. Elle n’est pas essentielle, puisqu’avant l’accomplissement de la pénitence imposée par le prêtre, la coulpe du péché est pardonnée et la peine éternelle remise par l’absolution, en sorte qu’un pénitent qui serait empêché de l’exécuter, ou qui serait surpris par la mort avant de l’achever, n’en aurait pas moins reçu le sacrement et serait réconcilié avec Dieu. Il arrive même quelquefois que l’on administre réellement et validement le sacrement de Pénitence à un mourant sans lui imposer de pénitence. Mais la satisfaction in re est une partie intégrante du sacrement parce qu’elle le complète et lui donne son intégrité et qu’il n’a véritablement sa perfection et tous ses effets que lorsque la peine temporelle est rachetée par les œuvres satisfactoires ».
(…)
Le confesseur doit toujours imposer une pénitence, à moins que le pénitent ne soit absolument hors d’état d’en accomplir aucune, comme pourrait être un moribond. Le confesseur qui manquerait à ce devoir se rendrait coupable d’un grand péché ; il désobéirait au précepte de l’Église, il priverait le sacrement d’une de ses parties intégrantes ; et par sa coupable indulgence, il participerait aux péchés qu’il aurait dû corriger.
(…)
Si le pénitent s’aperçoit de l’omission, il est de son devoir de retourner aux pieds du prêtre pour lui demander une pénitence ; et il ne suffirait pas qu’il s’en imposât à lui-même une, fût-elle plus sévère que celle du confesseur, car ce ne serait pas une satisfaction sacramentelle. »
Cardinal César-Guillaume de La Luzerne (1738-1821), évêque de Langres in « Instructions sur le Rituel ».
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|