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A propos de schismatiques
par Abbé Néri 2012-08-03 18:00:54
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Du point de vue théologique comme le dit bien le docteur angélique, à proprement parler on appelle schismatiques : « ceux qui d'eux-mêmes et intentionnellement se séparent de l'unité de l'Église, qui est l'unité primordiale ». (1)

Il est donc important de savoir comme on considère cette unité. « Or, l'unité de l'Église,- dit le saint docteur - est envisagée de deux façons:

- dans la connexion ou la communication réciproque des membres de l'Église entre eux;

- et en outre, dans l'ordre de tous les membres de l'Église à une tête unique »(…)

Or, cette tête, c'est le Christ lui-même, dont le souverain pontife tient la place dans l'Église. C'est pourquoi on appelle schismatiques ceux qui ne veulent pas se soumettre au souverain pontife, et qui refusent la communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis. »(2)

Cependant toute désobéissance évidement ne constitue pas un schisme, saint Thomas précise avec soin la nature de la désobéissance qui constitue formellement le schisme :

« La désobéissance aux préceptes par rébellion constitue essentiellement le schisme. Je dis bien par rébellion, c'est-à-dire quand on méprise obstinément les préceptes de l'Église et qu'on refuse de se soumettre à son jugement. »(3)

Le cardinal Journet, explique d’une manière assez claire cette forme de rébellion :

« Refuser l’orientation, c’est refuser d’entrer comme partie dans l’unité de tâche que le Christ assigne du dehors à son Église; en d’autres mots, c’est refuser de participer à l’unité de direction imprimée au Corps mystique par la voie juridictionnelle authentique. Cela suppose plus qu’une désobéissance, à savoir une rébellion: tout en croyant de foi divine à la légitimité du pouvoir juridictionnel, je refuse, dans telles circonstances, de le reconnaître comme mon supérieur, je proclame concrètement mon droit d’agir comme un tout séparé. »(4)

Cependant il est important de rappeler, comme il le fait lui-même : « que le refus de l’unité de la communion catholique, ne saurait être un signe infaillible de schisme. Il peut résulter d’une erreur invincible, être un mal sans être un péché. Il n’est un schisme, un péché, que s’il procède d’une volonté coupable. Ici encore on est refoulé sur le plan du probable et du vraisemblable. Le critère du schisme, pas plus que celui de l’hérésie, ne saurait être absolu. »

(1) IIa IIae q.39 a. 1 corpus
(2) Idem
(3) Idem, ad secundum
(4) Traité de l’Église chap. IX, 2

     

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