l'importance de l'influence tradi et son aspect missionnaire par jejomau 2012-07-17 08:13:31 |
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Dans un fil situé légèrement plus bas, je répercutai les études faites par Paix Liturgique en ce qui concerne la messe dite "tridentine". Voici le post en question.
Un liseur me fait une remarque interressante pour me signifier que : le catholicisme est en progression sur toute la planète sauf en Europe, les vocations sacerdotales sont en augmentation voir l'annuaire pontifical et les statistiques annuelles. En France, il y avait 1800 ordinations par an au XIXème siècles et cela n'a cessé de baisser bien avant le concile Vatican II. le nombre de pratiquants n'a cessé de baissé depuis l'exode rural au 17ème siècle.
C'est vrai. Mais est-ce vraiment ce que disent les Lettres de Paix Liturgique au regard des études qu'elle a menées concernant la messe dite en latin ? Je note surtout les propos suivants :
1°) Même si les vocations semblent baisser depuis le XVII° siècle cette moyenne reflète des situations très différentes suivant les périodes. Par exemple, au XIX° siècle, on a un essor magnifique des vocations et du catholicisme en général. Il n'y a pas une lente descente en enfer des vocations depuis le XVII° siècle ! Une généralisation peut camoufler une situation bien plus contrastée. Or la remarque de Paix Liturgique, c'est de noter que - grosso modo - :
La liturgie réformée après le Concile, au moins dans l'interprétation qui en est faite, semble un des éléments majeurs ayant permis le raz-de-marée de la sécularisation sur la société chrétienne et l'évanouissement de la mission
On peut donc, en tenant compte des remarques ci-dessus, tenir le chiffre de 710 comme globalement indicatif des vocations qui se destinent effectivement aux diocèses, soit le plus bas niveau jamais enregistré depuis la Révolution
Inversement, tout que ce qui « va avec » la liturgie traditionnelle, catéchisme, formation doctrinale des jeunes, écoles, mouvements, et par-dessus tout vocations sacerdotales, ont une valeur missionnaire évidente
En 1962, l'Eglise renvoie encore à la sphère de la puissance institutionnelle, à une période où les figures d'autorité (l'instituteur, le médecin, le prêtre) impliquent la soumission et l'obéissance. La soutane incarne tout cela. Elle matérialise la distance institutionnelle d'avec le monde profane. Mais les prêtres ont bien conscience que depuis les années 30, l'Eglise a perdu déjà du terrain, et que la sécularisation est en marche. Quitter la soutane, c’est montrer qu’on n’a pas peur de ce mouvement de l’Histoire. C'est une façon pour l'Eglise de dire qu'elle est plus humaine que son statut de puissance institutionnelle ne le laisse imaginer.
En 1962, pour un prêtre, quitter la soutane est une rupture énorme. Dans le film des actualités télévisées, le journaliste insiste sur le fait que le prêtre s'habille désormais « presque en civil ». Ce qui n’est pas faux, car une écharpe peut facilement masquer le col romain.
la soutane fait son retour dans un contexte culturel à fronts renversés. Même si la méthode n'est pas exactement la même. Ceux de 62 ont mis la soutane au placard, pour porter le clergyman. Mais avec les évolutions sociétales, ils ont souvent abandonné tout vêtement ecclésiastique en 68. En 2012, les jeunes prêtres portent habituellement le col romain, et utilisent la soutane en « variante », selon certaines circonstances et convenances – (je rappelle que les prêtres traditionalistes des instituts Ecclesia dei ne sont pas dans mon périmètre, même s'ils exercent en la matière une influence réelle, d'un point de vue stylistique).
De plus en plus de jeunes prêtres non affiliés à des groupes traditionalistes la portent sans complexes. Ces trois dernières années, j'ai constaté que le phénomène est exponentiel. « Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si on porte le col romain, mais si on assume de porter la soutane » m'a confié l'un d'eux.
Le phénomène est d'autant plus fameux qu'il a un goût de défendu. Car la soutane est associée au traditionalisme voire à l’intégrisme. Des prêtres ont, ici et là, semé la panique en sortant leur soutane au lendemain de l'ordination, comme s’ils révélaient au grand jour un positionnement idéologique jusque là soigneusement caché. Porter la soutane implique qu'on risque de se faire étiqueter “tradi”, ce qui est parfois difficile à vivre car certains prêtres revendiquent le port de l’habit traditionnel sans toutefois épouser la vision traditionaliste. Il est vrai néanmoins que ce phénomène va de pair avec le retour en grâce de la messe tridentine.
Il y surtout la question de la communication : une soutane, c'est encore plus parlant qu'un col romain, c'est une prédication publique incontournable. Cette question identitaire va de pair avec l'argument missionnaire. Une soutane attire le regard et peut susciter l'intérêt, au même titre que le col romain, mais un cran au dessus. Tel prêtre me disait qu'elle attirait vers lui des jeunes musulmans, pleins de questions...... La soutane fascine ou agace, dérange ou attire. Elle est devenue l'un des éléments de la panoplie communicationnelle du catholicisme contemporain, qui s'appuie sur une nouvelle forme de provocation visuelle, comme d'ailleurs les autres groupes religieux – l'islam et le bouddhisme - qui revendiquent une visibilité.
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