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Aimer l'Eglise
par Abbé Néri 2012-06-30 18:09:58
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Aimer l’Église c’est répondre à l’amour du Christ. C’est par l’appel qu’il nous fait d’entrer dans l’unité de son Église qui se manifeste concrètement son amour pour nous.

Benoît XVI dans son homélie de hier souligne la primauté de la charité dans l’Église :

« L’Église n’est pas une communauté de personnes parfaites, mais de pécheurs qui doivent reconnaître qu’ils ont besoin de l’amour de Dieu et qu’ils ont besoin d’être purifiés par la Croix de Jésus Christ.

Les paroles de Jésus au sujet de l’autorité de Pierre et des Apôtres laissent justement transparaître que le pouvoir de Dieu est l’amour, l’amour qui répand sa lumière à partir du Calvaire. »

Son illustre prédeceseur Léon XIII en a donné une leçon magistrale dans son encyclique Satis cognitum (du 29 juin 1896). Dont je vous propose de lire si vous avez le loisir un extrait :

Vénérables Frères Salut et Bénédiction Apostolique.

Vous savez assez qu'une part considérable de Nos pensées et de Nos préoccupations est dirigée vers ce but : Nous efforcer de ramener les égarés au bercail que gouverne le Souverain Pasteur des âmes, Jésus-Christ.

L'âme appliquée à cet objet, Nous avons pensé qu'il serait grandement utile à ce dessein et à cette entreprise de salut de tracer l'image de l'Église, de dessiner pour ainsi dire ses traits principaux, et de mettre en relief, comme le trait le plus digne d'une attention capitale, l'unité : caractère insigne de vérité et d'invincible puissance, que l'Auteur divin de l'Église a imprimé pour toujours à Son œuvre.

Considérée dans sa forme et dans sa beauté native, l'Église doit avoir une action très puissante sur les âmes : ce n'est pas s'éloigner de la vérité de dire que ce spectacle peut dissiper l'ignorance, redresser les idées fausses et les préjugés, surtout chez ceux dont l'erreur ne vient point de leur propre faute. Il peut même exciter dans les hommes l'amour de l'Église, un amour semblable à cette charité sous l'impulsion de laquelle Jésus-Christ a choisi l'Église pour Son épouse, en la rachetant de Son sang divin. Car «Jésus-Christ a aimé l'Église et S'est livré Lui-même pour elle» (Ephes., V, 25).

Si, pour revenir à cette mère très aimante, ceux qui ne la connaissent pas bien encore ou qui ont eu le tort de la quitter, doivent acheter ce retour, tout d'abord ce ne sera point sans doute au prix de leur sang (et pourtant c’est d'un tel prix que Jésus-Christ l'a payée) ; mais s'il leur en doit coûter quelques efforts, quelques peines bien plus légères à supporter, du moins, ils verront clairement que ces conditions onéreuses n'ont pas été imposées aux hommes par une volonté humaine, mais par l'ordre et la volonté de Dieu : et par suite, avec l'aide de la grâce céleste, ils expérimenteront facilement par eux-mêmes la vérité de cette divine parole : «Mon joug est doux et mon fardeau léger» (Matth., XI, 30).

C'est pourquoi mettant Notre principale espérance dans «le Père des lumières, de qui descend toute grâce excellente et tout don parfait» (Jac., I, 17), en Celui qui seul «donne la croissance» (I, Cor., III, 6), Nous lui demandons instamment de daigner mettre en Nous la puissance de persuader.

Dieu sans doute peut opérer, par Lui-même et par Sa seule vertu, tout ce qu'effectuent les êtres créés ; néanmoins, par un conseil miséricordieux de Sa Providence, Il a préféré, pour aider les hommes, Se servir des hommes eux mêmes. C'est par l'intermédiaire et le ministère des hommes qu'Il donne habituellement à chacun, dans l'ordre purement naturel, la perfection qui lui est due : il en use de même dans l'ordre surnaturel pour leur conférer la sainteté et le salut.

Mais il est évident que nulle communication entre les hommes ne peut se faire que par le moyen des choses extérieures et sensibles.

C'est pour cela que le Fils de Dieu a pris la nature humaine, Lui qui «étant dans la forme de Dieu s'est anéanti Lui-même, prenant la forme d'esclave, ayant été fait semblable aux hommes» (Phil., II, 6-7) ; et ainsi, tandis qu'Il vivait sur la terre, Il a révélé aux hommes, en conversant avec eux, Sa doctrine et Ses lois.

Mais comme Sa mission divine devait être durable et perpétuelle, Il s'est adjoint des disciples auxquels Il a fait part de Sa puissance, et ayant fait descendre sur eux du haut du ciel «l'Esprit de vérité», Il leur a ordonné de parcourir la terre entière et de prêcher fidèlement à toutes les nations ce que Lui-même avait enseigné et prescrit, afin qu'en professant Sa doctrine et en obéissant à Ses lois, le genre humain pût acquérir la sainteté sur la terre et, dans le ciel, l'éternel bonheur.

Tel est le plan d'après lequel l'Église a été constituée, tels sont les principes qui ont présidé à sa naissance.

Si nous regardons en elle le but dernier qu'elle poursuit, et les causes immédiates par lesquelles elle produit la sainteté dans les âmes, assurément l'Église est spirituelle ; mais si nous considérons les membres dont elle se compose, et les moyens mêmes par lesquels les dons spirituels arrivent jusqu'à nous, l'Église est extérieure et nécessairement visible.

C'est par des signes qui frappaient les yeux et les oreilles que les Apôtres ont reçu la mission d'enseigner ; et cette mission, ils ne l'ont point accomplie autrement que par des paroles et des actes également sensibles.

Ainsi leur voix, par l'ouïe extérieure, engendrait la foi dans les âmes : «La foi vient par l'audition et l'audition par la parole du Christ» (Rom., X, 17). Et la foi elle-même, c'est-à-dire l'assentiment à la première et souveraine vérité, de sa nature sans doute est renfermée dans l'esprit, mais elle doit cependant éclater au dehors par l'évidente profession qu'on en fait : «car on croit de cœur pour la justice, mais on confesse de bouche pour le salut» (Rom., 10).

De même, rien n'est plus intime à l'homme que la grâce céleste, qui produit en lui la sainteté, mais extérieurs sont les instruments ordinaires et principaux par lesquels la grâce nous est communiquée : nous voulons parler des sacrements, qui sont administrés avec des rites spéciaux, par des hommes nommément choisis pour cette fonction.

Jésus-Christ a ordonné aux Apôtres et aux successeurs perpétuels des Apôtres d'instruire et de gouverner les peuples : Il a ordonné aux peuples de recevoir leur doctrine et de se soumettre docilement à leur autorité.

Mais ces relations mutuelles de droits et de devoirs dans la société chrétienne, non seulement n'auraient pas pu durer, mais n'auraient même pas pu s'établir sans l'intermédiaire des sens, interprètes et messagers des choses.

C'est pour toutes ces raisons que l'Église, dans les saintes Lettres, est si souvent appelée un corps, et aussi le corps du Christ. Vous êtes le corps du Christ (I, Cor., XII, 27). Parce que l'Église est un corps, elle est visible aux yeux ; parce qu'elle est le corps du Christ, elle est un corps vivant, actif, plein de sève, soutenu qu'il est et animé par Jésus-Christ qui le pénètre de Sa vertu à peu près comme le tronc de la vigne nourrit et rend fertiles les rameaux qui lui sont unis.

Dans les êtres animés, le principe vital est invisible et caché au plus profond de l'être, mais il se trahit et se manifeste par le mouvement et l'action des membres : ainsi le principe de vie surnaturelle qui anime l'Église apparaît à tous les yeux par les actes qu'elle produit.

Il s'ensuit que ceux-là sont dans une grande et pernicieuse erreur, qui, façonnant l'Église au gré de leur fantaisie, se l'imaginent comme cachée et nullement visible ; et ceux-là aussi qui la regardent comme une institution humaine, munie d'une organisation, d'une discipline, de rites extérieurs, mais sans aucune communication permanente des dons de la grâce divine, sans rien qui atteste, par une manifestation quotidienne et évidente, la vie surnaturelle puisée en Dieu.

L'une et l'autre de ces deux conceptions est tout aussi incompatible avec l'Église de Jésus-Christ que le corps seul ou l'âme seule est incapable de constituer l'homme. L'ensemble et l'union de ces deux éléments est absolument nécessaire à la véritable Église, à peu près comme l'intime union de l'âme et du corps est indispensable à la nature humaine.

L'Église n'est point une sorte de cadavre : elle est le corps du Christ, animé de Sa vie surnaturelle.

Le Christ Lui-même, chef et modèle de l'Église, n'est pas entier, si on regarde en Lui, soit exclusivement la nature humaine et visible, comme font les partisans de Photin et de Nestorius, soit uniquement la nature divine et invisible, comme font les Monophysites ; mais le Christ est un par l'union des deux natures, visible et invisible, et Il est un dans toutes les deux ; de la même façon, Son corps mystique n'est la véritable Église qu'à cette condition, que ses parties visibles tirent leur force et leur vie des dons surnaturels et des autres éléments invisibles ; et c'est de cette union que résulte la nature propre des parties extérieures elles-mêmes.

Mais comme l'Église est telle par la volonté et par l'ordre de Dieu, elle doit rester telle sans aucune interruption jusqu'à la fin des temps, sans quoi elle n’aurait évidemment pas été fondée pour toujours, et la fin même à laquelle elle tend serait limitée à un certain terme dans le temps et dans l'espace : double conclusion contraire à la vérité.

Il est donc certain que cette réunion d'éléments visibles et invisibles étant, par la volonté de Dieu, dans la nature et la constitution intime de l'Église, elle doit nécessairement durer autant que durera l'Église elle-même.

C'est pourquoi saint Jean Chrysostome nous dit :

«Ne te sépare point de l'Église ; rien n'est plus fort que l'Église. Ton espérance, c'est l'Église ; ton salut, c'est l'Église ; ton refuge, c'est l'Église. Elle est plus haute que le ciel et plus large que la terre. Elle ne vieillit jamais, sa vigueur est éternelle. Aussi l'Écriture, pour nous montrer sa solidité inébranlable, l'appelle une montagne» (Hom. de capte Eutropio, n° 6).

Saint Augustin ajoute :

«Les infidèles croient que la religion chrétienne doit durer un certain temps dans le monde, puis disparaître. Elle durera donc autant que le soleil : tant que le soleil continuera à se lever et à se coucher, c'est-à-dire tant que durera le cours même des temps, l'Église de Dieu, c'est à- dire le corps du Christ, ne disparaîtra point du monde» (In Psal. LXXI).

Et le même Père dit ailleurs :

«L'Église chancellera si son fondement chancelle ; mais comment pourrait chanceler le Christ ? Tant que le Christ ne chancellera point, l'Église ne fléchira jamais jusqu'à la fin des temps. Où sont ceux qui disent : "L'Église a disparu du monde", puisqu'elle ne peut pas même fléchir ?» (Enarratio in Psal. CIII, sermo II, n. 5).

     

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 Aimer l'Eglise par Abbé Néri  (2012-06-30 18:09:58)
      cette encyclique contredit par FerdinandP  (2012-06-30 22:08:59)
          Et pourtant... par Deo gratias  (2012-07-01 08:36:42)
              Oui mais comment savoir ? par Meneau  (2012-07-01 11:49:36)
                  Nous n'en sommes pas... par Deo gratias  (2012-07-01 21:34:27)
                      A-t-on besoin de savoir ? par Paterculus  (2012-07-02 09:50:20)
              Indéfectibilité de l'Eglise par FerdinandP  (2012-07-02 09:47:36)
                  Jésus ne promet pas un triomphe temporel. par Paterculus  (2012-07-02 09:55:29)
                      Oui, Pater, par FerdinandP  (2012-07-02 12:38:48)
                          En effet, par Paterculus  (2012-07-02 22:38:48)
      Dans l'Apocalypse par Jean Ferrand  (2012-07-01 10:19:52)
          Merci Deo Gratias ! par Jean-Paul PARFU  (2012-07-01 10:48:57)


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