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l'islam moderne... ou "le mouvement rampant de nettoyage ethnique"
par jejomau 2012-06-12 10:38:19
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L’islamisme est en plein essor et semble s’affermir de jour en jour : cette tendance est particulièrement manifeste dans certains pays où le "printemps arabe" a eu lieu et dans lesquels des partis tels que les Frères Musulmans, interdits par les précédents régimes, voient désormais leur popularité s’accroître. Tandis que cette idéologie se répand, provoquant au passage le déplacement de chrétiens indigènes et de membres d’autres minorités, les musulmans considèrent de plus en plus la charia – à la fois code moral et loi religieuse de l’islam – non seulement comme la marque distinctive de l’identité musulmane, mais aussi comme devant faire partie intégrante de la constitution de tout Etat islamique. Tel est le constat troublant du professeur David Forte, expert en droit islamique à la Cleveland Law School. Dans une interview accordée à Terrasanta, il souligne en quoi consiste l'Islam aujourd'hui .


Rappelons que bientôt, on nous proposera d'accorder le Droit de Vote à des étrangers dont le centre de la vie est tourné essentiellement vers l'Islam.


INTERVIEW


L’islamisme et la pratique de la charia seraient en hausse, y compris dans les pays occidentaux, comme la Grande-Bretagne où des parlementaires cherchent à introduire des règlementations destinées à restreindre l’utilisation de la loi religieuse au sein des communautés musulmanes. Etes-vous préoccupé par cette tendance et pensez-vous que nous devons être vigilants à ce sujet ?

En un mot, oui. Votre question en comprend deux : celle de l’islamisme en tant que mouvement en plein essor, et celle de la relation entre la charia et l’islamisme, et entre la charia et l’Europe. L’islamisme est en plein essor et constitue une source de déception pour les musulmans réformistes et pour des observateurs de l’islam comme moi car, durant le siècle qui s’est écoulé depuis la chute de l’Empire Ottoman et auparavant, l’islam a été soumis à une sorte de lutte identitaire à propos de ce que devait être la nature de sa civilisation. Parmi les différents éléments en présence, se trouvaient notamment les salafistes qui ont donné naissance aux Frères musulmans et à d’autres mouvements. Cette déception tient au fait que, au moment même de l’apparition de divers élans démocratiques, l’islam en tant que socle identitaire de civilisation semble se renforcer, or il s’agit d’un moment historique important.

Dans certaines parties du monde en particulier ou partout de manière générale ?

Partout de manière générale. C’est particulièrement vrai dans le monde arabe, mais c’est une tendance qui se renforce également en Extrême-Orient et en Indonésie. Ce n’est pas aussi important là-bas. Mais ça l’est en Afrique de l’Ouest. Donc en tant que socle de civilisation, il est inquiétant que ce thème occupe petit à petit le devant de la scène, plutôt que le soufisme ou une vision libérale humaniste de la charia ou encore une revivification des traditions philosophiques autrefois présentes au sein de l’islam. Pourtant cette vision de l’islam, cette vision étroite d’un islam strictement axé sur la pratique, semble se renforcer. La seconde partie de votre question concerne la relation de l’islamisme à la charia. L’islamisme a fait de la charia son étendard, un socle pour l’identité musulmane. C’est ce qui est tellement préoccupant.

Que trouve-t-on dans la charia ?

Au sens classique, le contenu de la charia a d’abord été libéral et réformiste puis, au fur et à mesure de sa consolidation, est devenu archaïque à certains égards. Son application a toujours varié d’un endroit à l’autre, mais il existait essentiellement trois catégories de personnes considérées de façon permanente comme inférieures par la charia : les femmes, les esclaves et les mécréants. Il convient de noter pourtant, que l’esclavage a disparu de l’islam, c’est un épisode sur lequel nous devrions nous pencher, parce qu’il s’agit d’un élément qui faisait partie intégrante de la charia et qui a été éliminé de celle-ci. Je crois que nous sommes trop peu nombreux à y voir un exemple possible de réforme. Les deux autres sources d’inégalité en revanche demeurent.

Mais l’abolition de l’esclavage n’est-elle pas une réforme qui est venue de l’extérieur de l’islam ?

Ce qui est intéressant dans l’idéologie islamiste, c’est que lorsque les idéologues parlent de l’identité musulmane, ils conservent de nombreux éléments archaïques, que nous, défenseurs des droits de l’homme, trouverions inacceptables : recours à des châtiments corporels contre les épouses, mutilation des voleurs. Ils conservent donc la plupart de ces éléments mais je ne suis encore jamais tombé sur un mollah haineux et enragé appelant au rétablissement de l’esclavage. Je trouve cela curieux, et il se pourrait que cela soit révélateur, c’est en tout cas un sujet qui mérite d’être approfondi.

Cela pourrait-il constituer une lueur d’espoir ?

C’est possible. Ce qui semble être commun à tous les islamistes, c’est cette volonté de voir la charia devenir la constitution de l’Etat islamique. Cela n’a jamais été le cas auparavant. L’Etat islamique a toujours été distinct de la charia. Alors même qu’il était très largement influencé par celle-ci et qu’il faisait appliquer de grandes parties de celle-ci, il faisait également appliquer de nombreuses lois qui lui étaient contraires. Et les mollahs, les oulémas, ne s’opposaient pas à cet état de fait. Mais tout cela est actuellement exclu, l’Etat mixte est actuellement exclu. Les islamistes s’orientent vers la mise en œuvre de la charia en tant que système juridique de l’Etat.

Comment cela s’explique t-il ?

Cela s’explique par la fusion de la tradition des oulémas avec le monopole de la force de l’Etat nation moderne, qui est une création occidentale. Sous les régimes impériaux dans l’islam, les gouvernants étaient toujours limités par des coutumes, par la présence d’autres forces au sein de l’empire, et, tour à tour, limitaient le pouvoir de la charia, ou se trouvaient limités par le pouvoir de celle-ci. Il s’agissait d’une structure politique mixte très complexe. Avec l’émergence de l’Etat nation et leur montée en puissance tout au long du XXème siècle, les islamistes veulent maintenant ériger la charia en principe supérieur, mais aussi la relier au monopole de la force de l’Etat nation positiviste. L’association de ces deux éléments est très inquiétante.

Qu’est-ce que la montée de l’islamisme signifie quant à la possibilité de réformes démocratiques au sein d’Etats majoritairement musulmans, espoir récemment ravivé par le printemps arabe ? Se peut-il que ces Etats musulmans deviennent un jour véritablement démocratiques ? Le professeur David Forte, expert en droit islamique à la Cleveland Law School (USA), explique qu’une démocratie, pour fonctionner, a besoin d’un cadre mais aussi d’une substance et que dans le cas présent, c’est, d’après lui, la substance qui fait défaut. Ce professeur américain nous fait également partager sa réflexion sur une autre question, suite à une remarque formulée à ce sujet par un des adjoints d’Oussama Ben Laden : comment et pourquoi des catholiques qui ne pratiquent plus sont-ils considérés comme prêts à se convertir à l’islam ?

À l’heure où de nouvelles démocraties apparaissent en Turquie, en Irak, en Tunisie et en Egypte et dans le sillage du printemps arabe en général, dans quelle mesure l’islam devient-il plus compatible avec la démocratie ?

En deux mots, on ne sait pas. Ce que l’on sait en revanche c’est que la démocratie ne nécessite pas seulement un cadre mais qu’elle requiert aussi une substance. Une démocratie ou un gouvernement représentatif se fondent sur la conception d’un individu rationnel, capable de penser librement, doté du libre arbitre et en mesure donc d’effectuer des choix intelligents pour lui-même et pour la société. La question du système électoral n’importe que si celui-ci est profondément ancré dans cette vision de l’être humain. D’après ce que nous comprenons de l’idéologie des Frères musulmans, ces derniers sont très favorables à diverses formes de démocratie mais ils veulent que celles-ci comprennent l’imposition de la loi de la charia à d’autres. Je ne suis pas sûr que la substance démocratique soit présente dans ce cas.

Il s’agit peut-être d’une façade démocratique ?

Non, il s’agit de plus que d’une simple façade. Ce n’est pas une façade de « république populaire » comme celle des Etats communistes d’Europe de l’Est. Les islamistes croient vraiment dans la choura, système par lequel les premiers califes étaient élus par les anciens des plus grandes tribus musulmanes. Ils croient vraiment dans ce système, mais la substance qu’ils veulent voir émerger de celui-ci est d’une nature qui ne respecte pas beaucoup les droits des minorités. La question qui se pose est la suivante : lorsque les gens auront fait l’expérience du vote, y aura-t-il une sorte de mouvement social permettant la transformation du cadre démocratique pour y inclure une nouvelle substance et cela éloignera-t-il la population de l’idéologie contraire à cette substance ? C’est ce que nous ne savons pas encore. Nous ne savons pas quel peut être l’effet thérapeutique, existentiel des cadres démocratiques sur la conception que les gens ont d’eux-mêmes.

Que pensez-vous du printemps arabe ? Y voyez-vous un développement prometteur pour une possible réforme de l’islam ou un simple épisode historique ?

Là encore, ça dépend de la question de savoir si le monde arabe peut devenir autodidacte grâce aux réformes démocratiques. Si les classes dirigeantes du secteur de l’enseignement acceptent une plus grande ouverture en permettant au peuple de lire davantage, alors celui-ci peut devenir plus civilisé, auquel cas il pourrait revenir à l’idée selon laquelle le rôle joué par la charia dans la société doit être limité, et non pas absolu, et l’appliquer peut-être aux questions de culte et de succession. L’Etat mixte pourrait émerger d’une nouvelle réalité dans laquelle les gens ne croient pas que la charia corresponde à leur conception de l’individualité et de la dignité dans le contexte des réformes démocratiques. Il y a là un espoir mais nous ne savons pas s’il se concrétisera.

Quelles sont les véritables chances qu’une alliance soit conclue avec l’Eglise pour faire face au sécularisme ? Cette perspective est-elle envisageable et réaliste ou est-elle en train de s’éloigner ?

À l’heure actuelle, elle n’est pas réaliste. Il y a des centaines de millions de musulmans qui considèrent leur foi comme un contenu spirituel et qui pourraient faire alliance avec des institutions véritablement spirituelles comme l’Eglise contre des forces anti-spirituelles telles que le sécularisme. Mais une alliance de ce type serait conclue au niveau des élites, les alliances ne sont pas des mouvements de masse. Il s’agit de coalitions entre les élites. C’est ce qu’elles ont toujours été. Or à l’heure actuelle, les élites de l’islam sont opposées au sécularisme uniquement parce que celui-ci limite leur pouvoir. Si l’Eglise s’alliait avec elles contre le sécularisme, cela reviendrait seulement à les débarrasser d’un ennemi de plus. Les islamistes, je crois, ne maintiendraient pas une alliance conclue avec des chrétiens.

Des alliances positives ont pourtant existé par le passé : l’Iran et le Saint Siège se sont par exemple unis aux Nations-Unies pour défendre certaines positions liées à la protection de la vie.

La seule alliance que je connaisse au niveau politique a été créée en opposition à la promotion d’une sorte de mandat mondial au sujet de l’avortement. Il s’agit peut-être d’une sorte d’alliance mais là encore, elle porte sur un sujet spécifique. Contre le mouvement de sécularisme en revanche, cela pourrait être contre-productif de conclure une alliance car le fait est que toutes les minorités chrétiennes du Proche-Orient sont protégées par des régimes laïcs, bien que ceux-ci puissent être autocratiques. En éliminant le sécularisme, vous pourriez éliminer le seul tampon qui existe entre ces minorités et les islamistes, qui pour beaucoup d’entre eux, bien que ce ne soit pas le cas de tous, souhaitent tout simplement la disparition des chrétiens.

Et c’est ce qui inquiète les responsables chrétiens en Syrie, en Egypte et ailleurs ?

Tout à fait. À l’heure actuelle, je pense qu’il existe partout au Proche Orient un mouvement rampant continu de nettoyage ethnique qui pousse les chrétiens hors de la région.

Pensez-vous que cela puisse changer ?

Je ne vois rien pour l’instant qui indique un changement à venir. Même les Coptes les plus aisés, les élites, quittent l’Egypte.

Des documents découverts dans la résidence d’Oussama Ben Laden et récemment rendus publics indiquaient que de plus en plus, des catholiques non pratiquants, des catholiques irlandais en particulier, seraient prêts à se convertir. Pensez-vous que ceci vienne souligner le discours de Benoît XVI à Ratisbonne et les dangers d’un déficit de foi dans la raison ? Que l’islam constitue une menace pour l’Occident non pas tant en raison de son héritage chrétien mais plutôt à cause de l’existence du sécularisme et de sociétés sans foi ?

Je crois que le pape a été visionnaire sur ce point… Benoît XVI comprend l’impact sociologique sur une société qui abandonne la juste raison et utilise la raison uniquement à des fins instrumentales très restreintes. Ce type de société se retrouve dans un état de manque et en quête d’un foyer spirituel. La foi musulmane se présente comme une foi très simple et pratique, certains sécularistes peuvent la considérer comme une sorte d’unitarisme spirituel, et l’unitarisme est ce vers quoi se tournent de nombreux intellectuels ayant perdu la foi chrétienne. Une raison en quête de principes premiers résisterait à l’islam car le fondement philosophique de l’islam est presque exclusivement instrumental, contrairement à ce qu’il était durant les premiers siècles de l’islam. S’il existait une tradition intellectuelle florissante intégrant la loi naturelle, une bonne partie de ces intellectuels percevraient la valeur de la foi car elle est en quête d’un principe premier. C’est une autre méthode de recherche de principes premiers. Mais si vous avez une structure philosophique déconstructrice dans laquelle vous ne cherchez pas la juste raison, alors les gens cherchent partout une alternative spirituelle.

Parce qu’ils n’ont pas de foi pour les guider ?

Ce n’est pas qu’ils n’ont pas de foi et de raison pour les guider, c’est qu’ils n’ont pas foi « dans » la capacité de la raison à leur permettre d’atteindre des résultats justes. Dans un cas comme celui-là, vous vous laissez persuader par une multitude d’influences… C’est de la foi « dans » la raison et du caractère raisonnable de la foi dont nous avons besoin. Des deux donc, mais vous devez avoir foi dans le fait que la raison vous pousse vers le bien ultime. Si vous considérez que le bien ultime vous est tout simplement transmis par vos ancêtres ou par le Coran ou par la Bible et rien de plus, alors vous n’avez pas foi dans la raison.

Diriez-vous que l’islam est fondamentalement une foi sans, ou manquant de, juste raison ?

C’est une foi basée sur la praxis, une foi pleine de raison instrumentale qui repose sans cesse la question du « comment faire mieux » car la question du « pourquoi le faire » a déjà été résolue.

En ce qui concerne l’avenir, êtes-vous optimiste à propos de la réforme de l’islam ?

Je dirais, par boutade, que j’étais plus optimiste il y a 10 ans. Aujourd’hui, je suis un pessimiste prudent.






Cette analyse rejoint en grande partie celle du Père Henri Boulad, religieux... mais aussi celle de Aristide qui voit l'Islam comme un fascisme, et citant Maududi indique clairement le but poursuivi par cette idéologie religieuse :

« l’islam cherche à détruire tous les Etats et tous les gouvernements partout sur la terre qui sont opposés à l’idéologie et au programme de l’islam, quelque soit le pays ou la nation concernée. Le but de l’islam est d’établir un Etat sur la base de sa propre idéologie et de son propre programme, sans se soucier de savoir quelle nation assume le rôle de porte étendard de l’islam ou quelle nation est affaiblie dans le processus d’établissement d’un Etat idéologique islamique. »



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 l'islam moderne... ou "le mouvement rampant de nettoyage ethnique" par jejomau  (2012-06-12 10:38:19)


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