logiquement c'est la corporation civile par Luc Perrin 2012-06-11 22:16:04 |
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qui gère la partie strictement temporelle des Églises chrétiennes dans la plupart des cantons suisses depuis l'époque du Kulturkampf du gouvernement radical au XIXe.
Un vote de ce type est bien entendu sans valeur autre que consultative mais le sujet étant en contradiction avec le droit canon, la consultation est une aberration du point de vue catholique.
C'est ce système qui rend l'épiscopat suisse pratiquement impuissant.
Voici la notice de Christophe Winzeler :
"L'Eglise nationale catholique apparaît ainsi comme une sorte de compromis historique, qui fait l'objet de controverses internes. Contrairement à ce qui se passe chez les protestants, il ne s'agit pas de l'Eglise au sens propre, qui reste indépendante du pouvoir politique et fondée sur l'universalité du droit canon, mais d'une organisation parallèle destinée à la servir. Comment s'y prend-elle et vers quel avenir va-t-elle, voilà ce qui divise les canonistes et les responsables de la politique de l'Eglise. La majorité des catholiques semble juger favorablement ce compromis typiquement suisse, acceptable et même désirable pour le développement ultérieur de la collaboration œcuménique dans un pays où les Eglises nationales des deux confessions ont une organisation quasi semblable. Il n'en reste pas moins qu'une minorité rejette cette conception parce qu'elle mettrait en concurrence l'Etat et une Eglise qui doit obéissance au pape et aux évêques.
Les rapports entre les deux types d'organisation ne seront positifs, au point de vue de l'adaptation du message à la culture locale, que s'ils tiennent compte des différences de sensibilité. La conception, courante aussi dans les milieux protestants, d'une Eglise cantonale conviendrait certainement mieux aux besoins du catholicisme que celle d'une Eglise nationale. La distinction a d'ailleurs aussi une signification ecclésiologique: si une Eglise nationale protestante peut se considérer comme indépendante, une Eglise nationale ou cantonale catholique remplit une fonction auxiliaire envers le diocèse.
4 - Caractéristiques d'aujourd'hui et de demain
Ce qui distingue juridiquement les Eglises nationales suisses, c'est leur reconnaissance formelle par les constitutions ou législations cantonales, qui mettent à leur disposition certains instruments, fiscaux en particulier, de leur droit public. Quelques-unes dépendent encore largement de l'Etat, comme dans les cantons de Berne, Bâle-Campagne, Vaud et Zurich. Mais des révisions constitutionnelles ou législatives récentes vont dans le sens d'un prudent accroissement des libertés ecclésiastiques (Berne, Fribourg et Zurich). D'autres Eglises nationales (Genève, Neuchâtel) sont déjà largement séparées de l'Etat ou collaborent avec lui de manière souple, au sens d'un partage des tâches (Bâle-Ville, Fribourg). En accédant peu à peu, au cours du XXe s., à l'autonomie et en prenant conscience de ce que cela signifie, l'Eglise nationale s'est transformée: elle n'est plus "de la nation", mais "dans la nation", elle n'est plus une institution de l'Etat, mais un de ses partenaires."
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