Pour cause de monisme:indistinction entre le profane et le sacré. par Scrutator Sapientiæ 2012-06-09 17:51:37 |
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Rebonjour,
Ce qui suit n'est qu'une clef de compréhension, parmi d'autres possibles.
1. Ce que j'appelle l'horizontalisme humanitariste, je pourrais aussi bien l'appeler l'eudémonisme immanentiste, tant il vise à faire passer la religion du salut pour une religion du bonheur.
2. A partir du moment où il y a indistinction entre le domaine du profane et le domaine du sacré, voire effet de substitution,
- certains éléments matériels, propices à la consolidation de la piété, à la prise de conscience du sacré, au recueillement, étant retirés des églises,
- certains éléments de langage, porteurs et vecteurs de messages valorisant le déploiement de la dignité du profane, étant introduits dans les églises,
le risque est qu'il y ait une dégradation de la notion de satisfaction, dans la relation à la liturgie, au sacrement :
- il ne s'agirait plus avant tout, pour l'individu, de renouer, d'une manière personnelle, avec la satisfaction de Dieu,
mais
- il s'agirait bien avant tout, pour la communauté, de partager et de ressentir son intention collective de se satisfaire devant Lui.
3. L'indistinction entre le profane et le sacré peut ainsi aboutir à la désacralisation des rites, du site, des lectures et des paroles, des actions et des gestes, qui constituent les éléments d'appropriation, de communication, de manifestation ou de représentation de l'invisible.
4. L'église ne serait plus tant "la maison de Dieu" que "la maison du Peuple de Dieu", et la messe ne serait plus que l'heure hebdomadaire d'animation et de célébration, liturgique et pastorale, communautaire et sacramentelle.
5. N'étant pas spécialiste dan ce domaine, je n'en dirai pas plus, mais je pense que
- de l'oubli du sens de la distinction entre la nature et le surnaturel, dans l'ordre dogmatique,
- à l'oubli du sens de la distinction entre le profane et le sacré, dans l'ordre liturgique,
il n'y a que quelques pas, plus ou moins vite franchis.
6. Dans le même ordre d'idées, je pense également
- que l'on ne renouera avec aucun de ces deux sens,
ou
- que l'on renouera avec chacun de ces deux sens,
mais que l'on ne renouera pas solidement avec l'un sans renouer également avec l'autre.
7. Je dirai même que si l'on renoue avec la liturgie propice à la distinction entre le profane et le sacré sans renouer, parallèlement, voire préalablement, avec la dogmatique propice à la distinction entre la nature et le surnaturel, le risque est que la réhabilitation de la liturgie réceptrice et transmettrice, notamment, de la distinction entre le profane et le sacré, se fasse
- sur une base économique : la satisfaction d'une demande des fidèles par une offre ecclésiale,
et/ou
- sur une base psychologique : la légitimation, par l'institution, d'une sensibilité "esthético-liturgique".
8. Amateur d'anecdotes éclairantes, je rappelle quels sont, respectivement, les deux évènements "religieux", médiatiquement corrects, les plus importants de la dernière décennie du XX° siècle et de la première décennie du XXI° siècle :
- ce qui s'est passé après la mort et à l'occasion des funérailles de Lady Diana, fin août - début septembre 1997,
et surtout
- ce qui s'est produit après la mort et à l'occasion des funérailles de Mickael Jackson, fin juin - début juillet 2009.
A mon sens, voilà ce qui arrive, quand ce qui relève du profane est fallacieusement sacralisé, et quand ce qui relève du sacré est mensongèrement dissimulé.
Bonne fin d'après-midi et à bientôt.
Scrutator.
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