Etonné je me dois d'ajouter ce qui suit. par Scrutator Sapientiæ 2012-05-31 00:11:57 |
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Bonsoir à tous,
1. Au contact de certains messages, de certaines réponses, je suis étonné, pas attristé, ni stupéfait, ni consterné, mais étonné.
2. Il est vrai que je suis un privilégié :
- d'une part, je n'ai jamais fumé, pour au moins deux raisons : à l'adolescence, je n'avais pas d'argent de poche, et j'étais (déjà) très peu influençable : notamment sur ce plan là, je n'avais donc ni l'envie ni les moyens d'essayer d'être comme les autres, de faire comme tout le monde, de ressembler aux adultes, alors que c'est bien souvent la toute première motivation, tri-dimensionnelle, chez les jeunes fumeurs : l'intégration de soi à un groupe, l'affirmation de soi par un geste, la projection de soi dans l'avenir, ou dans la vision que l'on en a ;
- d'autre part, la fumée de cigarette me fait, très vite, très mal à la gorge et aux yeux, même si une seule personne fume dans la même pièce que moi, et ce "handicap", j'en ai bien conscience, est aussi une chance : si cela met à l'écart, cela met également à l'abri ;
- enfin, suffisamment de personnes dans ma famille, oncles, tantes, cousins, sont mortes de telle ou telle forme de ce que l'on peut appeler "le cancer du fumeur", pour me dissuader de me mettre à fumer, d'abord, pour me conforter dans ma position sur ce point, ensuite.
3. Quelques anecdotes authentiques m'ont été racontées, et, à chaque fois, j'ai été extrêmement et suffisamment attentif et réceptif :
a) d'abord celle d'un fumeur, père de famille, plus ou moins "au courant", comme la plupart d'entre nous, mais aussi plus ou moins incrédule ou trompe-la-mort, comme quelques-uns d'entre nous, sur les conséquences, désastreuses et mortifères, du tabagisme, et qui a le culot d'acier, dans sa chambre d'hôpital, sur son futur lit de mort, de "sortir" à ses proches en sanglots : " Si j'avais su... "
b) ensuite, celles de jeunes adultes, qui viennent d'enterrer leur propre père, décédé d'un cancer du fumeur, et qui, sans même s'en rendre compte, ont pour premier geste, après la fin de la cérémonie, et à la sortie de l'église, de sortir un paquet de leur poche, pour en retirer une cigarette et la porter à leurs lèvres ;
c) enfin, celle d'un médecin, s'exprimant à la radio, à la fin des années 1970, et racontant que quand il explique à ses patients qu'à partir d'un certain stade, ils n'ont plus que le choix suivant : s'arrêter de fumer, au plus vite et pour toujours, ou continuer à fumer, et souffrir de plus en plus, puis faire souffrir leurs proches, et enfin finir par mourir, il provoque le plus souvent des réactions inouies de bravade et de colère, voire de haine et d'orgueil, non contre la cigarette, ni contre le tabagisme...mais contre lui !
4. L'industrie du tabac, pour ceux d'entre nous qui ne le sauraient pas, est le type-même de la structure de péché ; certes, elle n'est ni la première, ni la seule, par ailleurs, elle l'est avec la complicité et la duplicité des Etats et des médias, mais enfin, elle constitue, en elle-même, une structure de péché : l'essentiel y est fait, d'une manière à la fois institutionnelle, industrielle et intentionnelle, délibérée et préméditée, pour que les jeunes ou nouveaux consommateurs deviennent dépendants de la manière la plus facile, rapide, perverse et subtile possible, et surtout de la manière la plus irrémédiable et irréversible possible.
5. Je vous conseille donc
- de (re)voir les deux films suivants : d'une part, Révélations, d'autre part, Thank you for smoking,
- de (re)lire les informations que vous trouverez sur ce site :
CNCT
6. Aimons vraiment ceux de nos proches qui sont fumeurs ; recourons à la charité fraternelle, dans ce qu'elle peut porter en elle de moins complaisant et consensuel, de moins laxiste et libéral, de plus exigeant et sanctifiant ; demandons-leurs, demandons-nous nous-mêmes, ce qui a le plus de prix à nos yeux : "l'amour" du tabac ou l'amour de la vie ?
Nous sommes tous, moi le premier, des êtres faillibles, mais nous avons tous vocation à devenir, non sans efforts, mais avec l'aide de Dieu, des êtres capables, capables de nous affranchir ou de nous prémunir, le plus possible et le plus longtemps possible, face à telle ou telle source d'addiction, dont celle dont il est question d'ici.
En France, le tabac tue chaque jour 200 personnes, soit autant que l’alcool, les accidents de la route, le sida, les suicides, homicides et drogues illicites réunis.
Je remercie par avance toute personne qui voudra bien lire ce message tardif, et je vous souhaite à tous une bonne nuit et une longue vie sans tabac.
Scrutator.
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