Homélies sur le mariage de Saint Jean Chrysostome par ami de la Miséricorde 2012-01-27 11:15:11 |
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Voyez-vous combien les preuves abondent à l'appui de notre proposition qu'il y a adultère, non-seulement quand on séduit une femme en puissance de mari, mais encore quand on a commerce avec une concubine quelconque, dès lors qu'on est marié? En effet, de même que nous appelons la femme adultère, soit que son complice soit un valet ou tout autre, dès qu'elle (185) est infidèle à son mari; ainsi nous devons donner le même nom à tout homme infidèle à son épouse, fût-ce avec une courtisane, ou la première venue des femmes publiques. Veillons donc à notre salut, et ne livrons point notre âme au diable par ce péché. De là les ruines, de là les guerres sans fin dans les ménages; par là fuit la tendresse, par là s'évanouit l'affection. En effet, s'il est impassible qu'un homme chaste dédaigne sa femme et la méprise jamais, il est également impossible qu'un homme livré à la débauche et à l'incontinence aime son épouse, quand bien même elle aurait des charmes incomparables. De la chasteté naît la tendresse, et de la tendresse des biens sais nombre. Considérez donc les autres femmes comme étant de pierre, dans la conviction qu'une fois marié, vous ne pouvez jeter un regard d'incontinence sur une autre femme, épouse ou fille publique, sans tomber sous le grief d'adultère. Répétez-vous chaque jour ces paroles au fond de vous-même; et si vous voyez que la convoitise d'une autre femme est éveillée pour vous, et que cela vous fait trouver votre épouse déplaisante, entrez dans votre chambre, ouvrez ce livre, et par la médiation de Paul, par la vertu de ces paroles constamment répétées, éteignez cette ardeur.
Par là vous reprendrez de l'amour pour votre femme, en l'absence de toute passion qui diminue votre attachement pour elle; et non-seulement votre femme vous semblera plus aimable, mais vous paraîtrez vous-même bien plus digne de respect et de considération. Car il n'est rien, non, rien de plus vil qu'un homme marié qui tombe dans la fornication. Ce n'est point seulement devant son beau-père, devant ses amis, devant ceux qu'il rencontre, c'est devant ses propres serviteurs qu'il est forcé de rougir. Que dis-je? ce n'est rien encore; mais sa maison même lui paraît plus affreuse que le plus odieux cachot, parce que ses regards et son imagination sont constamment tournés vers la concubine qu'il aime.
5. Voulez-vous vous faire une juste idée de cette misère ? Considérez l'existence que mènent ceux qui soupçonnent leurs femmes, combien ce qu'ils mangent, combien ce qu'ils boivent leur paraît insipide. On dirait que leur table est chargée de poisons mortels. Ils fuient comme la peste une maison où ils ne trouvent que chagrins. Plus de sommeil pour eux, plus de nuits tranquilles, plus de réunions d'amis; les rayons mêmes du soleil ne luisent plus pour eux; il n'est pas jusqu'à la lumière, dont ils ne se trouvent importunés, et cela, non-seulement lorsqu'ils ont surpris leurs femmes en flagrant délit, mais sur un simple soupçon. Eh bien ! songez que ces souffrances sont également celles de votre femme, si elle vient à apprendre de quelqu'un, ou seulement à soupçonner que vous vous êtes abandonné à une concubine. Que cette pensée vous fasse éviter non-seulement l'adultère, mais jusqu'au soupçon de ce crime; que si votre femme vous soupçonne injustement, calmez-la, persuadez-la. Car ce n'est point par haine ou par déraison, c'est par sollicitude qu'elle agit de la sorte, c'est par un excès de crainte pour sa propriété. Car, ainsi que je l'ai déjà dit, votre corps est sa propriété, et une propriété plus précieuse que tout ce qui lui appartient d'ailleurs. Craignez donc de commettre à son égard la plus grande des injustices, craignez de lui porter le coup mortel. Si vous la méprisez, à tout le moins, redoutez le Seigneur, qui punit les adultères, le Seigneur qui a prononcé contre les fautes de ce genre les plus terribles arrêts. Car pour cette classe de coupables, ainsi qu'il est écrit : Le ver ne mourra point et le feu ne s'éteindra pas. (Marc, IX, 47.)
Mais si vous vous mettez peu en peine de l'avenir, que le présent du moins vous épouvante. En effet beaucoup d'hommes après s'être livrés à des courtisanes ont succombé justement et misérablement aux intrigues dont les avaient circonvenus ces prostituées, jalouses de les détacher de leur constante et légitime épouse, et de les enchaîner complètement à leur propre amour; elles mettent en oeuvre les sortilèges, préparent des philtres, organisent mille enchantements, et souvent, par là , causent à leurs amants d'accablantes infirmités, les jettent dans la langueur et dans la consomption, les précipitent dans un abîme de maux où ils trouvent la fin de leur vie terrestre. Si tu ne crains pas la géhenne, toi qui m'entends, redoute les enchantements de ces femmes. Lorsque par ton incontinence tu t'es privé de l'appui du Seigneur, quand tu t'es dépouillé toi-même de sa céleste protection, c'est alors que ta concubine, te trouvant sans appui, peut impunément, avec l'aide de ses démons qu'elle invoque, des amulettes qu'elle fabrique, des embûches qu'elle dresse; c'est alors, dis-je, qu'elle peut sans nulle peine consommer ta perte, après avoir (186) fait de toi un objet d'opprobre et de risée pour toute la ville, au point qu'il ne te reste plus même la consolation d'être plaint. Car il est écrit : Qui donc aura pitié de l'enchanteur mordu par un serpent et de tous ceux qui approchent des bêtes féroces? (Eccli. XII, 13.)
Je passe sous silence les pertes d'argent, les défiances quotidiennes, l'arrogance, l'orgueil, l'insolence dont les courtisanes accablent leurs folles victimes, supplice mille fois plus douloureux que la mort. Tu ne supportais pas de ta femme une parole un peu vive, et tu courbes la tête sous les soufflets d'une prostituée. Et tu ne sens point de honte, tu ne rougis pas, tu ne souhaites pas que la terre s'entr'ouvre pour t'engloutir? Comment oseras-tu venir à l'église, et élever les mains vers le ciel ! Comment invoquer Dieu avec cette bouche souillée par les baisers d'une courtisane? Et tu n'as pas peur, tu ne trembles pas, dis-moi, que la foudre, tombant du ciel, n'embrase ce front sans pudeur? Tu as pu cacher à ta femme ta trahison, mais tu ne la cacheras pas à l'œil qui ne s'endort point; car, à cet adultère qui disait Les ténèbres et des murs m'entourent; qu'ai-je à craindre? Le Sage a répondu que les yeux du Seigneur ont mille fois plus de lumière que le soleil, pour regarder les oeuvres des hommes. (Eccli. XXIII, 26, 28.) Voilà pourquoi Paul a dit toutes ces choses: Que chaque homme ait sa femme, et chaque femme son mari; que le mari rende à sa femme l'affection qu'il lui doit, et pareillement la femme à son mari. (I Cor. VII, 2, 3.) Un miel, découle des lèvres de la courtisane, lequel, sur le moment, flatte ton gosier; mais plus tard tu le trouveras plus amer que le fiel, et plus acéré qu'un glaive à deux tranchants. (Prov. V, 3, 4.)
Il y a du poison dans le baiser de la courtisane, un poison secret et dissimulé. Pourquoi donc courir après un plaisir réprouvé, pernicieux, qui cause des plaies incurables, au lieu de vivre dans le bonheur et dans la sécurité? Auprès de ta femme légitime tu trouves à la fois plaisir, sûreté, délassement, respect, considération et bonne conscience; là, au contraire, tout est amertume, tout est dommage, et tu es sous le coup d'une accusation perpétuelle. Car, à supposer même que personne ne t'ait vu, ta conscience ne cessera de porter témoignage contre toi; vers quelque lieu gaie tu t'échappes, partout te suivront les reproches, les cris formidables de cet implacable accusateur. Si donc vous recherchez le plaisir, fuyez le commerce des courtisanes. Car il n'y a rien de plias pénible que cette fréquentation, rien de plus intolérable que ces rapports, rien de plus infâme que cette société. Qu'elle soit ta biche la plus chère, ton faon de prédilection; que ta fontaine soit la source où tu puises. (Prov. V, 19 et 15.) Quand tuas sous la main une source d'eau limpide; pourquoi courir à un marais fangeux qui exhale l'odeur de la géhenne et des inexprimables tourments? Quelle est ton excuse? ton titre à la miséricorde? Si ceux qui, tombent dans la fornication avant le mariage sont punis et expient leur faute, comme celui, qui était revêtu d'habits sordides, à plus forte, raison les fornicateurs mariés. Car, dans ce cas, le grief est double et triple, et parce que, les consolations dont ils jouissent ne les ont pas empêchés de se jeter dans de pareils désordres,. et parce que leur crime n'est plus compté seulement pour fornication, mais encore pour adultère, ce qui est le plus grave des péchés.
Ne cessons donc point de nous répéter à nous-mêmes et de répéter à nos femmes ces maximes; et c'est pourquoi je veux finir moi-même sur ces paroles: A cause de la fornication, que chaque homme ait sa femme, et chaque femme son mari. Que le mari rende à sa femme l'affection qui lui est due, et pareillement la femme à son mari. La femme n'a pas puissance sur son corps; c'est le mari. De même, le mari n'a pas puissance sur son corps, c'est la femme. Conservons précieusement ces paroles dans notre mémoire; sur la place publique, à la maison, le jour, le soir, à table, au lit, partout enfin; méditons-les, habituons nos femmes à nous les citer, à se les entendre citer par nous, afin qu'avant passé chastement, la vie présente, nous soyons admis au royaume des cieux, par la grâce et la charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui et avec qui, gloire au Père et au Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
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Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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