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Quelques informations sur la Garde Pontificale
par CMdelaRocca 2012-01-10 15:38:40
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et spécialement des informations historiques peu connues en France sur sa Garde Corse (en partie sur Wikipedia Italia). J'espère que ce document vous apportera des informations qui pourront vous intéresser sur des faits historiques qui témoignent à la fois des relations étroites de la Corse avec le Saint-Siège et de celles de la France gallicane avec Rome:

Nonobstant le manque de documents ,on fait habituellement remonter à 1378 - en correspondance à la fin de la période Avignonnaise - la fondation, à Rome, d'un corps militaire composé exclusivement de corses avec fonction de garde du pontife et de milice urbaine.

On ne connait pas pour l'heure de document plus ancien de cette présence, alors même qu'une importante colonie corse à Porto (Fiumicino) et dans le Trastevere est connue depuis au moins le IX siècle(où l'église de San Crisogono, l'une des plus vieilles de la cité, fût titre national -sic- et basilique cimeterriale des corses et abrite encore aujourd'hui des sépultures appartenant aux vieilles familles de l'île) . Il n'est donc pas exclu qu'une présence militaire des corses au sein des armées papales ne soit bien antérieure au XIV siècle, tant est fort le lien de la Corse avec Rome, de laquelle l'île dépendît formellement du VIII siècle jusqu'à son entrée dans l'orbite génoise.


La Garde corse qui, comme on le verra, sera de façon ininterrompue au service du pape durant près de trois siècles , précède donc de quasi 130 ans l'institution, en 1506 de la Garde suisse.

La fin de la Garde corse résulte d' un incident survenu à Rome le 20 aout 1662. Vers la moitié du XVII siècle la présence a Rome de nombreuses représentations diplomatiques des états européens avait fini par créer une situation paradoxale, en cela que les grandes puissances - a travers une extension excessive du concept d' extraterritorialité - avaient dans certains cas muni leurs ambassades de véritables et propres garnisons militaires (qui étaient libres de circuler en armes dans toute la cité) et conduit a la transformation de secteurs entiers du centre-ville en zones franches, où délinquants et assassins de tout poil trouvaient refuge et impunité.

Le Pape Alexandre VII tentât de porter remède à ces excès et fût suivi dans ce sens par l'Espagne et l'Empire . Louis XIV de France, au contraire, envoyât a Rome son cousin Charles III, duc de Créqui (Crequy), comme ambassadeur extraordinaire avec une escorte militaire renforcée, qui en peu de temps - et quasi inévitablement - finît par causer une grave rixe prés du Pont Sixte avec quelques miliciens de la Garde corse qui patrouillaient dans les rues de Rome.

L'affrontement dût être particulièrement grave (il y en avait eu plusieurs depuis 1661, mais sans graves conséquences), car même les miliciens au repos dans leur caserne de la Garde à la Trinité de' Pellegrini (aujourd'hui église concédée à la FSSP), prés du Palazzo Spada, accoururent assiéger le Palazzo Farnese, siège de l'ambassadeur de France.

Il s'en suivit une échauffourée , et la duchesse de Créqui eût même du mal à accéder au palais, un de ses pages (M. de Polignac) étant même mortellement blessé.


La réaction du Roi de France fût de rappeler son ambassadeur, d'expulser l'ambassadeur du Saint-Siège, et de procéder à l'annexion d'Avignon, menaçant ensuite sérieusement Alexandre VII d'une invasion de Rome , si il ne lui présentait pas des excuses assorties de la dissolution immédiate de la Garde corse, l'émission d'un anathème contre leur nation (sic) , la pendaison de certains miliciens et la condamnation aux galères pour d'autres , la révocation du gouverneur de Rome et l'érection dans la cour de la caserne de la Garde d'une colonne d'infamie, sorte de pyramide noire, pour la malédiction définitive des corses qui avaient osé défier l'autorité française.

Copie de la lettre de Louis XIV au Saint-Père:
Très Sainct Père, nostre Cousin le Duc de Créquy nous ayant fait connoistre l'attentat commis sur sa personne, le vingt aoust dernier, dans les rües de Rome, par les gardes corses de vostre Saincteté, nous avons tout aussitost mandé à nostre dit cousin qu'il eust à sortir de vos estats, à fin que sa personne et nostre dignité n'y restent pas exposées à des actes innouïs mesmes chez les barbares. Nous avons égallement ordonné au Sieur Abbé de Bourlemont, Auditeur de Rote, qu'il ait à savoir de vostre Beatitude si elle a dessein de nous en proposer une satisfaction proportionnée à la grandeur de l'offense, laquelle a non seullement attaqué, mais indignement renversé et violé le droit des gens. Nous ne demanderons rien à vostre Saincteté en cette rencontre. Elle a pris une si longue habitude de nous refuser toute chose, et témoigné jusqu'icy tant d'adversion pour nostre personne et nostre couronne, que nous voulons laisser à sa seule prudence le soin de lui fournir une résollution sur laquelle la nostre se reglera : souhaitant seullement de pouvoir rester de vostre Beatitude, le très devot et révérend fils aisné,
LOUIS.

A Versailles, ce 30 aoust 1662.
Le Pape opposât d'abord un refus catégorique et tentât de temporiser, mais la menace d'une descente des troupes françaises sur Rome était si réelle qu'il obtempérât in fine. La Garde corse fût dissoute pour toujours et quelques miliciens pendus , le monument d'infamie érigé, le Gouverneur exilé de Rome. En février 1664 les territoires avignonnais furent restitués et en juillet , a Fontainebleau, le neveu du pape, le prince Flavio Chigi, fût contraint de s'humilier et de présenter les excuses de Rome au Roi de France, qui quatre ans plus tard concédât la permission de démolir la colonne infame.

Voici comment la duchesse de Crequi rappelle l'incident dans ses mémoires (Cet ouvrage apocryphe serait de Cousin de Courchamps):
"Il est assez connu que le Souverain-Pontife envoya son neveu (de son nom), le Cardinal fabio Chigi, avec le titre de Légat à latere, pour en demander publiquement excuse au Roi, séant sur son trône, à Versailles. On avait décimé les Corses pour la galère, et la garde corse fut licenciée à perpétuité. Enfin, pour attester la réparation d'un pareil outrage, la cour de Rome érigea dans la grande cour du Vatican une pyramide en marbre noir avec une inscription satisfaisante. Ni M. de Créquy, ni moi, lorsque j'allai dans ce palais avant le conclave, ne voulûmes jeter les yeux du côté de cette pyramide, ce qui fut équitablement apprécié par les Romains, et fort approuvé du Cardinal de Rohan. Nous savons pourtant que les Corses ne sont pas traités charitablement dans l'inscription de cette pyramide, qui les qualifie de nation toujours infâme, odieuse aux peuples, et désormais indigne de servir les Rois."

L'eglise San Crisogono des Corses de Rome:

     

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 Quelques informations sur la Garde Pontificale par CMdelaRocca  (2012-01-10 15:38:40)
      en attendant, c'est bien dommage par jejomau  (2012-01-10 15:59:29)
          Je présenterai les choses différemment jejomau par Jean-Paul PARFU  (2012-01-10 16:24:05)
              O.K mais un par jejomau  (2012-01-10 17:06:58)
                  [réponse] par Ubique Fidelis  (2012-01-10 18:35:16)
                      Alors par jejomau  (2012-01-10 19:33:16)
                          Exact ubique fidelis ! par Jean-Paul PARFU  (2012-01-10 20:31:14)
      Quand je vous dis par Elzéar  (2012-01-10 21:10:50)


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