Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Femmes en flammes, femmes en cendres dans l’Occident chrétien
par Philomène-Renée 2012-01-08 07:31:42
Imprimer Imprimer

Il y va fort le gars, jugez plutôt :


FEMMES EN FLAMMES, FEMMES EN CENDRES DANS L’OCCIDENT CHRÉTIEN

Aussi impudemment que benoîtement, Benoît XVI a présenté ses excuses pour les actes de pédophilie commis par son clergé, en excipant de son ignorance des faits. Mensonge éhonté, car nous qui ne sommes pas dans le secret des dieux ni ne disposons d’un service de renseignements performant n’ignorons rien depuis des lustres de ces pratiques. Que notre Benoît ait donc la pudeur de n’en pas rajouter ! Déjà que de le voir simplement s’excuser nous fait frémir d’une sainte indignation. Imaginons le tableau ; Benoît devant l’une de ces victimes et lui prenant les mains : “Nous avons ruiné votre vie mon ami ? Oh, excusez-nous ! Nous ne recommencerons pas.” C’est un peu comme si le Führer avait dit :” Vous avez été déporté ? oh, excusez-moi ! Je croyais bien faire. Et supplicié ? Tiens ! Je n’étais pas au courant.”

Ce n’est pas tout à fait la même chose, nous répondra-t-on ; il y a malgré tout une différence de degré entre une sodomisation papelarde, même répétée, et une extermination programmée. De degré peut-être, mais de nature non ; car complicité tacite il y a eu, et, l’arbre cachant la forêt, je ne sache pas que Benoît XVI ait jugé bon dans la foulée de déplorer l’extermination délibérée entreprise autrefois par son Eglise en vue de purger la société chrétienne de ses “sorcières”. Car outre les allègres et profitables massacres perpétrés au nom de la sainte Foi contre les hérétiques et les sectes concurrentes, encore a-t-il fallu que cette Eglise s’en prît cruellement aux femmes qui sortaient du dévotieux ordinaire et dont les connaissances empiriques risquaient de discréditer un clergé parasite et perverti maintenu dans une ignorance crasse. Autrement dit : “Sus aux prétendues guérisseuses et autres fondées en l’art d’administrer les simples !”

Et puis, n’était-ce pas une façon comme une autre, après Saül de Tarse alias Saint-Paul – ce machiste fondamentaliste dont pourraient se réclamer les pédophiles chrétiens – de remettre à leur place les femmes émancipées dont le grain de sel pouvait donner plus de saveur à la vie d’ici-bas ? Car enfin, de quoi se mêlaient-elles ces retombées de la côte adamique ?

Hypocrisie des hommes ! Lâcheté des historiens ! Quelques-uns soulignent bien que l’Islam a pratiquement cessé de progresser à compter du moment où il s’est mué en théocratie ; d’où son retard historique sur nos sociétés occidentales en dépit de l’important handicap dont il bénéficiait au départ avant que le Coran ne figeât son évolution. Retard que les pétrodollars ne contribuent pas à combler, au contraire, puisqu’ils fournissent des “armes” aux tenants les plus obtus et les plus fanatiques de cette religion. Mais combien de ces historiens ou chroniqueurs rappellent hautement que le sort des populations – et surtout des citoyennes – occidentales n’aurait guère différé de celui des musulmanes si l’énorme emprise de l’Eglise chrétienne n’avait été battue en brèche par les hérésiarques, les agnostiques, les incroyants, les magiciens, les alchimistes et les chercheurs, les libertins et les philosophes ?

La chronique réaliste du moyen-âge nous offre en effet un atterrant catalogue des exactions et de la mainmise du clergé dans tous les domaines,- l’irreligion des grands n’étant pas encore assez affirmée pour lui opposer un contrepoids, la foi pour beaucoup d’entre eux leur tenant plutôt lieu de superstition et d’instrument propre à maintenir le servage et favoriser la soumission de leurs sujets. Or parmi ces abus (viols, rapines, captation d’héritages, sévices en tous genres, chantages, abus de confiance, etc.) ceux qui affectaient la condition de la femme dépassent notre entendement, à fortiori lorsque on se réfère au culte orchestré de la Vierge à la même époque. Déjà, dans l’Evangile, perce le bout de l’oreille ; car la Vierge ce n’est pas la femme avec ses servitudes, mais une abstraction artificieuse conçue pour se gagner les naïves brebis et les béliers que le côté face – ô missionnaires – émeut plus que le côté pile cher au pilon des bougres.

L’odieuse condition féminine dans la société médiévale

La récente relecture que nous avons faite de la dense et romanesque suite médiévale de Zoé Oldenbourg – Argile et cendres suivi de La Pierre angulaire – laquelle ne se veut nullement contestataire à l’égard de la foi, nous dépeint la pénible et souvent désespérante situation des femmes dans la société chrétienne du temps des croisades ; même au coeur des familles tenues pour nobles, où, fors la dot, la fornication et la parturition, elles n’avaient pas plus de raison d’être que de bonnes vaches à traire. Il est vrai qu’entre la Vierge (pour la frime et l’apparat) et la Prostituée Marie-Madeleine (pour le bas de laine dotal et le bas de l’aine) l’Evangile n’est pas très disert. Comment s’étonner après cela que nos ministres du culte préfèrent les Eves en Gilles…

Toujours est-il que pour rabattre le caquet de celles qui entendaient se soustraire, ne fut-ce que partiellement, à cette sujétion, le recours à l’arbitraire canonique allait aller de soi, avec sa fourche à trois dents : le soupçon d’hérésie, le commerce avec le diable, et la torture pour obtenir des aveux spontanés. Le plus révoltant en l’occurrence étant que cette persécution criminelle visait notamment des créatures altruistes – guérisseuses, sages-femmes, rebouteuses… – ou rebelles en rupture de carcan dont l’exemple pouvait se révéler contagieux.

Ainsi l’Eglise, la sainte Eglise (qui récuse Marie enceinte), apostolique (mais dont les apôtres sont exclusivement masculins) et romaine (comme la salade théologique) s’est-elle ingéniée à rôtir des fournées de dames et damoiselles durant plusieurs siècles sous les prétextes les plus fallacieux et les plus futiles. “Oh, excusez-nous ! dirait Benoît XVI, nos façons sont aujourd’hui plus discrètes et plus indolores.”

Toujours est-il que convaincues – la détention afflictive et la torture aidant – de sacrifier à des rites impurs et sacrilèges (baiser le cul de Lucifer, forniquer avec Satan, chevaucher nue un balai pour se rendre au sabbat, cracher sur la Croix, ou se repaître d’enfants…) les bonnes femmes devinrent la cible – que ces comportements fussent tenus pour réels ou illusoires – et des inquisiteurs, et des calomniateurs désireux de les voir éliminer, poussés par un ressentiment, la jalousie, une pulsion sexuelle sadique, ou l’espoir d’entrer en possession d’un bien convoité.

La misogynie jusqu’à la cruauté

On ne s’étonnera pas que les démonologistes aient universellement attesté que le démon attirait dans ses filets plus de femmes que d’hommes. Sprenger en arrive même à remercier Dieu d’avoir préservé d’une telle perversité le sexe masculin. Si les canonistes ne virent en la matière que les “prestiges et fantasmagories” envoyés par l’esprit du mal durant le sommeil, des Papes comme Eugène IV et Calixte III notamment s’employaient à stimuler la croyance à la sorcellerie, qu’ils ordonnaient de persécuter avec la plus grande rigueur. Et Bernard de Côme assurait que si quantité de personnes avaient été brûlées avec l’assentiment du pape pour participation au sabbat, cela prouvait suffisamment la réalité de l’hérésie puisque l’Eglise ne punit que des crimes avérés.

Sans doute y eut-il, comme chez les hommes, des “sorcières” dans le plein sens du terme, se livrant à des pratiques diverses, plus ou moins occultes ou clandestines, – sorcières dont le comportement tendait parfois à compenser un ostracisme ou une disgrâce physique ; mais il semble bien que la plupart du temps leur mode de vie découlait de prédispositions naturelles les rendant aptes et les inclinant à aider autrui d’une part ; et, d’autre part, d’un rejet de société motivé par la vénalité et les lupanées qui gangrenaient le tout-puissant clergé régissant la communauté. On conçoit fort bien qu’au sein d’une civilisation dont la libre pensée n’avait pas encore affranchi les esprits, et où l’au-delà constituait un sujet de préoccupation majeur, les âmes déçues par une religion faisandée mais omniprésente aient tenté de chercher ailleurs des voies d’accomplissement ou de satisfaction.

Dans le même temps, les hommes considérés comme sorciers ou magiciens bénéficiaient généralement – sauf cas majeurs – d’une grande mansuétude. On estimait qu’ils se contentaient de gagner leur vie en rendant des services – parfois louables, parfois contestables – alors que la “sorcière”, elle, était réputée essentiellement “mauvaise”, quand bien même eût-elle pratiqué la magie curative, celle-ci étant condamnée comme inadmissible car ne pouvant qu’impliquer un pacte avec le Malin. Tare dont le guérisseur masculin était exempt ! N’oublions pas que ce qui valorisait particulièrement les artifices des sorcières, c’était la déplorable pénurie de remèdes que l’obscurantisme religieux était en mesure de leur opposer.

La malignité et les préjugés des inquisiteurs à leur égard étaient tels, que la sorcière qui les bravait en résistant à l’interrogatoire malgré les sévices subis était censée avoir reçu de Satan le don de taciturnité.

Et comme le même genre d’idées préconçues déterminait le même type d’interrogatoire un peu partout, la torture complémentaire ne pouvait que susciter le même genre d’aveux,- accréditant ainsi un corpus de témoignages irréfragables selon la jurisprudence et la logique tordue de l’époque. Au surplus, le Tribunal ecclésiastique était autorisé à faire de fausses promesses de pardon ou de peine légère ; à contester l’avocat de la défense ; à lui dissimuler le nom des témoins à décharge ; à multiplier les témoins à charge et à altérer les dépositions,- voire, si l’avocat défendeur se montrait trop pugnace, à l’excommunier en tant que fauteur d’hérésie ! Tout cela en vertu du principe, toujours selon Springer, que l’énormité des maux en question justifiait toutes les fraudes et cruautés mises en oeuvre pour venir à bout d’un adversaire contre lequel une guerre loyale serait vaine.

La fourberie des inquisiteurs se fortifiait dans de nombreux cas de la latitude qui leur était laissée – si la fraude portait ses fruits – de s’en remettre au magistrat séculier, déjà gagné à leur cause, du soin de prononcer la sentence à laquelle l’inculpée croyait avoir échappé… Ils pouvaient ainsi s’en laver les mains.

Amorcée environ l’aube du XVè siècle, cette persécution systématique contre les sorcières et assimilées ne tada pas à revêtir une ampleur que peut seul expliquer le degré d’ignorance, de bêtise et de crédulité auquel l’Eglise catholique avait réduit ses ouailles.

Toute une société sous le joug du crime organisé

Qu’ils se soient réclamés du cap. episcopi – formulé lors d’un certain mais incertain concile d’Anquira – pour décréter que la sorcellerie n’était qu’illusion et fallace ; ou qu’ils aient été persuadés de la véracité des phénomènes répertoriés ou prétendument observés, les inquisiteurs chrétiens ont déployé un zèle si meurtrier durant deux siècles et demi afin d’éradiquer la “mauvaiseté” des paradoxalement dites “bonnes” femmes, que la somme et l’arbitraire de leurs exécutions laissent pantois. Mentionnons, pour en conspuer au moins la mémoire, quelques-uns de ces assassins du Pape (autrement plus performants que ne furent les haschichins du Vieux de la Montagne) : Nicolas Jaquerius, auteur du Flagellum Haereticorum Fascinariorum ; Jacob Sprenger, déjà cité, fanatique sincère (la pire espèce), auteur du fameux Malleus Maleficarum – “Le Marteau des sorcières” – tenu pour le plus prodigieux monument des superstitions jamais produit ; Bernard de Côme; Bartolomeo de Spina ; Bartolomeo de Homate ; Pierre de Berne ; Pierre de Bronsart, “au nez velu et à la trogne maugrinne” ; Henri Institoris ; Hugues le Noir ; Pons Fougeyron ; Francesco Chiabaudi ; Michele de Valenti ; Jacques Du Boys ; Philippe de Saveuse ; Roland Lecozie ; Fra Gerolamo Visconti ; fra Angelo da Verona ; fra Antonio ; Giorgione di Casale, Nicolas Savin,- encouragés par les Papes Grégoire XI ; Nicolas V ; Innocent VIII ; Léon X, entre autres.

Ainsi, bien avant les chambres à gaz nazies, la fumée des holocaustes pieux monta-t-elle des bûchers chrétiens vers le ciel européen, déshonorant les XVè, XVIè et partie du XVIIè siècles.

Outre les autodafés individuels ou limités à quelques infortunés, il y eut des embrasements collectifs impressionnants, allant de la vingtaine à la centaine de tourmentés. L’évêque de Genève en aurait liquidé 500 en trois mois ; celui de Bamberg 600 ; celui de Vürzbourg 900 ; l’archevêque de Trèves 118 en 1586 ; dans le Valcamonica, après l’élimination de 70 ” coupables”, cinq mille personnes, soit un quart de la population, demeuraient suspectées ou accusées ; le district de Wormserbad, dans les Grisons, dut sacrifier 41 de ses administrés ; 48 furent rôtis à Ravenspurg ; le duc Artus III fut loué en 1457 pour avoir fait brûler le plus de sorciers en France, en Bretagne et dans le Poitou. (Au moins la République de Venise refusa-t-elle de céder aux injonctions du pape et s’en remit-elle à la sagesse de son Conseil des Dix). En Espagne, brilla par sa cruauté le dominicain Thomas Torquemada, qui, en confisquant les biens des accusés d’hérésie et de sorcellerie, parvint à accumuler de telles richesses qu’il fut craint par le Pape lui-même, qui l’obligea à lui verser la moitié du butin. Lorsque Torquemada arrivait dans un pays comme inquisiteur, la population fuyait en masse. En 18 années de son inquisition il y eut 8OO.OOO Juifs et Juives exilés d’Espagne. Dix mille furent brûlés vifs. A Rome l’Inquisition allumait des bûchers sur toutes les places pour brûler les hérétiques dont les patrimoines étaient automatiquement réquisitionnés pour le compte du Pape par la Confrérie des San Giovanni Decollato.

Signalons que les Papes Léon X et Paul III affirmèrent la non existence du Christ tout en commettant leurs crimes. Le Pape Sixte V assistait joyeusement aux exécutions, où il se faisait livrer son repas. Il déclarait que les actes de justice lui donnaient de l’appétit. Après l’une de ces exécutions il s’exclama : “Dieu soit béni pour le grand appétit avec lequel j’ai mangé”.

Ce ne sont là que quelques exemples de la démente application de la charité évangélique revue et corrigée par les misogynes de service, avec l’aval de “l’infaillible” pontife. On peut donc imaginer dans quel climat d’appréhension latente, de crainte permanente et de piété forcée devaient vivre les sujets d’alors, et plus encore les femmes, sous une pareille menace, chacun étant à la merci d’une accusation fatale.

Des historiens étrangement silencieux

Et pourtant, si tel manuel encyclopédique très répandu énumère bien à la rubrique “sorcellerie”, les procès intentés aux Templiers, à Gilles de Rais, à Urbain Grandier, à Jean Calas, à Pierre-Paul Sirven, ou au chevalier de La Barre,- aucune mention n’est faite – si l’on exclut Jeanne d’Arc – des milliers de “sorcières” présumées qui ont payé un funeste et douloureux tribut à la barbarie mensongère du monothéisme chrétien. Les femmes seraient-elles considérées comme accessoires dans la conduite des affaires du monde ? Il est vrai qu’on les voit mal égaler les hommes sur le plan de la gestion catastrophique…

Et pourtant n’est-il pas admirable de leur part que tant d’entre elles aient osé braver les interdits confessionnels et l’opinion, pour soigner, panser, accoucher et réconforter leur prochain alors qu’il y allait de leur vie ? Aussi, cependant que le calamiteux Hitler, et à un moindre degré le sinistre Staline que la gauche adula, sont à juste raison marqués du sceau de l’infamie,- comment nos concitoyens peuvent-ils traiter ou supporter de voir traiter avec respect et cérémonie les fidèles et les hauts dignitaires de cette Eglise dont les innombrables victimes dépassent de beaucoup en nombre et en tourments endurés celles des deux despotes précités ? Cette Eglise dont les procédés se perpétuent sous le couvert d’une langue de bois sec dont se fagotent les bûchers virtuels mais non moins efficaces. Et cette indulgence allant jusqu’à souffrir que sur la chaîne de télévision supposée laïque de France 2, les chattemites représentants de cette toujours présomptueuse et coupable secte, viennent nous seriner leurs sempiternelles et pernicieuses billevesées. En effet, de quel droit serait-elle, parce qu’elle a réussi, intouchable et impunissable ? Parce qu’elle compte nombre de ses créatures parmi nos dirigeants ? En bonne mafia qui se respecte, à défaut d’être respectable aux yeux d’autrui… Ou parce que la veulerie des hommes, Mesdames, leur est si consubstantielle qu’Alexandre Blok s’est senti fondé à écrire : mensonge et perfidie n’ont pas de mesure / et la mort est loin. Pierre LEXERT

Note : Jacob Sprenger (1435-1496) était un moine dominicain allemand. Il fut nommé en 1475 Inquisiteur Général par le Pape Sixte IV. Il est l’auteur présumé de l’infâme Malleus Maleficarum ou Marteau des sorcières, publié en 1487. Des recherches récentes attestent que cet ouvrage ne fut pas écrit par Sprenger mais par le moine Heinrich Kramer, inquisieur du même ordre, et publié sous le nom de Sprenger. Selon Servatius Vanckel, secrétaire de Sprenger, l’Apologie qui sert de préface est également une falsification

(NDLR de «L’Ere nouvelle» : Ce n’est que le 12 mars 2000 que l’Eglise catholique a daigné se repentir des excès commis par les membres du clergé durant l’Inquisition. Mais aucune condamnation morale des Ordres dominicain et franciscain (qui fournirent les plus gros contingents d’inquisiteurs) n’a été prononcée et les dirigeants actuels de ces Ordres n’ont pas jugé utile de présenter eux-mêmes leurs regrets et leurs excuses aux descendants des martyrisés.)

« IL N’Y EUT SUR TERRE DE ROYAUME PLUS SANGLANT QUE LE ROYAUME DU CHRIST.» MONTESQUIEU


Article ici

Pour répondre à cet article, j'ai mis l'excellent texte de Michel JANVA :

Vérités au sujet de l’Inquisition
Le quatrième numéro hors-série de L’Homme Nouveau a listé quelques mythes de l’histoire antichrétienne. Parmi les sujets, celui -inévitable- de l’Inquisition. Extraits :
“Dans la légende noire de l’Église catholique,le spectre de l’Inquisition est régulièrement brandi, et très souvent pour faire taire les catholiques. Ce long combat contre l’Église a marqué durablement les esprits, y compris catholiques, au point qu’il y aurait une évidence du mal absolu que serait l’Inquisition. Essayons donc historiquement d’y voir plus clair, en commençant par éviter trois écueils.
1. Celui des anachronismes : la répression, la violence, la torture et la peine de mort suscitent chez la plupart de nos contemporains une véritable répulsion, tout comme la guerre. N’oublions pas toutefois qu’en France le bagne n’a été aboli qu’en 1938 et la peine de mort pour les criminels en 1981 ! L’idée que la foi chrétienne puisse structurer et animer la vie sociale et politique semble aujourd’hui incongrue, choquante et inadmissible pour ceux qui pensent que les libertés et les droits de l’Homme sont l’unique absolu, y compris contre l’intérêt de la société et le bien commun. Or les Inquisitions (1231-1834), notamment l’Inquisition médiévale, s’inscrivent dans un contexte historique précis, où la foi chrétienne est une réalité si importante et vitale qu’elle mérite d’être défendue contre les hérésies. La médiéviste Régine Pernoud affirmait que « l’Inquisition fut la réaction de défense d’une société pour laquelle, à tort ou à raison, la préservation de la foi paraissait aussi importante que de nos jours celle de la santé ».
2. Celui des généralisations simplificatrices et abusives : il y a trois Inquisitions, médiévale, espagnole et romaine, avec d’importantes différences, sur un espace et une période immenses (six siècles). Insister lourdement sur quelques cas exceptionnels et spectaculaires permetil de faire oeuvre historique ? Que dirait-on d’un historien qui dans un siècle décrirait la justice française de notre époque à la lumière principale des affaires Grégory (Villemin) ou d’Outreau ?
3. Celui de l’exagération polémique du nombre des exécutions capitales dues à l’Inquisition. Les chiffres les plus fantaisistes circulent : plusieurs centaines de milliers de victimes ; les estimations sérieuses aujourd’hui tournent autour de 10 000. Car il ne faut pas oublier que la dénonciation de l’Inquisition est une arme de combat et de guerre contre l’Église catholique et le catholicisme : les hérétiques médiévaux coupables de maintes violences se posant en victimes, et c’est de bonne guerre ; les protestants, ce qui permet au passage d’éviter d’évoquer la dictature de Calvin à Genève, les violentes persécutions anticatholiques et la multitude de sorcières brûlées dans les pays protestants (plusieurs dizaines de milliers, notamment au XVIIe siècle) ; les Lumières de la modernité qui rêvent d’un monde sans Dieu ou contre Dieu.
La création de l’Inquisition au XIIIe siècle marque de réels progrès en matière de justice. D’abord en confiant à un tribunal, c’est-à-dire une institution de justice, des hérétiques dont l’impopularité était telle qu’ils étaient l’objet de la violence aveugle des foules ou des autorités politiques : ils étaient ainsi soustraits au lynchage. Ensuite cette institution de justice, même si elle n’offre pas aux prévenus toutes les garanties de nos procédures modernes et démocratiques, comporte bien des éléments originaux qui la diffèrent des justices ordinaires de l’époque : l’instruction est inquisitoire et secrète (recherche par voie d’enquêtes et de questionnements). Le tribunal de l’Inquisition cherche avant tout à établir la vérité au nom de l’intérêt de la société (comme le ministère public). Il s’écarte de la procédure accusatoire du droit romain où le juge arbitrait les litiges entre deux parties argumentant chacune en sa faveur. De plus le dénonciateur calomnieux subit la peine encourue par celui qu’il a dénoncé. Pour l’historien Bartolomé Bennassar, « l’Inquisition, par ses méthodes d’investigation et le fonctionnement de son tribunal, a contribué à inventer les règles d’une procédure nouvelle », débouchant à terme sur le système juridique contemporain, à cette nuance près que l’accusé y était présumé coupable. Les enquêtes scrupuleuses offrent cependant des garanties aux prévenus. L’accusé peut réfuter les accusations de l’inquisiteur et récuser certains témoins. Il peut aussi produire des documents ou exposer des faits tendant à prouver l’inanité des charges portées contre lui. Enfin cette institution est confiée à des professionnels dotés de manuels très codifiés et soucieux du droit. En 1246, le concile régional de Narbonne demande que la condamnation soit portée exclusivement après un aveu formel, ou au vu de preuves irréfutables. Mieux vaut, estime l’assemblée, relâcher un coupable que condamner un innocent. Pour obtenir cet aveu, la contrainte peut être utilisée : soit par la prolongation de l’emprisonnement, soit par la privation de nourriture, soit enfin par la torture. Le recours à la torture est rare et contesté. Longtemps l’Église y a été hostile. En 866, le pape Nicolas Ier déclare que ce moyen « n’était admis ni par les lois humaines ni par les lois divines, car l’aveu doit être spontané ». [...]
À la suite de Pierre Chaunu qui faisait remarquer que « la Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen-Âge et dans toute l’Europe », on peut se poser une question. La dénonciation de l’Inquisition ne sert-elle pas aussi à masquer les millions de victimes de la très anticatholique Révolution française (deux millions de Français de 1789 à 1815, dont un million de civils entre 1789-1799) [...] ?”
Michel Janva

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 Femmes en flammes, femmes en cendres dans l’Occident chrétien par Philomène-Renée  (2012-01-08 07:31:42)
      Si les responsables de la revue et du site par Jean-Paul PARFU  (2012-01-08 07:57:45)
          Cher Mr Parfu.......... par Philomène-Renée  (2012-01-08 12:45:02)
              Auteur par Jeanne Smits  (2012-01-08 18:29:40)
                  c'est exact ! par Philomène-Renée  (2012-01-09 07:52:42)
      de toutes façons, avec les journaleux hystériques par jejomau  (2012-01-08 09:20:59)


180 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]