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"Je m'appelle Bernadette" : la gracieuse extase de Bernadette Soubirous
par Bernard Joustrate 2012-01-04 08:46:29
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"Je m'appelle Bernadette" : la gracieuse extase de Bernadette Soubirous

Critique | LEMONDE.FR | 29.11.11 |


L'histoire de Bernadette Soubirous, à qui la Vierge serait apparue à plusieurs reprises à Lourdes en 1858, attire les cinéastes puisqu'elle a déjà été transposée à l'écran par Henry King (Le chant de Bernadette, 1943), Robert Darenne (Il suffit d'aimer, 1960) et Jean Delannoy (Bernadette, 1988 et La Passion de Bernadette, 1989).
C'est au tour de Jean Sagols, que l'on connaît surtout pour ses séries télévisées telles que Terre indigo, Les grandes marées ou encore Orages d'été, de s'emparer du destin de cette jeune fille qui fut, selon la vision du monde de chacun, victime d'hallucinations ou touchée par la grâce.

En 1858, dans la Grotte de Massabielle à Lourdes, la Vierge apparaît de nombreuses fois à Bernadette. Jeune fille pauvre et illettrée, Bernadette n'en est pas moins vive d'esprit et téméraire. Sans hésiter, elle fait part de ces apparitions aux autorités religieuses qui sont un peu désemparées que la Vierge apparaisse à une jeune fille aussi modeste et peu éduquée que Bernadette.

Si le film semble peiner à établir le climat politico-religieux du Second Empire, c'est que Jean Sagols cherche surtout à brosser le portrait de Bernadette Soubirous et il le fait avec habileté, tout en nuances. Il ne tente jamais - il serait d'ailleurs bien en peine - d'établir ou d'infirmer les déclarations de Bernadette.

Il s'intéresse seulement à cette jeune fille sans qualité : étonnamment "normale", Bernadette n'est en effet pas une sainte : son courage et son entièreté frappent mais son opiniâtreté et son insolence aussi. Elle refuse certes de tirer un quelconque profit des miracles qui se produisent mais mentira pour obtenir un sacrement.

Outre la complexité de son personnage, l'autre réussite du film réside dans la poésie qui apparaît lorsque Jean Sagols filme le charisme et l'aura que dégage Bernadette au cours de longs et lumineux gros plans sur le sublime visage de la jeune actrice, Katia Miran, qui incarne avec force l'extase de Bernadette.

Michel Aumont, lui, donne de la rondeur à son personnage d'abbé bienveillant et Francis Huster interprète le procureur Vital-Dutour avec intensité dans ce film qui, malgré ses qualités, aura du mal à plaire aux cartésiens convaincus.

LA BANDE-ANNONCE

Film français de Jean Sagols avec Katia Miran, Michel Aumont, Francis Huster, Francis Perrin, Alessandra Martines et Alain Doutey. (1 h 49.)

Sophie Walon

     

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      Il semble que ce film soit meilleur par Sénéchal  (2012-01-04 12:43:09)
          Bizarre, bizarre... Comme c'est bizarre. par blamont  (2012-01-04 17:08:47)


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