pro papa nostro par jejomau 2011-12-06 07:12:55 |
|
Imprimer |
Un lien nous unit à l'Eglise. Mais de quelle "église" parlons-nous ? Nous avons tendance à regarder l'église à travers notre prisme : on la veut plus sainte, moins sainte, un peu plus..., un peu moins...etc.. Mais l'Eglise a été instaurée par le Seigneur et il y met Son représentant.. à Lui.. pour qu'il dirige cette Eglise de la façon dont Elle doit être dirigée... Ecoutons celui qui a été mis en place par le Seigneur. Il nous répète sans cesse aujourd'hui que "La crise véritable de l'Eglise en Occident est une crise de la Foi". Et nous sommes concernés :
pro papa nostro
"Depuis le péché, l'homme est enclin à oublier les bienfaits du Créateur...
Dans nos pays surtout, qui ont connu un prestigieux passé de civilisation et donc de liberté chrétienne, on oublie souvent d'où nous venons et par conséquent on ne sait trop bien où l'on va ; on s'égare et on est alors malheureux.
Le don que Notre-Seigneur nous a fait en nous laissant Son Eglise est un prodige d'amour. Avons-nous oublié la parabole du Bon Samaritain qui se penche sur la pauvre créature humaine blessée gisant sur le bord du chemin et qui la conduit à l'hôtellerie ? Celle-ci est l'Eglise, le Bon Samaritain n'étant autre que Jésus Qui a tant souffert pour nous et est mort sur la Croix afin de nous sauver.
A la tête de son Eglise, Il a voulu un homme qui soit désormais son Vicaire visible. Certes, nous savons que tous les papes ne furent pas irréprochable, à commencer par Pierre lui-même qui trahit son Maître, en passant par les papes de la Renaissance qui parfois tombèrent très bas. Jésus a cependant promis que la Foi de Pierre ne défaillirait pas, et l'histoire est là pour attester la véracité des promesses de Notre-Seigneur. On sait, en outre, que, lorsque le Chef de l'Eglise parle "ex cathedra", pour le fidèle, refuser d'embrasser la vérité définie est cesser d'être catholique.
Le Saint-Père éclaire donc et encourage les membres de l'Eglise, en ces temps dans lesquels nous vivons, et l'on ne peut que rendre grâce pour les récents voyages apostoliques de Benoît XVI.
En Croatie, d'abord,, au mois de juin. Après avoir constaté avec joie que dans ce pays "l'ancienne tradition chrétienne est encore vivante", il y rappelle que la vocation de l'Europe est de "garder et renouveler un humanisme qui a des racines chrétiennes". Il cite le cardinal Stepinac, ancien archevêque de Zagreb, déclaré martyr et béatifié en 1998 : Un des plus grands maux de notre temps est la médiocrité dans les choses de la Foi. Soit nous sommes catholiques, soit nous ne le sommes pas ! Si nous le sommes, il importe que cela se manifeste dans toutes les activités de notre vie."
Durant l'été ensuite, le Saint-Père rassemble en Espagne un nombre impressionnant de jeunes de toutes les parties du monde ; ceux-ci s'en retournent pleins d'enthousiasme de cette démonstration extraordinaire de Foi ; l'on peut affirmer que "le courant est passé" entre le vieil homme de 84 ans et les représentants des jeunes générations, le futur de l'Eglise.
En septembre, le pape allemand se rend alors dans son pays pour une visite officielle qui le conduit d'abord au Parlement ("Bundstag") à Berlin. Malgré la déchristianisation persistante dans ce pays et l'opposition parfois virulente des médias en général, il affirme devant le président et la chancelière et s'appuyant sur le droit naturel que "le principe majoritaire ne suffit pas". Soulignant la folie des hommes dans le passé, il veut aussi anticiper un nouveau scénario d'horreur pour l'humanité si celle-ci ne renoue pas avec la vraie sagesse. Six cents représentants l'acclament !
Du début à la fin, le Saint-Père, avec une sereine fermeté, rappelle les exigences du dogme. Il préconise à l'Eglise un processus de "désécularisation" ("Entweltlichung") et d'éviter ainsi aussi la routine ; on ne peut passer sous silence cette phrase, lors de son dernier jour à Fribourg-en-Brisgau : "La crise véritable de l'Eglise en Occident est une crise de la Foi." Enfin, lors de la vigile, où tant de jeunes sont encore présents, il place justement l'homme contemporain devant le dilemne, soit de porter la Foi, la vraie Lumière, soit c'est la dictature.
Puissions-nous profiter du renouveau spirituel auquel le Saint-Père nous invite de Berlin ; nous ne pouvons maintenant que le laisser parler (et surtout écouter ses paroles profondes) :
"Certains regardent l’Église en s’arrêtant sur son aspect extérieur. L’Église apparaît alors seulement comme l’une des nombreuses organisations qui se trouvent dans une société démocratique, selon les normes et les lois de laquelle le concept "Église" qui est difficilement compréhensible en lui-même, doit ensuite être jugée et traitée. Si on ajoute encore à cela l’expérience douloureuse que dans l’Église, il y a des bons et des mauvais poissons, le bon grain et l’ivraie, et si le regard reste fixé sur les choses négatives, alors ne s’entrouvre plus le mystère grand et beau de l’Église.
Par conséquent, ne sourd plus aucune joie pour le fait d’appartenir à cette vigne qui est l’"Église". Insatisfaction et mécontentement se diffusent, si on ne voit pas se réaliser les propres idées superficielles et erronées sur l’"Église" et les propres "rêves d’Église" ! Alors cesse aussi le cantique joyeux "Je rends grâce au Seigneur qui, par grâce, m’a appelé dans son Église", que des générations de catholiques ont chanté avec conviction.
Revenons à l’Évangile : "Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi, … car sans moi – on pourrait aussi traduire: en dehors de moi – vous ne pouvez rien faire" (Jn 15, 4 ss.).
Chacun de nous est mis face à cette décision. Le Seigneur, dans sa parabole, nous dit de nouveau combien elle est sérieuse: "Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on ramasse les sarments coupés, on les jette au feu et ils brûlent" (cf. Jn 15, 6). A ce propos, saint Augustin commente: "Il n’y a que deux choses qui conviennent à ces branches: ou la vigne ou le feu; si elles sont unies à la vigne, elles ne seront pas jetées au feu; afin de n’être pas jetées au feu, qu’elles restent donc unies à la vigne" (In Joan. Ev. tract. 81,3).
Le choix demandé ici nous fait comprendre, de façon insistante, la signification fondamentale de notre décision de vie. Mais en même temps, l’image de la vigne est un signe d’espérance et de confiance. En s’incarnant, le Christ lui-même est venu dans ce monde pour être notre fondement. Dans chaque nécessité et sécheresse, Il est la source qui donne l’eau de la vie qui nous nourrit et nous fortifie. Lui-même porte sur lui chaque péché, peur et souffrance, et, à la fin, nous purifie et nous transforme mystérieusement en sarments bons qui donne du bon vin. Dans ces moments de besoin, parfois nous nous sentons comme finis sous un pressoir, comme les grappes de raisin qui sont pressées complètement. Mais nous savons que, unis au Christ, nous devenons du vin mûr. Dieu sait transformer en amour aussi les choses pesantes et opprimantes dans notre vie. Il est important que nous "demeurions" dans la vigne, dans le Christ (..) A notre époque d’activisme et d’arbitraire où aussi tant de personnes perdent orientation et appui; où la fidélité de l’amour dans le mariage et l’amitié est devenue si fragile et de brève durée; où nous voulons crier, dans notre besoin, comme les disciples d’Emmaüs: "Seigneur, reste avec nous, car le soir tombe ( Lc 24, 29) oui, il fait sombre autour de nous!"; en ce moment, le Seigneur ressuscité nous offre un refuge, un lieu de lumière, d’espérance et de confiance, de paix et de sécurité. Là où la sécheresse et la mort menacent les sarments, là, il y a avenir, vie et joie dans le Christ; là, il y a toujours pardon et nouveau commencement, transformation en entrant dans son amour (..) L’Église en tant qu’annonciatrice de la Parole de Dieu! et dispensatrice des sacrements nous unit au Christ, la vraie vigne. L’Église comme "plénitude et complément du Rédempteur", comme l’appelait Pie XII (Mystici corporis,AAS 35), est pour nous gage de la vie divine et médiatrice des fruits dont parle la parabole de la vigne. L’Église est le don le plus beau de Dieu. Par conséquent, saint Augustin pouvait dire : «Autant on aime l’Église, autant on entre en participation de l’Esprit Saint» (In Ioan. Ev. Tract. 32,8). Avec l’Église et dans l’Église, nous pouvons annoncer à tous les hommes que le Christ est la source de la vie, qu’Il est présent, qu’Il est la grande réalité après laquelle nous cherchons et aspirons. Il se donne lui-même et, ainsi, il nous donne Dieu, le bonheur, l’amour. Celui qui croit au Christ a un avenir. Parce que Dieu ne veut pas ce qui est aride, mort, artificiel, qui à la fin est jeté, mais il veut ce qui est fécond et vivant, la vie en abondance, et c’est lui qui nous donne la vie en abondance.
Chers sœurs et frères! Je vous souhaite, ainsi qu’à nous tous, de découvrir toujours plus profondément la joie d’être unis au Christ dans l’Église – avec tous ses besoins et toutes ses obscurités-, de pouvoir trouver dans vos besoins réconfort et rédemption et que nous tous puissions devenir toujours le vin délicieux de la joie et de l’amour du Christ pour ce monde. Amen."
Abbé Gérald DUROISIN - fssp -
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|