Le blasphème en mode "tradi" par Babakoto 2011-11-23 23:00:12 |
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Sur la possibilité de blasphémer contre un faux dieu
La question peut paraître bête puisque si ce n’est pas un vrai dieu, alors ce n’est pas un vrai blasphème. On ne peut rien faire à un être qui n’existe pas. La réponse semble être dans la question mais ça ne va pas de soi pour autant.
D’abord, sur la question de la réciprocité: ne pas vouloir que son Dieu soit blasphémé devrait aller de pair avec la reconnaissance du droit des autres à ce que leur dieu ne le soit pas non plus. Mais peut-on mettre sur un même pied d'égalité un faux dieu et le Vrai et leur accorder les mêmes droits? C'est une réflexion souvent faite aux catholiques d'avant un certain Vatican II: vous vous revendiquez des droits que vous refusez aux autres.
Si on veut fonder en raison le droit ou même le devoir de blasphémer contre les faux dieux, il faut commencer par préciser le vocabulaire.
Un faux dieu est soit un dieu qui n'existe pas, soit un être (ou concept) considéré à tort comme Dieu puisque placé au dessus de tout autre être. Le devoir de charité exige que la vérité soit dite et que la fausse divinité soit renversée. Or dire la vérité implique dans ce cas de soit nier l’existence, soit de rabaisser le faux dieu. Alors, pourrait-on dire, nier l’existence ou rabaisser n’est pas blasphémer.
Blasphémer serait mettre en dessous de tout, ou en tout cas à un niveau très bas. Mais vous ne pourrez pas imposer cette définition. Quand vous mettez votre dieu au dessus de tout, le simple fait de lui voir attribué un grave défaut peut être considéré comme blasphématoire. Parfois même, le simple fait de le mettre au même niveau que les autres, de façon purement symbolique peut choquer. Ainsi la dernière réunion d’Assise a été considéré par des membres éminents de la FSSPX comme un blasphème perpétré par le Pape lui-même, avec le soutien des évêques, sur ce motif de mise sur le même plan, ce qui revient à rabaisser.
Par conséquent, vis-à-vis de ces fausses divinités, puisqu’il nous appartient de les dénoncer, de les rabaisser, de les détruire, de les chasser de la cité ou au minimum, de leur retirer leur statut de divinité, nous ne pouvons que blasphémer, vis-à-vis de leurs adorateurs, selon nos propres critères.
La seule façon de s’en sortir, c’est de dire que l’erreur n’a aucun droit, que tout homme a un devoir moral de rendre un culte au seul vrai Dieu et que c’est l’expression même de la justice, le contraire ne pouvant qu’être toléré (comme pouvait l‘être la prostitution), jamais encouragé et en tout cas, toujours condamné.
En tout cas, c’est ce que je pense avoir compris de la position traditionnelle de l’Eglise.
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