Sermon de Saint Odon de Cluny pour la fête de Saint Benoît par ami de la Miséricorde 2011-11-18 00:38:11 |
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Sermon pour la fête de Saint Benoît Abbé
Par Saint Odon de Cluny
Ms Orléans 323 (F1) p. 34 53
La solennité du bienheureux Benoît répand sa lumière par la grâce du Seigneur et, comme toujours, elle augmente le sentiment de dévotion dans le cœur des fidèles et leur apporte une joie spirituelle. C’est à bon droit que les mêmes fidèles se réjouissent de la mémoire d’un tel Père afin que s’accomplisse cette parole prophétique : « Dites au juste qu’il est heureux » (Is. III, 10) et encore : « La mémoire du juste est en bénédiction ». (Prov. X, 7). Il apparaît en effet que la piété des chrétiens entourera un saint d’une vénération d’autant plus grande qu’ils auront reconnu qu’il est plus honoré de Dieu. C’est pourquoi, par une sorte d’instinct divin, ils aiment ce Père d’une façon spéciale et célèbrent sa mémoire avec plus d’affection. Car ils n’ignorent pas que le Dieu Tout-Puissant l’a élevé merveilleusement au rang des pères les plus grands de la sainte Eglise et l’a exalté de façon insigne parmi les fondateurs de la sainte foi et les magistrats d’un genre de vie céleste. A la vérité, si le charisme du Saint-Esprit l’a orné par l’éclat des miracles et par l’exercice des vertus, c’est pour qu’il apparaisse digne aux yeux du monde de la multitude d’un ordre si excellent. C’est pourquoi, chaque année, lorsqu’arrivent cette solennité et les autres fêtes dédiées à ce nom si saint, il y a tant de foules accourant à son saint tombeau avec tant de dévotion, tant de spontanéité et de tant de lieux… C’est pourquoi tous confluent dans la joie : non seulement les paysans, mais aussi le peuple de la ville et, en union étroite avec eux, des gens de la noblesse, enfin des clercs illustres qui forment pour ainsi dire une couronne de fleurs.
Comme si Dieu jugeait que c’était peu pour des dévots que les fidèles, une fois par an seulement, célèbrent la solennité de ce Père, il accorde d’autres motifs qui permettent, par d’autres solennités, d’augmenter la joie des chrétiens. Il existe beaucoup de documents relatant les miracles au sujet de la sainte translation et de son ensevelissement, selon une disposition de la divine providence.[Note 123] Beaucoup se souviennent de la translation du corps de Saint Benoît à Fleury et la plupart en ont écrit le récit intégral. Voir la Bibliothèque de Fleury]. En ce lieu, de si nombreux et de si grands miracles sont rapportés par écrit et sont accomplis sous les yeux, que leur éclat pourrait ramener au respect même ceux qui sont éloignés. Bien que ces miracles semblent tarir en ce temps proche de l’Antéchrist car selon l’Ecriture, « l’indigence précède sa face » (Job XLI, 13) cependant, par les mérites du saint, on peut encore obtenir la santé la plus importante : celle de l’âme. Ici comme ailleurs, c’est l’énormité de nos péchés qui fait cesser les miracles divins : nous qui, après avoir reçu la révélation de la grâce du Christ, sommes retournés en arrière. De notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, il est montré qu’à cause de l’aveuglement du peuple infidèle, il ne put accomplir aucun miracle à Capharnaüm (Mt VI, 5). Nous ne sommes donc pas dignes que ce père saint nous accorde sa faveur ou daigne nous consoler, lui qui avait coutume de faire plaisir aux disciples qu’il agréait. Pour des gens comme nous, le seul fait que nous puissions assister à sa solennité et nous réjouir de l’espérance de sa miséricorde, doit être considéré comme quelque chose de grand. Et pour lui, ce n’est pas une puissance ou une bonté moindre que s’il multipliait les miracles. Mais tandis que les signes cessent dans toute l’Eglise, il est nécessaire que soient manifestés quels sont ceux qui s’attachent à la foi universelle en raison des miracles présents en vue de la béatitude future. Ou plutôt, alors que le terrible jugement est déjà imminent, ce sont les séides de l’Antéchrist qui feront des signes pour tendre une embûche à ceux qui pèchent volontairement, comme il est écrit (Ezéch. III, 20). Cependant les vrais miracles ne manquent pas encore tout à fait, car, au sépulcre saint de ce Père, comme dans les autres lieux où l’on célèbre sa mémoire, nous n’ignorons pas qu’il s’en produit.
En fait, ceux qui cherchent des signes et qui pensent qu’un père saint, quel qu’il soit, est puissant ou impuissant selon la rareté ou la multiplicité des signes, ceux-là doivent prendre en considération ce reproche du Seigneur : « Cette génération mauvaise et adultère recherche un signe » (I Cor. II, 22) et il ne tait pas qu’ils sont « ennemis de Dieu » comme il le dit ailleurs (Rom. I, 30). Hérode désirait voir un signe de lui (Luc XXIII, 8) mais il ne fut même pas digne de recevoir une réponse de sa part. Par contre il a mis la foi du centurion au-dessus de celle de tout Israël (Mt. VIII, 13) car il n’a pas douté qu’une seule injonction serait suffisante pour la guérison de son serviteur. Pour ceux qui exigent que ces signes leur soient donnés de l’extérieur, leur tiédeur se refroidit complètement lorsqu’ils viennent à manquer. Que cette prérogative du bienheureux Père nous suffise donc : lui qui brille d’un tel éclat que les rayons émanent de son sein sur les sujets les plus éloignés de la chrétienté. Et la cohorte des moines répandus sur toute la terre n’ignorent pas ce fait sublime, eux qui s’attachent à cette sainte Institution de préférence à toutes les autres, à tel point en effet que même dans les monastères où des Pères ont édicté fidèlement et religieusement une norme de sainte vie, leurs sujets ont préféré celle-là. Ils pensent à juste titre que Dieu a prédestiné celui-ci comme un autre Moïse, pour établir les décrets de la loi monastique.
Il y en a d’autres, comme cela a été dit, qui ont été des législateurs dans cette même institution, mais il est dit à celui-ci comme à Moïse : « Je t’ai connu par ton nom ». Il a brillé dans cette discipline céleste d’un éclat paisible. En effet, avant Moïse les cérémonies sacrificielles et les rites de circoncision étaient déjà en vigueur et on en faisait un fréquent usage, néanmoins elles furent établies de façon particulière par Moïse (Exod. XXXV, 12 ; Gen. VIII, 20 ; Exod. XII, 3). De même donc, notre bienheureux législateur n’a pas à subir de préjudice de la part des autres pères qui ont détaillé les devoirs d’une sainte règle, mais ils viennent plutôt en approbateurs pour confirmer ce qu’il a établi,. Et ce n’est pas sans raison qu’il est comparé à Moïse lorsque l’un et l’autre accomplissent en grand nombre des choses merveilleuses presque semblables.[...]
Source : abbaye-saint-benoit.ch
La suite du sermon : ICI
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ami de la Miséricorde
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