René Girard ou l'art de rendre public son intimité par Castille 2011-11-16 09:50:34 |
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Babelio
Quand ces choses commenceront-- de René Girard
Quand ces choses commenceront-- de René Girard: Pour préparer son intervention, pour la rendre décisive, Jésus a besoin d'un peu de recueillement, il a besoin de gagner du temps, et il écrit dans la poussière avec son doigt. On se demande toujours ce qu'il a pu écrire. Cette question me paraît oiseuse. Il faut la laisser aux entichés de langage et d'écriture. Il ne faut pas toujours recommencer le moyen âge.
Ce n'est pas dans le dessein d'écrire que Jésus se penche, c'est parce qu'il s'est penché qu'il écrit. Il s'est penché pour ne pas regarder ceux qui le défient du regard. Si Jésus renvoyait ce regard, la foule se sentirait à son tour défiée, c'est son propre regard, c'est son propre défi qu'elle croirait reconnaître dans les yeux de Jésus. L'affrontement mènerait tout droit à la violence, c'est-à-dire à la mort de la victime qu'il s'agit de sauver. Jésus évite jusqu'à l'ombre d'une provocation.
Et enfin il parle : "Que celui qui se croit sans péché lui jette la première pierre !" Pourquoi la première pierre ? Parce qu'elle est seule décisive. Celui qui la jette n'a personne à imiter. Rien de plus facile que d'imiter un exemple déjà donné. Donner soi-même l'exemple est tout autre chose.
La foule est mimétiquement mobilisée, mais il lui reste un dernier seuil à franchir, celui de la violence réelle. Si quelqu'un jetait la première pierre, aussitôt les pierres pleuvraient<
La Route antique des hommes pervers : Dans les Evangiles, l'enseignement de Jésus et la Passion constituent donc le développement rigoureux d'une logique paradoxale. Tout ce qui rend un être divin aux yeux des hommes, le pouvoir de séduire ou de contraindre, l'aptitude à s'imposer irrésistiblement, Jésus n'en veut pas.
On dirait qu'il veut tout le contraire. En réalité, il ne désire pas l'échec mais ne s'y dérobera pas si seul ce moyen lui permet de rester fidèle au Logos du Dieu des victimes. Ce n'est pas le goût de l'échec qui secrètement le motive, mais la logique du Dieu des victimes qui le conduit infailliblement à la mort.( la suite sur Babelio)
Porc-épic !
Un de ses amis éditeurs a déclaré : "René Girard est un des derniers porcs-épics survivants. Le renard sait beaucoup de choses, mais le porc-épic sait une seule grande chose".

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