Providentiel. par Yves Daoudal 2011-10-15 12:21:07 |
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Oui, c'était pour montrer qu'il s'agissait d'un événement précis de l'Histoire et pas d'un mythe. Paradoxalement, cette mention eut l'effet contraire quand des historiens antichrétiens soulignèrent qu'il n'y avait aucune preuve de l'existence d'un quelconque Ponce Pilate... Mais en 1961 on a trouvé une inscription qui prouve l'existence de Ponce Pilate, et renforce donc la mention du Credo...
« Sub Pontio Pilato »
(Daoudal Hebdo N° 92)
Depuis 2000 ans, les chrétiens disent dans leur Credo que le Christ a souffert sa Passion « sous Ponce Pilate ». On n’y fait généralement pas attention, mais cette précision est insolite. En dehors de Jésus, Ponce Pilate est le seul homme dont il soit fait mention dans le Credo. Bien entendu, on comprend qu’il s’agit d’insister sur le fait historique : ce n’est pas une légende, ce n’est pas un mythe, cela s’est réellement produit, sous Ponce Pilate. Le problème est que ce Ponce Pilate est inconnu au bataillon. Et les polémistes antichrétiens s’en sont donné à cœur joie pour souligner que cette mention ne prouve rien, puisque l’histoire romaine ne parle pas d’un quelconque Ponce Pilate. D’ailleurs, on ne connaît qu’un seul personnage historique qui s’appelle Pontius : Lucius Pontius Aquila, ami de Cicéron, qui participa à l’assassinat de Jules César. Et aucun ne porte le surnom de Pilate. Et l’on ne nous dit même pas le prénom de ce fantomatique Pilate.
Tacite et Flavius Josèphe
Il y a pourtant une phrase de Tacite, disant que « le procurateur Ponce Pilate a fait subir le supplice au Christ », pendant le règne de Tibère. Mais c’est un témoignage isolé, écrit au temps où les chrétiens racontaient leur histoire, et qui contient en outre une erreur : Pilate n’était pas procurateur, car il n’y avait pas de procurateur en Judée à l’époque du Christ, mais un préfet.
Flavius Josèphe parle également d’un Pilate, mais pour raconter comment il se fit mal voir des Juifs et comment il réprima des émeutes, sans faire mention du Christ. Une fois il le qualifie de préfet, une autre fois de procurateur. Philon d’Alexandrie évoque aussi un procurateur Pilate.
Dans les Evangiles, on ne trouve qu’une fois le nom de « Ponce Pilate » : dans la première phrase de saint Luc, qui lui donne le titre très vague de hègémon, qui peut désigner toute sorte de chef. Dans le reste des évangiles, on parle de « Pilate », sans jamais lui donner son nom propre ni de titre, sauf saint Matthieu qui dit également « hègémon » la première fois qu’il en parle.
Ce qui est le plus important pour les historiens, surtout les historiens antichrétiens, est qu’il n’y avait aucune inscription attestant de l’existence de ce Pontius Pilatus, alors que les Romains étaient de vrais maniaques des inscriptions en tout genre : ils faisaient graver des stèles à tout propos. Si l’on n’a aucune inscription de ce nom étrange, c’est qu’il n’existe pas.
La découverte de Césarée
Or voici que des archéologues italiens, en juin 1961, ont fait une découverte extraordinaire en fouillant le théâtre de Césarée Maritime. La ville était la capitale romaine de la Judée. Et dans le théâtre, ils ont trouvé une stèle portant une inscription partiellement effacée :
(…)STIBERIÉUM
(PON)TIUS PILATVS
(PRAEF)ECTUS IUDA(EAE)
(…) Tibère, Ponce Pilate, Préfet de Judée.
Il y avait une quatrième ligne, dont il ne reste qu’un accent aigu.
Même s’il manque des lettres, aucun doute n’est permis. Il n’existe aucun autre « …tius Pilatus », et la mention même lacunaire de préfet de Judée garantit qu’il s’agit bien de Ponce Pilate. La pierre a été transportée au Musée d’Israël à Jérusalem, et une copie a été installée au lieu où on l’a trouvée.
S’il manque des lettres, c’est parce que la pierre a été martelée sur le côté gauche afin d’être réutilisée comme première marche d’un escalier des gradins à l’époque byzantine.
Une colonnade d’Aphrodisias, en Asie mineure, porte le nom de Tiberiéum (avec un accent sur le e, comme à Césarée). La dernière ligne peut être « FÉCIT » (a fait). L’inscription complète devait dire à peu près : « Pour les habitants de Césarée, un Tiberium, Ponce Pilate, préfet de Judée, a fait. »
Cette pierre est encore très peu connue. Et l’on voit encore des militants antichrétiens dauber sur ce Ponce Pilate qui n’existe pas. Il leur faut cacher l’existence de cette pierre. Car elle est la preuve formelle de l’authenticité des évangiles, une preuve que les apôtres avaient soigneusement consignée le Credo.
En outre, on constate que les évangiles ne donnent pas de titre à Pilate, sauf deux fois, et c’est un titre très vague de « chef », traduit par « gouverneur » dans la plupart des Bibles en français. Or il y a une raison précise à cette imprécision. C’est que sous Claude (41-54), le titre (et la fonction) de procurateur remplaça peu à peu celui de préfet. C’est pourquoi les évangélistes ne lui donnent pas le titre de procurateur, qu’il n’avait pas, et ne lui donnent pas non plus le titre de préfet, qui était devenu obsolète. Et c’est là une preuve, non seulement de l’authenticité des évangiles, mais du fait qu’ils ont été écrits très tôt. Car les évangélistes n’étaient pas des historiens, et s’ils avaient écrit plus tard, ils auraient dit tout naturellement « le procurateur Ponce Pilate », puisque tel était devenu le titre habituel des gouverneurs romains.
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