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Brouillon d'un article sur l'histoire du mouvement traditionnel
par marteo 2011-10-06 05:29:37
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Bonjour à tous,

je vous soumets très brièvement, car l'heure d'imprimer approche, mon article, à publier dans un magazine étudiant, l'idée étant qu'on peut dire des choses subtiles mais qu'il faut partir de zéro.
Inutile de me dire de le refaire du début, mais je vous prie, si vous avez un peu de temps à perdre, de me signaler mes erreurs les plus grosses, mes oublis les plus criants, et ainsi de suite.
Gardez à l'esprit que je ne peux pas faire plus long (je voudrait bien plutôt contracter au maximum), et merci !

Quant au titre, j'ai repris l'excellente expression de l'abbé Héry ; j'en cherche un autre, car je n'aime pas copier.
Il y a quelques éléments de mise en page qui ont "sauté" et que je n'ai pas le courage de rétablir.

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Non-lieu sur un schisme

Un demi-siècle de mouvement catholique traditionnel


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Encadré :

Concile Œcuménique : Assemblée de tous les évêques de l'Église catholique, chargée par le Pape de discuter et de trancher sur un ou plusieurs points de doctrine.
Dogme : Proposition considérée comme vraie et certaine par l'Église, issue de la Bible (comme la Résurrection) ou de la Tradition (comme l'Assomption de Marie).
Curie : Gouvernement de l'Église, composée de prélats romains, comportant différentes congrégations (ministères) : la Doctrine de la Foi, le culte divin, les causes des saints, les évêques...
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Le Concile Vatican II

Le Cardinal Roncalli, élu au siège de Pierre en octobre 1958 sous le nom de Jean XXIII, déclara dès le début de l'année 1959 son intention de convoquer un Concile Œcuménique*. Il lance à cette occasion l'idée de « mise à jour » de l'Église (en italien Aggiornamento), qui consisterait à « ouvrir largement les portes de l'Église, afin que nous puissions voir ce qui se passe à l'extérieur, et que le monde puisse voir ce qui se passe à l'intérieur de l'Église ».
Le Concile Vatican II devait également s'inscrire dans la continuité de son prédécesseur, Vatican I, qui avait été interrompu par la guerre de 1970, après avoir promulgué le dogme de l'Infaillibilité Pontificale, mais sans pouvoir traiter d'autres sujets qui lui avaient été proposés, comme par exemple celui de la liberté religieuse et des rapports de l'Église avec le Monde, deux thèmes qui seront des points d'achoppement de Vatican II.
Cependant, Jean XXIII, tout en rappelant cette filiation nécessaire entre les deux Conciles, insistera tout au long de son pontificat sur l'aspect avant tout pastoral de ce Concile, c'est-à-dire qu'il ne souhaite pas que les textes du Concile donnent un enseignement différent, sur le fond, de celui donné jusque-là ; il désire seulement que la forme de cet enseignement soit plus adaptée au monde moderne. « Il faut que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être respectée fidèlement, soit présentée de la façon qui répond aux exigences de notre époque. » (Jean XXIII, Discours d'ouverture). Le cardinal Ratzinger parlera plus tard de « rendre plus transparente l'expression de la foi ».

Cette imprécision dans les formes – le Pape donne au Concile des thèmes doctrinaux à discuter, tout en lui retirant le pouvoir d'établir des dogmes – passera inaperçue jusqu'à la fin de l'année 1962.
Près de 3000 évêques et religieux furent convoqués au Concile, et la participation oscillera entre 2100 et 2300, ce qui est énorme, et même unique dans l'histoire de l'Église. Des commissions, composées d'évêques spécialistes de leur sujet, et présidées par des cardinaux de la Curie, élaborèrent au cours des années 1960-1961 des textes (dits schémas) destinés à être approuvés rapidement par le futur Concile. Ces schémas, au nombre de 70 bientôt réduit à 17, étaient dans l'ensemble beaucoup plus prudents que les futurs textes conciliaires.
Fin 1962 se tient la première session du Concile. Les schémas sont tous rejetés, à la surprise générale, les Pères conciliaires estimant avoir le droit de constituer des commissions de réflexion hors de la Curie.

C'est maintenant, au milieu d'un grand désordre, où les évêques italiens s'opposent aux évêques étrangers, où tous les plans de Jean XXIII ont été mis à mal par la révolte des Pères conciliaires, que commence pour l'Église une double tragi-comédie : celle de son incorporation à la modernité, qui passera, ponctuellement, par les pires excès en matière de politique et de pastorale, par l'abandon du catéchisme et le refus systématique de tout ce qui n'est pas résolument moderne et transgressif ; et celle de l'émergence du courant traditionnel, qui sera l'occasion, dans l'ordre spirituel et aussi matériel, de la lutte aveugle d'un petit nombre de fidèles et de prêtres contre leur propre hiérarchie, pour une devise bien exprimée par Jean Madiran : « Rendez-nous l'Écriture, le catéchisme et la messe ».

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Encadré : Les sessions et l'application du Concile

1959 : Jean XXIII annonce la tenue d'un Concile Œcuménique.
1962 : Première session, rejet de tous les schémas pré-établis.
1963 : Deuxième session. Constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie, qui conserve le latin mais fait une plus large place à la langue locale.
1964 : Troisième session. Constitution Lumen gentium sur l'Église : affaire du subsistit in, définition de l'œcuménisme.
1965 : Quatrième session. Dei Verbum, sur la révélation, Gaudium et spes sur le rôle de l'Église dans le monde, le document le plus controversé, car il n'explique pas que l'Église se juge elle-même infaillible sur un certain nombre de points.
1965 toujours : rédaction expérimentale du nouveau Missel.
1966 : Retrait des anciens catéchismes, publication du « fonds obligatoire ».
1969 : Publication du nouveau Missel.
À partir de 1970 : Généralisation de la célébration selon le nouveau Missel.
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Mgr Lefebvre et le Concile

Effrayé par la tournure qu'a prise la première session du Concile, Mgr Marcel Lefebvre, un Père conciliaire d'importance, grand missionnaire et ancien archevêque de Dakar, fonde le Coetus Internationalis Patrum (Rassemblement International des Pères), qui sera un important groupe d'études au sein du Concile, et qui se donne pour mission de préserver, dans les futures déclarations de Vatican II, la doctrine proclamée par les Papes et les Conciles antérieurs.

En juin 1963 meurt le Pape Jean XXIII, et le Cardinal Montini, chef de file des réformistes lors de la première session, est élu sous le nom de Paul VI. Il réaffirme le caractère pastoral – et non doctrinal – du Concile.

Malgré l'opposition du Coetus, la majorité des textes adoptés lors de la deuxième et de la troisième session du Concile sont très influencés par l'aile progressiste des Pères conciliaires. Cependant, Mgr Lefebvre signera la quasi-totalité d'entre eux – les sources sont contradictoires quant à la constitution Lumen gentium – ce qui laisse à penser qu'il n'y avait pas vu d'hérésie manifeste.

Quatre pommes de discorde

- La liberté religieuse et l'œcuménisme : dans Dignitatis humanae, le Concile déclare que « la personne humaine a droit à la liberté religieuse ». Si on peut interpréter le texte en expliquant que chaque personne doit pouvoir librement chercher la vérité – en matière religieuse – sans se voir imposer de force une croyance, le Coetus souhaite que le même texte réaffirmât que toutes les religions ne se valent pas, afin d'empêcher qu'on justifie grâce à lui un relativisme complet qui irait à l'encontre de cette parole du Christ : « de toutes les nations faites des disciples ». De même, le Coetus craint que l'œcuménisme tel que le définit le Concile ouvre à relativiser le message du catholicisme face au protestantisme.
- La liturgie : si Sacrosanctum Concilium réaffirme la primauté du latin et du grégorien, il ouvre à une utilisation plus large de la langue du pays et d'autres formes de musique. Cependant, le texte reste très modéré, et le conflit liturgique n'éclatera que plus tard.
- Le subsistit in : dans Lumen gentium, le Concile dit que « l'unique Église du Christ subsiste dans l'Église catholique » (en latin « subsistit in ») au lieu de « … est l'Église catholique », qui était l'expression antérieure. Le Coetus déclare que cette formulation, loin de « clarifier l'expression de la foi », la rend plus confuse : on pourrait croire que l'Église catholique a une légitimité purement historique et accidentelle, et non organique.
- La collégialité : nulle part dans le Concile n'est mentionné cette notion, qui dit, en somme, que le Pape n'a de légitimité que parce qu'il est en communion avec les évêques (et de même pour un évêque et ses prêtres). L'idée de collégialité sous-tend en fait dès 1965 l'application du Concile, avec le renforcement du rôle des Conférences épiscopales. Le mouvement traditionnel se méfiera de la collégialité, car elle semble remettre en cause l'infaillibilité pontificale.

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Encadré : deux messes, deux rites ?

Comment désigner l'usage liturgique qui a eu cours, respectivement, avant et après le Concile Vatican II ?

On a souvent parlé de deux rites. L'expression est inexacte, car le nouvel usage se veut une évolution de l'ancien, et n'a pas pour but d'en être différent sur le fond. C'est pourquoi Benoît XVI parle de deux « formes », et moi avec lui: la « forme ordinaire », la nouvelle liturgie, et la « forme extraordinaire », l'ancienne, les mots « nouvelle » et « ancienne » étant eux-mêmes impropres puisque l'une n'a pas remplacé l'autre.
Au contraire, il existe dans l'Église catholique différents rites, orientaux – copte, arménien... – ou occidentaux – mozarabe en Espagne, ambrosien en Italie, cartusien chez les Chartreux, et, donc, le rite romain, en usage par défaut partout depuis le Concile de Trente (1570).
Pour référer à la forme extraordinaire, on parle de « Missel tridentin », « Missel de Saint Pie V », ou « Missel de 1962 » qui en est une édition révisée. On parle symétriquement de « Missel de Paul VI » ou « Missel de 1969 ».
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La querelle liturgique

Nous voilà arrivés à un très vaste sujet, qui pourrait faire l'objet de plusieurs numéros entiers de votre magazine préféré, et qui, depuis quarante ans que l'étudient des milliers de laïcs et de prêtres, est toujours loin de s'être épuisé : qu'est-ce qui a poussé le Consilium (commission) chargé d'établir le nouvel Ordo Missae à tant s'éloigner des recommandations de Sacrosanctum Concilium ? Qu'est-ce qui a poussé des évêques français, et à leur suite, les prêtres, à employer se nouveau Missel de la manière la plus détournée possible, à commettre, pendant la célébration de la nouvelle messe – l'expression, malheureuse, n'est pas de moi, mais d'eux – les pires abus, allant jusqu'à en faire un concert psychédélique ou un pique-nique champêtre ? Et qu'est-ce qui a poussé une poignée de prêtres et de fidèles à aller jusqu'à amoindrir leur fidélité à la hiérarchie de l'Église, par fidélité à sa Tradition ?
Les catholiques croient que la Messe, pendant laquelle est réalisée la présence, mystérieuse, mais bien réelle, et nullement symbolique, de Jésus dans l'Hostie consacrée, comporte un double aspect :
le renouvellement, non sanglant, du sacrifice de Jésus, innocent, qui meurt sur la Croix, pour racheter les péchés des hommes ;
la commémoration de la dernière Cène, dans la communion des fidèles.

En 1969, les cardinaux Ottaviani et Bacci envoient à Paul VI une brochure intitulée Bref examen critique du nouvel Ordo Missae, dans laquelle ils expliquent que le caractère sacrificiel de la Messe, qui s'adresse à Dieu, et qui explique pourquoi la messe était alors célébrée avec le prêtre dans le même sens que les fidèles, tourné vers Dieu, est largement occulté dans le nouveau Missel. D'autre part, ils prévoient, non sans raison, que la permissivité du Missel, et la multiplicité des possibilités offertes au célébrant, conduiront à des abus liturgiques graves.

Ainsi, la réduction de l'offertoire, l'introduction de nouvelles prières eucharistiques, la possibilité d'officier en français, face à l'assemblée, donnerait aux fidèles l'illusion que la Messe est dite uniquement afin qu'eux en tirent quelque chose, alors qu'il s'agit d'un acte gratuit que l'on fait d'abord pour Dieu, et qui, en conséquence, soutient les fidèles dans leur vie.
C'est la confusion que refusent ceux qui, comme Mgr Lefebvre, choisiront bientôt de conserver les usages antérieurs au Concile, jusque dans la clandestinité.

Les évêques français dans l'après-Concile

En novembre 1969, la Conférence épiscopale française (CEF), à qui, depuis le Concile, est dévolue un grand pouvoir de décision en matière de catéchèse, de liturgie et de pastorale en général, publie un décret qui oblige les prêtres qui l'utiliseraient encore à abandonner le Missel de 1962 au profit de celui de 1969, à compter du 1er janvier 1970.
Cette interdiction est dénoncée comme illégale par de nombreux prêtres français ; de fait, Benoît XVI l'invalidera en 2007 quand il déclarera que « le Missel de 1962 n'a jamais été abrogé ».
L'interdiction ainsi formulée s'appliquera aussi, dans les faits, au Petit Catéchisme pour enfants baptisés, qui avait cours dans toute les paroisses de France – ou peu s'en faut – et consistait en une liste de questions et de réponses, très scolaire et dialectique. Ce catéchisme ne sera pas remplacé : en 1966 un « fonds obligatoire » est publié par la CEF, qui laisse la liberté aux éditeurs de publier un catéchisme à l'usage des paroisses, en fixant des directives générales très progressistes ; de toutes les tentatives, la plus retentissante sera la publication de Pierres vivantes, dûment approuvée par la CEF, qui fera dire en 1983 au cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, que « ce fut une première et grave faute de supprimer le catéchisme ».
En 1976-1977, des fidèles de la Fraternité Saint-Pie-X (voir infra.), dénonçant comme illégale l'interdiction de 1970, demandent au cardinal-archevêque de Paris, Mgr François Marty l'ouverture d'un lieu de culte où l'on célébrerait selon le Missel de 1962. Rien n'y fait, et le 27 février 1977, ils occupent l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, dans le Vème arrondissement. D'autres occupations d'églises auront lieu, surtout en France, au cours de la même période. La plupart des situations seront régularisées rapidement (en concédant l'usage du missel tridentin, ou, à partir de 1988, en confiant les églises à des communautés Ecclesia Dei, voir infra.) mais dans le cas de Saint-Nicolas, c'est aujourd'hui le statu quo qui prime.

Les débuts de la Fraternité Saint-Pie-X

Le 1er novembre 1970, Mgr Lefebvre, entouré de nombreux prêtres partageant sa révolte vis-à-vis de l'orientation de l'Église depuis le début du Concile, fonde la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), qui se donne pour mission de perpétuer dans l'Église l'usage du Missel de Saint Pie V, le catéchisme classique – qui, selon lui, doit viser à enseigner les réalités que l'Église considère comme importantes pour comprendre la foi reçue par l'éducation et le baptême – et enfin, d'une manière générale, la Tradition de l'Église.
Il n'est pas inutile de garder ces buts initiaux à l'esprit, car aujourd'hui, où la forme extraordinaire est de nouveau acceptée, où le catéchisme traditionnel a de nouveau le droit d'exister, où la Tradition peut de nouveau être invoquée, beaucoup affirment que la Fraternité Saint-Pie-X n'a plus de raison de rester en dehors de l'Église, si ce n'est par politique ou par goût du conflit.
Mgr Lefebvre fonde donc un séminaire à Écône, en Valais (Suisse), qui est accepté par l'évêque local à titre expérimental. Cet évêque, Mgr Pierre Mamie, retire à la FSSPX son autorisation d'exister, en 1975, en raison des critiques répétées et virulentes de Mgr Lefebvre à l'égard du Concile. Le 22 juillet 1976, Paul VI frappe Mgr Lefebvre de suspense a divinis. Le 29, ce dernier célèbre à Lille une messe devant une assemblée de milliers de fidèles, pour manifester son intention de continuer la mission qu'il s'est donnée malgré les interdictions.
Dès lors, la FSSPX est, du point de vue de l'Église, illégale.
De 1976 à 1988, la FSSPX prendra de plus en plus ses distances avec l'Église de Rome, mais les opinions quant au statut de la FSSPX dans l'ordre spirituel et temporel sont variées et variables, même en son sein : beaucoup de ses membres affirmeront n'être pas réellement schismatiques, soit – un extrême – parce qu'ils estiment que les actes commis ne justifient pas un tel qualificatif, soit – un autre extrême – parce qu'ils considèrent l'Église « conciliaire » comme elle-même schismatique, ce qui impliquerait que les sanctions qu'elle prononce sont nulles. Mgr Lefebvre lui-même tiendra un tel discours, avant de longuement revenir dessus. Il critiquera vivement la rencontre interreligieuse d'Assise en 1986, affirmant que le Pape est « inspiré par le Diable ». Si une telle accusation peut paraître futile au premier abord, elle ne l'est pas pour cet évêque, qui – tout comme Jean-Paul II, qui était Pape depuis 1978 – croit à l'existence du Diable et sait sa puissance.


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Encadré : les sanctions dans l'Église.

La suspense : elle peut être générale, c'est-à-dire que le prêtre concerné n'a plus le droit d'excercer aucun ministère, ou a divinis : dans ce cas, le clerc frappé de suspense se voit seulement retirer toutes sa charge pastorale (de curé, de supérieur...)
L'interdit : une personne frappée d'interdit ne peut plus recevoir (licitement) les sacrements (communier, être ordonné prêtre, être baptisé ou confirmé, etc.)
L'excommunication : une personne est retirée, sur le plan juridique – donc pas forcément sur le plan spirituel – de l'Église. Une excommunication peut être latae sententiae, et dans ce cas elle a lieu « automatiquement » quand on pose un certain acte, sans procès – c'est le cas par exemple pour l'avortement.

Licéité et validité :

Un acte peut être licite ou illicite, selon que l'Église l'a autorisé ou non. Il peut également être valide ou invalide : s'il est valide, l'acte effectue bien ce pour quoi on l'a posé, mais pas s'il est invalide. Par exemple, des ordinations de prêtres dans la FSSPX sont illicites (puisque les évêques de la FSSPX n'ont pas le droit de célébrer une telle ordination) mais valides (car il suffit d'être évêque pour pouvoir conférer l'ordre).
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Les Sacres

La rupture de la FSSPX d'avec l'autorité romaine est totalement consommée lorsque Mgr Lefebvre, constatant que la mission qu'il a donnée à la FSSPX n'a pas encore été menée à bien, et se sentant vieillir, décide de consacrer quatre évêques pour assurer sa succession. En effet, dans l'Église catholique, seul un évêque peut ordonner les prêtres, les diacres, et donner la Confirmation. Or, pour conférer à un prêtre l'ordination épiscopale, il faut un mandat du Pape ; de plus, Jean-Paul II avait explicitement demandé à Mgr Lefebvre d'attendre une éventuelle autorisation avant de prendre sa décision.
Le 30 juin 1988, assisté de Mgr de Castro-Mayer, un évêque traditionaliste brésilien, à Écône. Mgr Lefebvre consacre, sans mandat pontifical, quatre évêques, tombant ainsi sous le coup d'une excommunication latae sententiae, qui sera confirmée par un décret de la congrégation pour les évêques.

Les communautés « Ecclesia Dei »

En réaction aux sacres, Jean-Paul II publie, presque immédiatement, le 2 juillet, le Motu Proprio (lettre) Ecclesia Dei – en fait Ecclesia Dei adflicta, « l'Église de Dieu est affligée ».
Dans ce document, il propose à tous les prêtres qui le souhaitent de former une ou plusieurs congrégations, dans lesquelles serait utilisé le Missel de 1962, et qui dépendraient d'une commission de la Curie et non d'un évêque. Ainsi se crée, le 18, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, rassemblant des prêtres de la FSSPX qui souhaitent éviter un schisme ; les moines de certaines abbayes sympathisantes de la FSSPX voient aussi leur situation régularisée.

Au fil du temps, plusieurs autres communautés attachées à la forme extraordinaire se créeront sous la juridiction de la commission Ecclesia Dei : la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, proche des idées sédévacantistes, dont seule la discrétion avait évité jusque là une suspense a divinis à ses membres, se rapproche ainsi de Rome ; l'Institut du Christ-Roi est créé en 1990, et l'Union Saint-Jean-Marie-Vianney, la congrégation fondée au Brésil par Mgr de Castro-Mayer, est régulariées en 2001.


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Encadré : les sédévacantistes

Il existe plusieurs petites communautés de fidèles, souvent regroupées autour d'un seul prêtre, qui affirment que les Papes, depuis Paul VI, ont proféré des hérésies, tout en les marquants du sceau de l'infaillibilité pontificale. Ils en déduisent que ces Papes ne le sont pas véritablement, et qu'il n'y a pas actuellement de vrai Pape (sede vacante, « le siège étant vide », fait référence au trône de Saint Pierre).
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Encadré : les chiffres

Les chiffres qui suivent sont des statistiques mondiales. Dans chaque cas, les fidèles français représentent entre 30% et 50% du total.

Catholiques : 1,1 milliard dont 40 millions en France
Fidèles attachés à la forme extraordinaire : entre 4 et 7 millions dans le monde.
dont communautés Ecclesia Dei : 2,5 millions
dont Fraternité Saint-Pie-X : 1 million
dont sédévacantistes : entre 50.000 et 200.000

Il faut y ajouter, depuis 2007, les fidèles qui assistent à des messes dans la forme extraordinaire célébrées par un prêtre diocésain (curé de paroisse), et qui peut s'évaluer à près de 100.000 en France, dont la majorité sont décomptés également parmi les fidèles de communautés Ecclesia Dei.
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Benoît XVI et l'herméneutique de la continuité

Dès le début de son pontificat, Benoît XVI déclare avec insistance qu'une interprétation authentique du Concile Vatican II ne peut se faire qu'à la lumière de la Tradition de l'Église, et en continuité avec cette dernière. L'herméneutique de la continuité, ainsi formulée, s'oppose à la politique de rupture avec l'avant-Vatican II qui a caractérisé la vie de l'Église – du moins en France et en Europe occidentale – les trente années précédentes.

Le 8 septembre 2006 est érigé l'Institut du Bon Pasteur, une congrégation soumise à la commission Ecclesia Dei, tout comme la Fraternité Saint-Pierre (voir plus haut), qui regroupe d'anciens prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X, ralliés à Rome, et qui se donne pour spécificité une « critique constructive du Concile Vatican II » tout en lui accordant à demi-mot le caractère d'infaillibilité. Le fait que la Curie ait accepté une telle critique fut une avancée sans précédent, et suscita un espoir qui ne fut pas déçu.

Le 7 juillet 2007 il publie le Motu Proprio Summorum Pontificum, dans lequel il déclare que « le Missel de 1962 n'a jamais été abrogé », donnant ainsi raison à tous ceux qui, depuis quarante ans, célébraient la Messe traditionnelle malgré l'interdiction du 1er janvier 1970, promulguée par la Conférence Épiscopale Française.

Benoît XVI aura à cœur de réintégrer la FSSPX dans la pleine communion de l'Église. Il fait mener par le cardinal Levada, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, un dialogue permanent, qui trouve jusqu'ici son achèvement dans la publication, le 14 septembre 2011, d'un communiqué commun avec la FSSPX, qui ouvre à une « légitime discussion » au sein de l'Église, sur l'interprétation des textes du Concile, et à la réintégration de la Fraternité Saint-Pie X courant 2012, sous la forme d'une prélature personnelle (à la manière de l'Opus Dei).

Non-lieu sur un schisme

Un regard en arrière sur ce demi-siècle de vie ecclésiale, dont les remous, bien qu'ils ne touchent réellement qu'une petite frange des catholiques, ont suscité le déchaînement de passions dans tous les camps, nous montre à quel point l'endurcissement de quelques-uns de part et d'autre ont conduit à un déchirement de l'unité de l'Église ; il nous montre aussi des figures de laïcs et d'ecclésiastiques qui n'ont pas hésité à vivre en parias pour l'amour de l'Église et à assumer jusqu'au bout leurs convictions, quel que soit le jugement qu'on peut porter sur leurs choix.

     

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 Brouillon d'un article sur l'histoire du mouvement traditionnel par marteo  (2011-10-06 05:29:37)
      J'ai déjà corrigé... par marteo  (2011-10-06 05:51:54)
      Je ne vois aucun schisme, par Castille  (2011-10-06 10:48:38)
          Il n'y en a pas... par marteo  (2011-10-06 10:54:24)
      Je me serai laissé aller par Castille  (2011-10-06 11:26:24)
          "Ouais" par marteo  (2011-10-06 11:37:13)
      Toujours la même erreur par Ion  (2011-10-06 11:59:54)
          J'en prends bonne note par marteo  (2011-10-06 12:07:09)
          Herméneutique de la réforme par Babakoto  (2011-10-06 13:13:59)


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