Le vice, c'est tout bénéfice. par Scrutator Sapientiæ 2011-09-25 21:09:35 |
|
Imprimer |
Bonsoir Richard P,
I. Merci beaucoup pour cette information ; il est certain qu'il est plus facile de légaliser les drogues douces que de chercher, avec effet utile, à créer les conditions législatives et réglementaires, éducatives, économiques, fiscales et sociales, un peu plus propices à l'embauche des jeunes, y compris des jeunes diplômés, sur le marché du travail.
Les deux aspects sont liés ; un jeune adulte, qui est au chômage mais qui est diplômé, et qui est, en particulier, diplômé de l'enseignement supérieur, est d'autant plus "neutralisable", sous les angles économique et politique, s'il devient toxicomane.
Entièrement obnubilé par la drogue qu'il prend, quand il en trouve et tant qu'il en trouve, il ne risque pas de chercher à connaître les raisons pour lesquelles il est passé du miroir aux alouettes à l'abattoir aux illusions, ni à connaître les moyens par lesquels il pourrait s'en sortir, se remettre à construire et à espérer.
En outre, toute personne qui se drogue court le risque, à la fois de ne plus connaître que d'autres drogués, et, en même temps, de s'isoler de plus en plus, ce qui nuit quelque peu à l'activation ou à l'exercice de ses capacités de mobilisation et d'organisation collectives, voire de contestation politique du système
- qui a fait semblant d'avoir besoin et envie de la former pour l'embaucher,
mais
- qui ne fait pas semblant de ne pas avoir besoin ni envie de l'employer.
II. Plus les jeunes, que ce soit les adolescents ou les pré-adultes, se drogueront, pour ainsi dire, d'une manière militante et volontaire,
- parce que se droguer, c'est super, c'est sympa, c'est la bonne mouvance ou la bonne tendance, on s'éclate tous et on oublie tout,
- parce que ne pas se droguer, c'est bon pour les "coincés", les "relous", les "ringards", les "vieux jeu",
et plus ils consentiront à leur propre servitude volontaire, à défaut de s'en satisfaire, en réalité.
III. Deux autres aspects doivent être soulevés :
1. la dépénalisation permettrait de ne plus faire poursuivre ni faire condamner les trafiquants, or, faire poursuivre et faire condamner les trafiquants, cela coûte de l'argent et cela coûte du temps, et en plus c'est dangereux : c'est notamment pour cette raison (le coût économique, le coût psychologique, la dangerosité) que l'on fait semblant, presque partout dans le monde, de lutter contre ce fléau, qui endette bien des personnes puis endeuille bien des familles.
2. la légalisation, c'est l'antichambre de la fiscalisation, or, l'Etat a besoin d'argent, et l'argent n'a pas d'odeur ; donc, il y a une efficacité et un opportunité fiscales à ne pas négliger, comme dans le cas de l'alcool et du tabac. Je ne crois pas affabuler ni exagérer, en tout cas cette hypothèse est à envisager.
IV. Il demeure un problème, sous l'angle de la santé publique ; comment avez-vous dit, braves gens ? La santé publique ? La santé "publique" ? La santé PUBLIQUE ? Informez-vous, observez tout, écoutez, regardez, réfléchissez : sauf sursaut démocratique, avant la fin de la présente décennie, la santé publique aura été, pour l'essentiel, privatisée...
Bonne fin de dimanche et bon début de semaine et à bientôt.
Scrutator.
PS : Ceux qui dirigent ceux qui nous gouvernent, appelons-les, pour aller vite, les "banksters", sont convaincus, pour avoir "lu" Malthus et Darwin, d'une part, que nous sommes trop nombreux, d'autre part, que les forts méritent tout ce dont ils ont envie, et que les faibles ne méritent rien de ce dont ils ont besoin.
A partir de là, plus ceux qui ne font pas partie des classes supérieures s'affaibliront, ou seront affaiblis, dans leur corps, dans leur esprit, et dans leur âme, et moins ils auront en eux d'attention, de courage, d'énergie, de fermeté, d'intelligence, de volonté, de patience, de prudence, de sagesse, de tendresse, de maîtrise d'eux-mêmes et de respect d'autrui, toutes qualités toujours nécessaires et souvent salutaires pour se renforcer, mais aussi pour bien recevoir et bien transmettre la vie, y compris la vie de l'esprit.
Le combat dont nous sommes souvent témoins, parfois acteurs, et dont beaucoup sont victimes, n'est pas seulement un combat, orchestré et planifié, contre la vérité objective, c'est aussi un combat contre la liberté responsable : car enfin, une drogue, légalisée ou non, d'une part, fait du mal en donnant l'impression ou l'illusion de faire du bien, d'autre part, asservit celui qui la consomme, même quand il dit pouvoir en prendre (Et pouvoir s'arrêter quand il veut ? Tu parles !) parce qu'il s'est "libéré" vis-à-vis de "préjugés" réservés aux "arriérés".
Si cela continue, la régression jusqu'au stade du zombie sera bientôt comparable à une cerise, située au sommet du gâteau du progrès de l'humanité...
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|