«Que signifie la femme courbée, sinon la nature humaine?» (Samedi des Quatre-Temps) par Alexandre 2011-09-23 22:01:07 |
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Évangéliaire copte, bibliothèque de Fels, Paris
Samedi 24 Septembre 2011
SAMEDI DES QUATRE-TEMPS DE SEPTEMBRE
Lecture du saint Évangile selon saint Luc
(ch. XIII, 6-17. Version du <i>Lectionnaire</i> de 1964-65)
<i>Leçon i</i>
En ce temps-là, Jésus dit aux foules cette parabole:
«Un homme avait planté dans sa vigne un figuier.
Il vint y chercher du fruit et n’en trouva pas.
Il dit au vigneron:
“Voilà trois ans que je viens chercher des fruits sur ce figuier,
et je n’en trouve pas.
Coupe-le. Pourquoi donc encombre-t-il le sol?”
Le vigneron répondit:
“Maître, laisse-le cette année encore,
le temps que je bêche tout autour,
et que j’y mette du fumier;
peut-être donnera-t-il des fruits l’an prochain.
Sinon, tu le couperas.”»
Jésus enseignait dans une synagogue un jour du sabbat.
Il y avait là une femme possédée depuis dix-huit ans
par un esprit qui la rendait infirme:
elle était courbée et ne pouvait absolument pas se redresser.
Dès qu’il la vit, Jésus l’appela et lui dit:
«Femme, tu es délivrée de ton infirmité.»
Puis il lui imposa les mains,
et à l’instant même, elle se redressa et rendit gloire à Dieu.
Le chef de la synagogue,
indigné de ce que Jésus ait fait une guérison le jour du sabbat,
prit la parole et dit à la foule:
«Il y a six jours pour travailler.
Venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non le jour du sabbat!»
Le Seigneur lui répliqua:
– «Hypocrites! est-ce que chacun de vous, le jour du sabbat,
ne délie-t-il pas de l’étable son bœuf ou son âne
pour le mener boire?
Et cette fille d’Abraham,
que Satan a liée voici dix-huit ans,
il ne faudrait pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat?»
Comme il disait cela,
tous ses adversaires étaient remplis de confusion,
et toute la foule était dans la joie
de toutes les merveilles qu’il accomplissait.
Homélie de saint Grégoire, pape
(Homélie sur les évangiles 31, 1-3.
Texte latin et autre traduction: SC 522, 254-257)
Notre Seigneur et Rédempteur, dans son Évangile, s’adresse à nous tantôt par des paroles, tantôt par des faits; quelquefois il parle d’une façon en paroles, d’une autre, en actions; parfois il exprime la même chose en paroles qu’en actions. Vous avez en effet, mes frères, entendu parler de deux choses dans la lecture de l’Évangile: d’un figuier stérile, et d’une femme courbée: au sujet de l’un et de l’autre, notre piété doit s’exercer. Le Sauveur cite le figuier en forme de comparaison, il guérit la femme par un miracle visible aux yeux. Mais le figuier stérile signifie la même chose que la femme courbée, et le figuier qui obtient un délai la même chose que la femme redressée.
<i>Leçon ii</i>
Que signifie le figuier, sinon la nature humaine? Que signifie, que montre la femme courbée, si ce n’est la même nature? Cette nature a été, et bien plantée comme le figuier, et bien créée comme la femme : mais tombée de son plein gré dans la faute, .elle ne conserve pas le fruit des soins de son maître ni l’état de rectitude. Se jetant en effet vers le péché de sa volonté, elle a perdu la droiture parce qu’elle n’a pas voulu porter les fruits de l’obéissance. Elle, créée à l’image de Dieu, en ne persistant pas dans sa dignité, a dédaigné de conserver l’état dans lequel elle avait été plantée ou créée. C’est pour la troisième fois que le maître de la vigne vient au figuier, parce qu’il a recherché le genre humain avant la loi, sous la loi, sous le règne de la grâce : en l’attendant, en l’avertissant, en le visitant.
<i>Leçon iii</i>
Il est venu avant la loi, parce que chacun, par son intelligence naturelle, a appris comment il devait agir à l’égard de son prochain. Il est venu sous la loi, parce qu’il a enseigné par des préceptes. Il est venu après la loi, par la grâce, parce qu’il a montré, en la faisant paraître, la présence de sa bonté. Et cependant il se plaint de n’avoir pas, en trois ans, trouvé de fruit, parce que la loi naturelle, qui nous est innée, ne corrige pas les esprits de certains hommes pervers, que les préceptes ne les instruisent pas, que les miracles de son incarnation ne les convertissent pas. Qu’est-ce qui est signifié par celui qui cultive la vigne, sinon l’ordre des supérieurs ? Eux qui, en dirigeant l’Église, s’occupent assurément de la vigne du Seigneur.
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