20 Septembre: s. Eustache (Bréviaire romain) par Alexandre 2011-09-20 04:18:26 |
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Le 20 Septembre
<b>S. EUSTACHE ET SES COMPAGNONS, MARTYRS
Deuxième nocturne</b>
Leçon iv</i>
Eustache, qui portait aussi le nom de Placide, et que sa naissance, ses richesses et sa gloire militaire distinguaient parmi les Romains, mérita, sous l’empereur Trajan, le titre de maître de la milice. Un jour que, se livrant à l’exercice de la chasse, il poursuivait un cerf d’une taille prodigieuse qui fuyait devant lui, cet animal s’arrêta tout à coup et Eustache put voir, entre ses bois, une image grandiose et resplendissante de notre Seigneur Jésus-Christ attaché en croix. Sur l’invitation que le Sauveur lui fit entendre de prendre pour but de ses poursuites la vie immortelle, il s’enrôla dans la milice chrétienne avec son épouse Théopista, et leurs deux enfants en bas âge, Agapit et Théopiste.
<i>Leçon v</i>
Étant retourné bientôt, comme le Seigneur le lui avait ordonné, au lieu même où la vision s’était produite, il l’entendit lui prédire tout ce qu’il aurait à supporter dans la suite pour sa gloire. Peu après il souffrit avec une patience admirable d’incroyables calamités, et se vit bientôt réduit à la plus profonde misère. Obligé de fuir en secret, il se vit enlever dans la suite, son épouse d’abord, puis ses enfants, malheureusement arrachés à son affection. Le cœur déchiré par tant d’épreuves.il demeura longtemps caché dans une région lointaine, cultivant la terre, jusqu’à ce que, réconforté par une voix céleste et repris par Trajan pour une nouvelle guerre, il fût de nouveau placé à la tête des troupes.
<i>Leçon vi</i>
Durant l’expédition qu’il dirigea, il eut la joie inespérée de recouvrer ses enfants et son épouse. Vainqueur, il entra dans Rome au milieu des acclamations de tous. Mais peu après, ayant reçu l’ordre de sacrifier aux faux dieux pour les remercier de sa victoire, il s’y refusa énergiquement. En vain essaya-t-on par divers moyens de lui faire renier la foi du Christ. On l’exposa aux lions avec sa femme et ses enfants ; la douceur que ces animaux montrèrent à leur égard ayant irrité l’Empereur, celui-ci ordonna d’enfermer les saints Confesseurs dans un taureau d’airain, rougi par le feu qui brûlait au-dessous. Consommant ainsi leur martyre et chantant les louanges divines, ils s’envolèrent vers la félicité éternelle, le douze des calendes d’octobre. Leurs corps, retrouvés intacts, furent religieusement ensevelis par les fidèles, puis transférés avec honneur dans l’église édifiée sous leur vocable.
<b><i>Troisième nocturne</i></b>
<b>Lecture du saint Évangile selon saint Luc</b> (ch. VI, 17-23. Trad. de L.-Cl. Fillion pss)
<i>Leçon vii</i>
En ce temps-là, Jésus descendit de la montagne et s’arrêta dans une plaine, avec la troupe de ses disciples et une grande multitude de peuple de toute la Judée, et de Jérusalem, et de la contrée maritime, et de Tyr, et de Sidon; ils étaient venus pour l’entendre et pour être guéris de leurs maladies. Et ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs étaient guéris. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une vertu sortait de lui et les guérissait tous. Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait: «Bienheureux, vous qui êtes pauvres, parce que le royaume de Dieu est à vous. Bienheureux, vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez rassasiés. Bienheureux, vous qui pleurez maintenant, parce que vous rirez. Bienheurex serez-vous lorsque les hommes vous haïront, et vous repousseront, et vous outrageront, et lorsqu’ils rejetteront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. Réjouissez-vous en ce jour-là et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense est grande dans le Ciel; car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.»
<b>Homélie de saint Ambroise, évêque</b> (<i>Sur Luc</i> l. V, ch. 6, nn. 46.49. Texte latin et autre trad.: <i>SC</i> 45bis, 200.201)
Observez tout avec diligence, et notamment comme quoi notre Seigneur monte avec les Apôtres et descend vers les foules. Comment la multitude eût-elle vu Jésus-Christ, si Jésus-Christ [ne fût venu pour elle] dans un lieu bas? Elle ne le suit point sur les hauteurs, elle ne s’élève point jusqu’aux cimes. Ainsi dès que notre Seigneur descend, il trouve des infirmes; ceux-ci ne peuvent demeurer sur les hauteurs, et de là vient que saint Matthieu nous apprend aussi que les malades ont été guéris dans des lieux peu élevés. Il faut d’abord que chacun d’eux soit guéri, afin que peu à peu, et dans la mesure du progrès de ses forces, il puisse gravir la montagne. Notre Seigneur les guérit tous dans un lieu très bas, c’est-à-dire qu’il retire [le pécheur de l’abîme] de ses passions et remédie à son aveuglement. Il s’abaisse jusqu’à nos plaies, afin qu’en nous rapprochant en quelque sorte et nous enrichissant de sa nature divine, il nous rende participants de son céleste royaume.
<i>Leçon viii</i>
«Bienheureux êtes-vous, ô pauvres! parce qu’à vous appartient le royaume de Dieu». Saint Luc ne mentionne que quatre béatitudes, tandis que saint Matthieu en énumère huit, mais dans les huit sont comprises les quatre, et ces quatre renferment les huit. Saint Luc a tout ramené aux quatre vertus cardinales; saint Matthieu en citant huit béatitudes, nous a dévoilé un nombre mystique. Beaucoup de Psaumes, en effet, sont intitulés ainsi: Pour les huit ou l’Octave (Pro octava) ; et vous recevez le commandement de vous mettre en état de participer en quelque manière à ces huit bénédictions. Comme l’octave, ou le nombre huit, exprime l’accomplissement parfait de notre espérance, il exprime de même la plénitude des vertus.
Pour la vigile de saint Matthieu :
<b>Lecture du saint Évangile selon saint Luc</b> (ch. V, 27-32. Trad. de L.-Cl. Fillion pss)
<i>Leçon ix</i>
En ce temps-là: Jésus vit un publicain nommé Lévi, assis au bureau des impôts, et il lui dit: «Suis-moi». Et laissant tout, il se leva et le suivit. Lévi lui fit un grand festin dans sa maison, et il y avait une foule nombreuse de publicains et d’autres personnes qui étaient à table avec eux. Mais les pharisiens et leurs scribes murmuraient, et disaient à ses disciples: «Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs?» Et Jésus, prenant la parole, leur dit: «Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, à la pénitence.»
<b>Homélie de saint Ambroise, évêque</b> (<i>Sur Luc</i> l. V, ch. 5, n. 16. Texte latin et autre trad. française : <i>SC</i> 45bis, 188-189)
Elle est tout mystère, cette vocation du publicain que Jésus invite à le suivre, moins par la marche du corps que par le mouvement de l’âme. Ainsi cet homme, dont l’avarice et la dureté faisaient auparavant tourner à son profit le salaire des mercenaires, la peine et le danger des matelots, cet homme, appelé d’une seule parole, abandonne son propre bien, lui qui ravissait le bien d’autrui; et quittant ce misérable bureau où on le voyait assis, il marche, du pas ferme de sa volonté, à la suite du Seigneur, et même il se met en frais pour lui préparer un grand festin. C’est ainsi que celui qui reçoit le Christ dans la maison spirituelle de son cœur est nourri de ce qu’il y a de plus délicat et pleinement rassasié de délices.
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