29 Août: Décollation de s. Jean-Baptiste (Bréviaire) par Alexandre 2011-08-28 21:22:26 |
|
Imprimer |
<img src="http://nsa28.casimages.com/img/2011/08/28/110828092716360866.jpg">
Décollation de saint Jean-Baptiste, par le Caravage (Co-cathédrale St-Jean, La Valette, Malte)
Le 29 août
<b>DÉCOLLATION DE S. JEAN-BAPTISTE</b>
I. BRÉVIAIRE ROMAIN (1568-1960)
<i><b>Premier Nocturne</i></b>
<i>Lectures de l’Écriture courante, soit, cette année, celles du Lundi de la 5° semaine d’Août [selon le compte en vigueur jusqu’en 1960]:</i>
<b>Du livre de l’Écclésiastique</b> (ch. VII; traduction de L.-Cl. Fillion pss)
<i>Leçon i</i>
(vv. 1-5) Ne fais pas le mal, et les maux ne te surprendront pas. Éloigne-toi de ce qui est injuste, et les maux s'éloigneront de toi. Mon fils, ne sème pas les maux dans les sillons de l'injustice, et tu n'en récolteras pas sept fois autant. Ne demande point au Seigneur de conduire les autres, ni au roi une chaire d'honneur. Ne te justifie pas devant Dieu, parce qu'il connaît le fond du cœur, et n'affecte pas de paraître sage devant le roi.
<i>Leçon ii</i>
(vv. 6-10) Ne cherche pas à devenir juge, si tu n'as pas assez de force pour briser l'iniquité, de peur que tu ne sois intimidé à la vue du puissant, et que tu ne mettes ton intégrité en péril. N'offense pas toute la multitude d'une cité, et ne te jette pas dans la foule; et ne serre pas deux fois le nœud du péché, car même pour un seul tu ne demeureras pas impuni. Ne sois pas pusillanime dans ton cœur; ne néglige pas de prier et de faire l'aumône.
<i>Leçon iii</i>
(vv. 11-15) Ne dis pas: Dieu regardera la multitude de mes présents, et lorsque j'offrirai mes dons au Dieu très haut, il les recevra. Ne te moque pas de l'homme dont l'âme est dans l'amertume; car il y a un Dieu qui voit tout, et c'est iui qui humilie et qui élève. Ne trame pas de mensonges contre ton frère, et ne le fais pas non plus contre ton ami. Prends garde de commettre aucun mensonge; car ce n'est pas une habitude qui soit bonne. Ne sois point un grand discoureur dans l'assemblée des vieillards, et ne répète pas la parole dans tes prières.
<b><i>Deuxième Nocturne</i></b>
<b>Du livre de saint Ambroise, évêque, sur <i>Les Vierges</i></b> (3, 6, nn. 26. 29-30; texte latin: <i>PL</i> 16, 227-229)
<i>Leçon iv</i>
Il ne faut pas effleurer légèrement un sujet tel que la mémoire du bienheureux Jean-Baptiste; aussi devons-nous considérer ce qu’il était, quels furent ses bourreaux, pourquoi, quand et comment il a été martyrisé. C’est un juste qui est mis à mort, par des adultères; et la peine capitale qu’ils méritent, ils la font subir à celui qui devrait être leur juge. Et puis la mort d’un Prophète devient la récompense et le salaire d’une danseuse. Enfin, ce que tous les barbares eux-mêmes ont communément en horreur, c’est à table, au milieu d’un banquet, qu’on prononce l’arrêt cruel qui devra s’exécuter. Et on apporte de la prison à la salle du festin l’objet de l’exécution impie qui a suivi ce fatal commandement. Que de crimes dans une seule action!
<i>Leçon v</i>
A voir ainsi un émissaire se lever de table et courir à la prison, qui n’aurait pas cru à l’élargissement du Prophète? Qui, en apprenant que c’est le jour de la naissance d’Hérode, qu’il y a grand festin, et qu’on a donné à une fille la liberté de demander tout ce qu’elle voudra, qui donc, dis-je, ne s’imaginerait qu’on n’enverra délivrer Jean de ses fers? Quel rapport y a-t-il entre la cruauté et les délices? entre le meurtre et la volupté ? Le Prophète subira sa peine pendant un festin, et en vertu d’une sentence portée au milieu du festin, sentence qu’il eût repoussée, même pour être mis en liberté. On lui tranche la tête, et on l’apporte dans un plat. Un tel mets convenait à la cruauté, et pouvait satisfaire une férocité difficile à assouvir.
<i>Leçon vi</i>
O le plus odieux des rois, considère ce spectacle digne de ton banquet, et afin que rien ne manque à ta satisfaction inhumaine, étends la main pour que ce sang sacré ruisselle entre tes doigts. Et puisque ta faim n’a pu être rassasiée par les viandes, puisque les coupes n’ont pu éteindre la soif de cruauté qui te dévore, vois ce sang qui, bouillonnant encore, s’échappe des veines de cette tête que tu as fait tomber. Vois ces yeux qui, jusque dans le trépas, sont les témoins de ton crime, et qui se refusent à contempler tes plaisirs. Ce n’est pas tant la mort qui ferme ces yeux, que l’horreur de tes débauches. Cette bouche éloquente dont tu redoutais la censure, toute pâle et muette qu’elle est, te fait encore trembler.
<b><i>Troisième Nocturne</i></b>
<b>Lecture du saint Évangile selon saint Marc</b> (6, 17-29)
<i>Leçon vii</i>
En ce temps-là, Hérode avait fait arrêter Jean et l’avait enchaîné en prison à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, parce qu’il l’avait épousée. Car Jean disait à Hérode: «Il ne t’est pas permis de garder la femme de ton frère.» Hérodiade le détestait et elle aurait voulu le faire mourir; mais elle ne le pouvait pas, car Hérode craignait Jean, sachant qu’il était un homme juste et saint, et il le protégeait. Après l’avoir entendu, il était dans l’embarras; cependant il l’écoutait volontiers. Le jour favorable arriva lorsque Hérode, pour son anniversaire, offrit un banquet à ses dignitaires, à ses officiers et aux notables de Galilée. La fille d’Hérodiade entra, et dansa, et elle plut à Hérode et aux convives. Le roi dit à la jeune fille: «Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai.» Et il lui promit avec serment: «Tout ce que tu me demanderas je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume!» Elle sortit et dit à sa mère: «Qu’est-ce que je vais demander?» Celle-ci répondit: «La tête de Jean Baptiste!» Alors, rentrant bien vite auprès du roi, elle lui demanda: «Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean Baptiste.» Le roi fut consterné, mais, à cause de ses serments et des convives, il ne voulut pas lui dire non. Et aussitôt, le roi envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla le décapiter dans la prison, et il apporta la tête sur un plat. Il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Quand les disciples de Jean apprirent cela, ils vinrent prendre le corps et le mirent au tombeau.
<b>Homélie de saint Augustin, évêque</b> (<i>Sermon</i> 307, 1: <i>PL</i> 38, 1406)
La lecture du saint Évangile nous a mis sous les yeux un spectacle sanglant: la tête de saint Jean-Baptiste dans un plat, envoi lugubre fait par la cruauté, en haine de la vérité. Une jeune fille danse, sa mère assouvit sa fureur, et, au milieu des joies dissolues et des délices d’un banquet, un roi fait un serment téméraire et exécute ce serment impie. Ainsi s’accomplit en la personne de Jean ce que lui-même avait prédit. Il avait dit, en parlant de notre Seigneur Jésus-Christ: «Il faut qu’il croisse et que je diminue» (<i>Jn</i> 3,30). Jean a été diminué parce qu’on lui trancha la tête, et le Sauveur a grandi parce qu’il a été élevé en la croix. La vérité a fait naître la haine. Les avertissements du saint homme de Dieu n’ont pu être supportés sans irritation par ceux dont il cherchait le salut. Ils lui ont rendu le mal pour le bien.
<i>Leçon viii</i>
Que dirait il, en effet, sinon ce dont il a l’âme remplie? Et que répondraient-ils, sinon ce dont leur cœur est plein? Lui, il a semé le bon grain, mais il n’a trouvé que des épines. Il disait au roi: «Il ne vous est pas permis d’avoir la femme de votre frère.»
<i>Leçon ix</i>
Car ce prince, esclave de sa passion, gardait chez lui, illégitimement, la femme de son frère; toutefois son estime pour Jean l’empêchait de sévir contre lui. Il honorait celui qui lui faisait entendre la vérité. Mais une abominable créature avait conçu une haine secrète, qu’elle devait mettre au jour le moment venu; ce qu’elle fit au moyen de sa fille, une fille danseuse.
II. BRÉVIAIRE ROMAIN (1961-1970)
<b><i>Au Nocturne</i></b>
Lectures 1 et 2 de l’Écriture courante, soit, cette année, celles du Lundi de la 4° semaine d’Août [selon le compte en vigueur à partir de 1961]:
<b>Du livre de l’Écclésiastique</b> (ch. I; traduction de L.-Cl. Fillion pss)
<i>Leçon i</i>
(vv. 22-26) La crainte du Seigneur est la couronne de la sagesse; elle donne la plénitude de la paix et les fruits du salut. Elle voit la sagesse, et elle la mesure; l'une et l'autre est un don de Dieu. La sagesse répand la science et la lumière de la prudence, et elle exalte la gloire de ceux qui lui sont attachés. La crainte du Seigneur est la racine de la sagesse, et ses rameaux sont de longue durée. L'intelligence et la piété de la science sont dans les trésors de la sagesse; mais la sagesse est en exécration aux pécheurs.
<i>Leçon ii</i>
(vv. 27-40) La crainte du Seigneur chasse le péché; car celui qui est sans crainte ne pourra devenir juste, parce que la violence de sa colère produira sa ruine. L'homme patient attendra jusqu'au temps marqué, et ensuite la joie lui sera rendue. L'homme de bon sens cachera ses paroles pour un temps, et des lèvres nombreuses publieront sa prudence. Dans les trésors de la sagesse sont les règles de la science; mais le culte de Dieu est en exécration au pécheur. Mon fils, si tu désires la sagesse, conserve la justice, et Dieu te la donnera. Car la crainte du Seigneur est la sagesse et la science, et ce qui lui est agréable, c'est la foi et la douceur, et il comblera les trésors de celui qui les possède. Ne sois pas rebelle à la crainte du Seigneur, et ne t'approche pas de lui avec un cœur double. Ne sois pas hypocrite devant les hommes, et que tes lèvres ne te soient pas un sujet de chute. Sois-y attentif, de peur que tu ne tombes, et que tu ne déshonores ton âme, et que Dieu ne révèle ce que tu caches, et qu'il ne te brise au milieu de l'assemblée, pour t'être approché du Seigneur avec malice, et pour avoir eu le cœur plein de ruse et de tromperie.
<b>Du livre de saint Ambroise, évêque, sur <i>Les Vierges</i></b> (3, 6, n. 26; texte latin: <i>PL</i> 16, 227D-228A)
<i>Leçon iii</i>
Il ne faut pas effleurer légèrement un sujet tel que la mémoire du bienheureux Jean-Baptiste; aussi devons-nous considérer ce qu’il était, quels furent ses bourreaux, pourquoi, quand et comment il a été martyrisé. C’est un juste qui est mis à mort, par des adultères; et la peine capitale qu’ils méritent, ils la font subir à celui qui devrait être leur juge. Et puis la mort d’un Prophète devient la récompense et le salaire d’une danseuse. Enfin, ce que tous les barbares eux-mêmes ont communément en horreur, c’est à table, au milieu d’un banquet, qu’on prononce l’arrêt cruel qui devra s’exécuter. Et on apporte de la prison à la salle du festin l’objet de l’exécution impie qui a suivi ce fatal commandement. Que de crimes dans une seule action!

Salomé porte la tête de saint Jean-Baptiste, par le Caravage (Madrid, palais royal)
<b>III. LITURGIA HORARUM (1971)</b>
Hymne des vêpres (s. Bède le Vénérable, † 735)
Præcéssor almus grátiæ
et veritátis ángelus,
lucérna Christi et pérpetis
evangelísta lúminis,
<i>Saint précurseur de la grâce,
ange de la vérité,
flambeau du Christ
et messager de la lumière éternelle.</i>
Prophetíæ præcónia,
quæ voce, vita et áctibus
cantáverat, hæc ástruit
mortis sacræ signáculo.
<i>L’annonce prophétique que chantait sa voix,
sa vie et ses actions,
il l’a confirmée
par le sceau d’une sainte mort.</i>
Nam nascitúrum sǽculis,
nascéndo quem prævénerat,
sed et datórem próprii
monstráverat baptísmatis,
<i>Car celui qui allait naître pour le monde
celui qu’il avait précédé par sa naissance
et désigné comme l’initiateur
d’un nouveau baptême.</i>
Huiúsce mortem innóxiam,
qua vita mundo est réddita,
signat sui præságio
Baptísta martyr sánguinis.
<i>Le Baptiste martyr en préfigure
la mort innocente qui rendit
la vie au monde,
par le signe de son sang.</i>
Præsta, Pater piíssime,
sequi Ioánnis sémitas,
metámus ut pleníssime
ætérna Christi múnera. Amen.
<i>Donne-nous, Père très bon,
de suivre le chemin de Jean,
afin de récolter en toute plénitude
les dons éternels du Christ.</i>
<img src="http://www.breviary.net/images/johnbaptistbeheading6.jpg">
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|