Pour le bienheureux Jean-Paul... par PEB 2011-08-22 19:49:42 |
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La messe d'ouverture des JMJ a été célébrée par le cardinal archevêque de Madrid mardi dernier en mémoire du bienheureux prédécesseur du pontife actuel in actione gratiarum. Il y avait, au bas mot, 400 000 fidèles!
Une fiole de sang de Jean-Paul le Grand ont été placé sur l'ambon-reliquaire d'où l'Evangile avait été proclamé. Cette innovation était nécessaire car, en l'absence de canonisation, cette relique insigne ne pouvait être placée dans l'autel.
Sinon, il existe une foule de saints non canonisés par Rome, le premier étant le Bon Larron sanctifié par Notre Seigneur en personne, et de son vivant par dessus le marché! (Sa fête tombant le Vendredi Saint, sa mémoire est, hélas, très peu célébrée dans nos livres: et pour cause!) Il y a tous les disciples cités dans l’Évangile ou dans les Actes et dont la Tradition vénère l'auguste mémoire.
Au cours du premier millénaire la procédure était très simple:
1. Le bienheureux était acclamé par la vox Populi. C'est le fameux cri du santo subito.
2. Après en avoir ouvert la tombe, la dépouille mortelle du saint est élevée par l'évêque sur les autels.
Cette élévation aurait bénéficié à saint Ursmer et à saint Erme.
C'est de ces saints que l'on tient la notion de culte local.
La catholicité du pontificat romain a privé les églises locales de cette prérogative au profit du seul Siège Apostolique. Les élévations du premier millénaire sont pourtant reconnus par un effet de tradition ininterrompue (ne serait-ce que par la toponymie)! La canonisation n'en reste pas moins un exercice éminemment liturgique, c'est pourquoi les causes des saints a été historiquement un service rattaché à l'ancienne congrégation des Rites. La congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements préside à la rédaction des propres des nouveaux saints et bienheureux, même de Rome et de Pologne.
Il fallait cependant maîtriser la procédure dans un soucis à la fois rationnel et politique. La canonisation moderne a cependant un avantage, c'est que le bénéficiaire est inscrit dans les canons liturgiques de l'Eglise Universelle partout dans le monde. Il n'y a plus lieu de jouer au jeu des reconnaissances plus ou moins multilatérales des initiatives locales.
Un point, cependant, est resté de la procédure antique: il appartient encore à l'évêque du diocèse où le défunt était incardiné de préparer la postulation et d'en suivre le développement avec son officialité. A Rome, le Pape pourrait le faire mais ce serait trop facile au dépend de la justice et de l'équilibre de la procédure. C'est donc, même pour les pontifes, le cardinal-vicaire qui s'y colle au nom de l'archidiocèse de Rome.
Il s'en est suivi une raréfaction des canonisations en raison des lourdeurs techniques et du soucis d'impeccabilité du dossier. La conséquence a été une inflation des frais de procédures.
Le bienheureux Jean-Paul II s'est fait des alliés dans le Ciel en simplifiant et accélérant nombre de postulations qui seraient rester au point mort pendant des siècles. C'était un signe que la sainteté appartenait à tous, y compris aux laïcs, y compris du siècle dernier, y compris des contemporains. La baisse du coût a, en effet, permis de remplir le martyrologe d'autres gens que des fondateurs d'ordres ou pieux souverains des temps jadis.
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