Et l'Afrique? par le torrentiel 2011-08-22 13:52:59 |
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Pourquoi ce continent reste-t-il le grand oublié des rendez-vous pérégrins, festifs et mondiaux de la jeunesse alors que, s'il n'est pas certain que l'Afrique soit leberceau de l'humanité, du moins renferme-t-elle une bonne part de l'avenir de l'Eglise, l'Amérique latine n'étant en raccourcis qu'un prolongement de l'Europe, avec une expansion naturelle de ses luttes intestines entre révolutionnaires et fixistes ?
L'Afrique ne semble guère intéresser, ni être promise au respect, pas plus à travers une fréquentation catholique d'envergure mondiale de son précarré géographique qu'à travers la proclamation de la multiplicité de ses langues au moment où le pape salue toutes les nations. Il est vrai qu'il ne peut pas s'adresser au monde dans toutes les langues de ses ethnies.
On a souvent dit que l'Eglise avait perdu le monde ouvrier et méprisé le monde paysan, qui formait, charbonniers en tête, ses troupes les plus fidèles, ferventes et combattives. . Il ne faudrait pas qu'il en aille de même avec l'Afrique qui pourrait s'impatienter faute de visiteurs et décréter que le mépris de ses spécificités animistes et autres est de nature à lui faire assimiler définitivement, comme l'y engagent certaines de ses élites, le christianisme à une religion coloniale, en crise et n'en restant pas moins occidentalocentrique, après que la chrétienté n'est plus seulement en mesure de désigner une ère géographique de civilisation.
"L'Afrique, continent de missions". L'intérêt manifesté pour ce continent (qui se désigne souvent lui-même comme "le continent") aiderait les missionnaires à moins verser dans une missiologie qui, en pratique, aboutit souvent à renoncer à la mission.
Pourquoi n'allons-nous pas faire les honneurs de notre visite à ce "continent de mission" qui ne demande qu'à nous faire celles de son hospitalité ? Est-ce parce que nous redoutons l'inconfort ? Est-ce parce que nous préférons nous réfugier derrière le fait que les anciens territoires de chrétienté sont aujourd'hui désignés comme des "terres de mission" et que nous estimons avoir à y porter tout notre apostolat ?
N'est-ce pas plutôt parce que nous redoutons que les pas encore tout à fait christianisés par nos missions ne soient contaminés de la lèpre ? C'est ce qui ressort de l'insistance qu'on met dans tous les camps à ne mettre l'accent que sur la prolifération du SIDA en Afrique.
Que l'on dénonce ce fléau en faisant comme si le préservatif était la panacée universelle à à l'endiguement de cette pendémie ou qu'au contraire, l'on dise comme Benoît XVI que le préservatif ne résout pas, mais aggrave le problème, on fait du SIDA la lèpre africaine, et l'on n'avance pas la solution pour réduire cette épidémie, solution qui n'est ni morale, ni amorale, mais de santé publique, ou qui tient plutôt à l'immoralité de l'Organisation Mondiale de la Santé Publique, qui part du principe imoral que la santé a un prix et qui, au nom du respect de la marge bénéficiaire de l'industrie pharmaceutique, n'achemine pas les médicaments vers ceux qui en sont nécessiteux, quitte à ce qu'un fonds international n'achète leurs stocks (on sait bien renflouer les banques quand la bourse s'enrhume).
Mais le cynisme a peu de limites, et il peut compter sur les catholiques pour le laisser prospérer. Parce que ceux qui parlent comme moi sont dénoncés dans un certain monde catholique comme de dangereux suppôts de l'extrême gauche !
Cordialement
Le torrentiel
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