Mère Agnès-Mariam de la Croix accuse la France de soutenir l'islamisme par jejomau 2011-08-15 16:18:23 |
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Mère Agnès-Mariam de la Croix est de nationalité libanaise et française. Son père est réfugié palestinien de 1948. Elle a vécu la guerre civile du Liban et travaille en Syrie depuis dix sept ans. Elle vit au sein du du monastère Saint Jacques le mutilé qui appartient à l’éparchie grecque melkite catholique de Homs, Hama et Yabroud.
Elle nous donne des informations de première main sur ce qui se passe. Où l'on constate que tout est beaucup plus complexe que ce que les médias veulent nous dire. Aujourd’hui en Syrie, pour être bien renseigné, il ne suffit plus de suivre les nouvelles servies par les chaînes satellitaires internationales. La réalité qui se vit est différente de ce que transmettent les médias. Ces chaînes n’accompagnent pas l’évènement, elles le précèdent pour le provoquer. Heureusement, de plus en plus de gens accusent cette information de parti pris et de falsification.
Ainsi, on apprend "qu'aujourd’hui il ne fait aucun doute qu’il y a ingérence étrangère, refusée fièrement par une partie de l’opposition. Aujourd’hui il ne fait aucun doute que l’opposition s’est muée en divers endroits en une insurrection armée qui commet des atrocités contre la population civile et contre les forces de l’ordre et l’armée. Enfin, aujourd’hui, l’exacerbation du clivage confessionnel est une triste réalité. Ces trois facteurs convergent pour réanimer le spectre de l’affrontement interconfessionnel, voire de la guerre civile".
Mère Agnès-Maryam de la Croix souligne "l’impensable alliance entre les grandes puissances et des mouvements armés fondamentalistes" . On apprend par exemple que les Etats-Unis avec Barack O'bama soutiennent les Frères musulmans publiquement. "N’ont-ils pas envahi l’Afghanistan pour se défaire d’Al Qaeda ? Comment pouvons-nous voir aujourd’hui les fondamentalistes les plus farouches proclamer leur sympathie et solliciter l’aide des Etats-Unis ?" demande-t-elle ...
Elle pose une question de fond, après avoir souligné le positionnement nouveau de la France en Lybie : "Que cherche l’Occident ? La liberté ou l’islamisme ? Ou est-ce la liberté donnée à l’islamisme. Or cet islamisme nous savons qu’il s’oppose comme l’onagre biblique autant aux musulmans modérés qu’aux non-musulmans. Pourquoi abonder dans son sens" ?
Elle rappelle que les évêques de Damas ont publié un communiqué déplorant cette ingérence des Occidentaux encourageant une insurrection armée, confessionnelle et fondamentaliste. On découvre avec stupeur que "les manifestations ont eu très tôt un double visage : un visage pacifiste de façade destiné à faire la vedette dans les médias à travers les vidéo-montages bricolés et autres messages pathétiques de (faux) témoins en retransmission audio, et un visage occulte anarchiste, où des activistes ou des agents infiltrés sont chargés de semer la pagaille et de provoquer la violence"!.. Dont le but est "d'instaurer par le vandalisme un régime de terreur propice à un remodelage religieux à caractère islamique sunnite".
Désormais certains musulmans fanatisés ne craignent plus de manifester ouvertement aux chrétiens leur antipathie viscérale et leur disent ouvertement : « préparez-vous, votre fin est proche ». Le tabou confessionnel imposé par le régime Baathiste sous peine de graves sanctions avait assuré à la Syrie une stabilité sociale enviable pendant des décennies. Mère Agnès-Mariam de la Croix montre que "des chaînes satellitaires comme Al Jazirah ou Al Arabiya ont contribué directement à inoculer la mentalité discriminatoire confessionnelle"
Ainsi la réforme du « printemps arabe» inquiète la majorité des Syriens en général et les chrétiens en particulier car c'est la montée en puissance du fondamentalisme islamique sous tacite bénédiction internationale. Les révolutions « réussies », en Égypte ou en Tunisie, ont fait chuter les régimes incriminés et leurs chefs honnis, mais n’ont-elles pas contribué à livrer ces pays à l’inconnu et au vide ? Le chaos qui s’instaure est confié à la « garde » de l’armée mais, la plupart des analystes le soulignent, "il ne profitera qu’aux mouvements islamiques : frères musulmans, salafistes ou Al Qaïdah"
Les partis islamistes, modérés ou extrémistes, militent en faveur d’un retour à la « pureté » de l’application du Coran dans la vie civile : Si le régime syrien venait à tomber, la majorité sunnite qui viendra au pouvoir démontre vouloir implanter la Sharia islamique, au détriment des libertés de croyance et des droits civiques des non-chrétiens: "De semaine en semaine, le printemps arabe en Syrie part chaque vendredi de l’enceinte échauffée des mosquées pour s’exprimer avec haine dans des termes ultrareligieux et sectaires où les citoyens appartenant à d’autres confessions ne se retrouvent pas".
"Avec l’instauration de ce qu’une communauté chrétienne a nommé par euphémisme une société « moins laïque » , les chrétiens seront non seulement dépourvus du droit à un statut civil équivalent à celui de leurs frères musulmans comme c’est le cas partout dans le monde musulman sauf au Liban et en Turquie, mais ils seront réduits au rang de citoyens de seconde zone, les dhimmis, taxés par l’État pour être rachetés et protégés de l’anathème traditionnel qui juge que les infidèles sont dignes de la peine de mort et, par conséquent, doivent se racheter par la capitation. C’est pourquoi les minorités, et même les musulmans modérés, regardent avec scepticisme le « printemps arabe », n’en déplaise à ceux qui acclament la révolution arabe les yeux fermés ou qui la théorisent les yeux grands ouverts.
Déjà les constitutions des régimes arabes qui se disent « laïcs » sont basées sur la loi coranique. Pour les chrétiens les articles de la loi qui ont trait au statut civil ont été une atteinte permanente à leur liberté de culte et de conscience. En vertu de ces lois tout chrétien peut se convertir à l’Islam mais jamais l’inverse. Le musulman ne peut pas se convertir au christianisme et, s’il le fait, son statut civil ne pourra jamais changer. Le musulman qui se convertit est mort civilement. Cependant, les constitutions de ces régimes sont rédigées en termes civils et non pas religieux".
Comme chrétienne consciente de ses responsabilités au sein de la société, Mère Agnès-Mariam de la Croix veut que "tous favorisent le dialogue inter-syrien, en vue de réformes conséquentes, dans le cadre d’une prise de responsabilité efficace même si elle est lente".. Et elle conclut : " Nous prions pour que la communauté internationale l’encourage, que le peuple syrien s’y engage et pour qu’il porte les fruits escomptés de modernisation, démocratie et pacification ".
Nous ne pouvons que suivre cette communauté catholique si réduite mais si active pour promouvoir la Paix en les encourageant de nos prières ...
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