LES POUVOIRS DES SUCCESSEURS DES APÔTRES par postit 2011-08-06 12:38:20 |
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L’Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, possède en tant que tel l’autorité suprême dans l’Église ; les évêques, comme successeurs des autres Apôtres, ont une autorité subordonnée à la sienne. Ni lui ni eux n’ont cependant hérité des Pouvoirs nécessaires à la fondation de l’Église ; la chose est faite, une fois pour toutes. Leur mission est de conserver l’Église, c’est déjà lourd, et ils ont hérité pour cela de Pouvoirs ordinaires, transmissibles, et déjà considérables.
Or voici une distinction capitale : certains de ces pouvoirs sont infaillibles, les autres ne le sont pas ; ils sont donc... faillibles. Pour que l’Église ait une base certaine, une continuité et une perpétuelle unité dans la fidélité au Seigneur Jésus-Christ, il fallait que les actes essentiels des Pasteurs de l’Église soient nécessairement et indubitablement efficaces, suivis de leurs effets divins. Ces actes relèvent de Pouvoirs infaillibles, assistés inconditionnellement par l’Esprit-Saint. Les autres présentent une grande contingence et dépendent aussi bien de la fragilité de l’homme que de l’assistance de l’Esprit de Dieu ; ils émanent de Pouvoirs moindres, où doit s’opérer un discernement. Allons de l’infaillible au faillible, du certain à l’incertain, de l’indiscutable au discutable...
1) LE POUVOIR D’ORDRE
Nous tenons ce Pouvoir, de célébrer le Saint-Sacrifice et de donner la grâce par les autres sacrements, du Christ par succession apostolique, intégralement. (...) Cette efficacité pleine et entière des rites sacramentels a toujours été reconnue dans l’Église. C’est là notre grandeur, à nous prêtres, dans ce ministère qui nous fait les instruments de la grâce divine. C’est l’essentiel de la vie de l’Église et de la croissance de la charité qui est ainsi assuré, infailliblement.
2) LE POUVOIR D’ENSEIGNEMENT
Il est lui aussi infaillible, mais en partie seulement. Et là, je me permets de présenter la doctrine commune de l’Église d’une manière un peu neuve, pour la rendre accessible à la compréhension de tous. Les théologiens auront intérêt à lire G. Thils, L’infaillibilité Pontificale (Duculot, 1968) ; en particulier le chapitre consacré à l’étude de L’Infaillibilité du Pape dans son Magistère ordinaire (p. 176-185), et aussi Dom Nau, Le Magistère pontifical ordinaire, Lieu théologique (Abbaye de Solesmes). La question est complexe.
a) L’Église en sa croyance unanime est infaillible.
En vertu de sa dignité d’Épouse du Christ, l’Église participe à sa connaissance infaillible de la Vérité. Ce que tous les fidèles de l’Église croient ensemble, unanimement, comme de révélation divine, est infailliblement vrai. Pourquoi ? Parce que si toute l’Église, même à un seul instant de son histoire, était toute entière dans l’erreur, fût-ce sur un seul point dogmatique ou moral, l’Enfer l’aurait emporté à l’encontre des promesses du Christ.
(...)
b) Le Magistère ordinaire est conditionnellement infaillible.
Si l’on veut bien considérer comme caractéristique de cet enseignement autorisé, qu’on appelle magistère commun ou ordinaire, d’être en tout l’écho de la tradition unanime de l’Église, il paraît bien qu’il jouit, lui aussi et de ce fait, de l’infaillibilité. Quand le Pape, ou quelque évêque, ou quelque curé même, enseigne ce que l’Église a toujours et universellement tenu pour certain, il dit vrai nécessairement et infailliblement. (...)
En revanche, s’il advient que le Pape ou les Évêques, même dans leur enseignement “ authentique ”, enseignement donné par eux en vertu de leur fonction, avec l’autorité de leur rang, en viennent à proférer quelque nouveauté ou quelque opinion discutée, pareille doctrine ne peut être considérée comme relevant du Magistère ordinaire. Elle ne présente alors aucune garantie d’infaillibilité. Et c’est la grande infirmité de ce magistère ordinaire de n’être pas séparé par une frontière nette et incontestable du royaume des opinions humaines.
c) Le Magistère extraordinaire ou solennel est, de lui-même, strictement et pleinement infaillible.
Et c’est une nécessité pour l’Église. S’il advient que sur tel point de doctrine la tradition ne soit pas claire ni unanime, si une croyance commune est soudain contestée ou même rejetée par certains, alors ceux qui ont tout pouvoir pour conserver et défendre la dépôt de la Révélation seront amenés à trancher la question définitivement par une proclamation en forme indiscutable de la Vérité. L’assistance du Saint-Esprit leur est promise pour de telles décisions. C’est l’infaillibilité du Pape et du Concile dite solennelle, ou encore “ ex cathedra ”.
(...)
d) L’enseignement faillible de l’homme privé.
Reste que les personnes constituées en dignité, gardent la liberté marginale d’enseigner sous leur responsabilité personnelle, comme “ théologiens privés ”, des théories et opinions qui leur sont propres et ne valent que par leur force démonstrative intrinsèque. (...) Mais si quelque prétention à imposer leur doctrine les fait couvrir celle-ci de toutes les marques extérieures d’un enseignement authentique, tendant à en faire un acte de magistère ordinaire ecclésiastique, le désordre sera grand. Ce qui vient des hommes paraîtra venir de Dieu. (...) L’infaillibilité attribuée inconsidérément à tout acte du Magistère peut devenir une arme terrible aux mains des pervers. Il suffirait alors au diable pour dominer toute l’Église et y imposer les pires erreurs, d’arriver à placer aux plus hauts sommets de la Hiérarchie des êtres perdus tout gagnés à sa cause. C’est le plan, cent fois exprimé, de la Franc-Maçonnerie. Il faut savoir qu’une telle inversion de l’ordre établi par le Christ pour le salut de tous peut se rencontrer parfois dans l’Église, pour la ruine et la perdition de la multitude égarée par ses Pasteurs.
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