Une "ordalie" doctrinale pour satisfaire une "tendance" ecclésiale ? par Scrutator Sapientiæ 2011-07-21 23:18:05 |
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Bonsoir CMdelaRocca,
D'une part, j'ai au moins mille défauts, d'autre part, je m'efforce de n'avoir rien contre personne, enfin, j'ai bien conscience du fait que le fait de chercher la petite bête n'est pas toujours synonyme de lucidité.
Ces précisions étant apportées, je vous invite à relire la phrase que vous citez, pour mieux comprendre dans quelle mesure sa formulation est, en tout cas, à mon sens, contre-productive à plusieurs titres.
Enrico Maria Radaelli propose qu’à l’occasion des 50 ans du Concile Vatican II, il soit respectueusement demandé au pape de poser
I - " le seul acte (?) qui pourrait réconcilier (?) l’enseignement et la doctrine donnés par l’Eglise avant et après la fatale assemblée " :
a) nous savons tous qu'il y a plusieurs points sur lesquels l'enseignement et la doctrine donnés par l'Eglise après le Concile ne sont pas en contradiction formelle, ni même matérielle, avec les mêmes points abordés par l'enseignement et la doctrine donnés par l'Eglise avant le Concile, notamment en matière morale et en matière sociale ;
b) au surplus, l'Eglise d'après le Concile n'a pas officiellement invalidé, oblitéré, "ad intra", les dogmes qui caractérisent le christianisme catholique, mais elle en a effectivement désactivé, minimisé, neutralisé, dévitalisé ou relativisé le caractère inconditionnel, "ad extra", ce qui n'est pas du tout la même chose ;
c) pour reprendre l'expression de Romano AMERIO : "le dogme est devenu facultatif", non dans la matière même du Credo, mais dans la manière de faire entendre ou de laisser entendre aux fidèles, par exemple,
1- que le fidèle catholique n'a pas AVANT TOUT une responsabilité surnaturelle, dont il devra rendre compte devant Dieu, dans l'ordre de la réception et de la transmission de la Foi catholique ;
2- que le chrétien non catholique, ou le croyant non chrétien, n'a pas LUI AUSSI une vocation surnaturelle à laisser le seul vrai Dieu agir en lui, pour lui permettre de se libérer de ses erreurs et d'adhérer en toute dignité, en toute liberté, mais aussi et surtout en toute charité, destinée à Dieu, et en toute vérité, provenant de Dieu, à la plénitude de la vérité révélée, incarnée par Jésus-Christ ;
3- que la sincérité du chrétien non catholique, du croyant non chrétien, a pour effet de faire oublier, de faire passer à l'arrière-plan, le caractère erroné de la croyance religieuse à laquelle il adhère, lequel ne doit plus être condamné, dénoncé, critiqué, relevé ou signalé (ou alors du bout des lèvres et sur la pointe des pieds) mais doit être désormais "accueilli", "apprécié" ou "estimé", dans la mesure où il contribue, en quelque sorte, à l'adoucissement sapientiel et à l'enrichissement spirituel de l'humanité, unie dans la diversité.
II - " Cet acte unique (?), héroïque, très humble, est d’approcher du feu surnaturel du dogme (?) les doctrines qui sont mal vues (!) par les fidèles de tendance traditionaliste (!), et celles qui en sont l’opposé (!) " :
a) le critérium d'appréciation du caractère orthodoxe, ou de la conformité au dogme, du corpus conciliaire, serait-il, en positif, ce qui est "bien vu", en négatif, ce qui est "mal vu", "par les fidèles de tendance traditionaliste" ?
Et si ces fidèles, sur tel ou tel point, en venaient à se tromper ?
Et si d'autres fidèles, bien que non traditionalistes, en venaient, eux, à ne pas ou à ne plus se tromper, tout en ne devenant pas, pour autant, traditionalistes ?
b) ce critérium d'appréciation ne peut-il pas, ne doit-il pas plutôt être ceci : la confrontation, si l'on veut parler ainsi, "au feu surnaturel du dogme",
- d'une part, des théories doctrinales et des pratiques pastorales qui ont notoirement pour effet de contribuer à la FRAGILISATION de la Foi catholique, dans le coeur des fidèles et dans la vie intérieure de l'Eglise ?
- d'autre part, des théories doctrinales et des pratiques pastorales qui ont notoirement pour effet de contribuer à la CONSOLIDATION de la Foi catholique, dans le coeur des fidèles et dans la vie intérieure de l'Eglise ?
c) n'est-il pas possible de se mettre d'accord, notamment grâce à Dominus Iesus, sur l'identification des théories doctrinales (et des pratiques pastorales qui en découlent) qui ont pour effet de contribuer à la FRAGILISATION de la foi catholique,
- en reconnaissant, ne serait-ce "qu'en creux", le fait que certaines d'entre elles sont issues d'un Concile tout à fait ambigu,
- en reconnaissant, cette fois "en plein", que cet examen de conscience
1- n'a pas vocation première à donner (in)satisfaction à quelque mouvance ou tendance ecclésiale que ce soit
mais
2- a bien vocation première à consolider la Foi catholique et à revivifier l'Eglise catholique, notamment en l'amenant à redécouvrir le fondement et le contenu de la dimension dissensuelle de la Foi catholique, face à la propagation de l'esprit du monde ?
III - Ces remarques étant formulées, leur formulation étant certainement perfectible, je vous en souhaite une bonne réception, et je vous souhaite une bonne nuit.
Scrutator.
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