le salut , ce n'est pas seulement "le repas partagé" par jejomau 2011-07-11 17:32:27 |
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Le sacrement de pénitence est important. Dans sa 6ème session, le Concile de Trente traite de la Justification dans son "décret sur la justification" du 13 janvier 1547 :
I.ceux qui doivent être justifiés
Il constate d'abord l'impuissance de la nature et de la Loi à justifier les hommes . "D'où il arriva que le Père céleste, " Père des miséricordes et Dieu de toute consolation" (2Co 1,3), envoya aux hommes le Christ Jésus". Ainsi les chrétiens sont justifiés par le Christ.
Dans le chapître 4° Le Concile de Trente regarde comment sauver "l'impie". Il s'agit d'un : " transfert de l'état dans lequel l'homme naît du premier Adam à l'état de grâce et d'adoption des fils de Dieu (Rm 8,15), par le second Adam, Jésus Christ, notre Sauveur. Après la promulgation de l'Evangile, ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération ou le désir de celui-ci, selon ce qui est écrit "Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s'il ne renaît pas de l'eau et de l'Esprit Saint" (Jn 3,5)
Ce Concile indique la nécessité pour les adultes d'une préparation à la justification.
Les Pères mettent l'accent sur le mot tant oublié aujourd'hui chez de nombreux chétiens : la Pénitence. Je cite : "lorsque, aussi, comprenant qu'ils sont pécheurs et passant de la crainte de la justice divine, qui les frappe fort utilement, à la considération de la miséricorde de Dieu, ils s'élèvent à l'espérance, confiants que Dieu, à cause du Christ, leur sera favorable, commencent à l'aimer comme source de toute justice, et, pour cette raison, se dressent contre les péchés, animés par une sorte de haine et de détestation , c'est-à-dire par cette pénitence que l'on doit faire avant le baptême (Ac 2,38) ; lorsque, enfin, ils se proposent de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et d'observer les commandements divins."
En outre "Personne, si justifié soit-il, ne doit penser qu'il est libéré de l'observation des commandements ". Ainsi, une fois retourné à Dieu, l'Eglise prend soin de souligner toute l'importance que revêtent la pratique des commandements. Quelle catéchèse actuelle met autant l'accent dessus?
Par ailleurs : "Bien qu'en cette vie mortelle, aussi saints et justes qu'ils soient, ils tombent parfois au moins dans les péchés légers et quotidiens, qu'on appelle aussi véniels, ils ne cessent pas pour autant d'être justes. En effet l'expression humble et authentique des justes est celle-ci : "Remets-nous nos dettes" (Mt 6,12). C'est pourquoi les justes eux-mêmes doivent se sentir d'autant plus obligés à marcher dans la voie de la justice que, désormais " libérés du péché, devenus serviteurs de Dieu " (Rm 6,22) vivant "dans la tempérance, la justice et la piété "(Tt 2,12) ils peuvent progresser par le Christ Jésus qui leur a ouvert l'accès à cette grâce(Rm 5,2). Car ceux qu'il a justifiés une fois, "Dieu ne les abandonne pas, à moins qu'il ne soit d'abord abandonné par eux".
Les Pères du Concile insistent fortement sur la Persévérance: "Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé" (Mt 10,22 Mt 24,13). Comme le Saint-Père Benoît XVI aujourd'hui rappellant l'importance du sacrement de pénitence ils soulignent l'état d'esprit qui doit nous animer : " que ceux qui se croient être debout, veillent à ne pas tomber (1Co 10,12) et travaillent à leur salut avec crainte et tremblement (Ph 2,12) dans les fatigues, les veilles, les aumônes, les prières et les offrandes, dans le jeûne et la chasteté (2Co 6,5-6). Sachant, en effet, qu'ils sont nés de nouveau dans l'espérance de la gloire (1P 1,3) mais pas encore dans la gloire, ils doivent avoir des craintes concernant le combat qui leur reste contre la chair, contre le monde, contre le diable, combat dans lequel ils ne peuvent être vainqueurs que si, avec la grâce de Dieu, ils obéissent aux paroles de l'Apôtre: "Nous ne sommes plus tenu, vis-à-vis de la chair, de vivre selon la chair. Si vous vivez, en effet, selon la chair, vous mourrez. Mais si par l'Esprit vous faites mourir les oeuvres de la chair, vous vivrez " (Rm 8,12-13).
II.Ceux qui sont tombés et leur relèvement
"Ceux qui, après avoir reçu la grâce de la justification, en sont déchus par le péché pourront être de nouveau justifiés lorsque, poussés par Dieu, ils feront en sorte de retrouver la grâce perdue au moyen du sacrement de la pénitence, grâce aux mérites du Christ. Ce mode de justification est le relèvement du pécheur, que les saints Pères ont fort bien appelé "la seconde planche après le naufrage qu'est la perte de la grâce"
"La pénitence du chrétien après une chute est très différente de la pénitence baptismale. Elle comprend non seulement l'abandon des péchés et leur détestation, ou "un coeur contrit et humilié"(Ps 50,19) mais aussi la confession sacramentelle de ceux-ci, ou du moins le désir de la faire en temps opportun, l'absolution par un prêtre, et, de plus, la satisfaction par le jeûne, les aumônes, les prières et autres pieux exercices de la vie spirituelle, non pour remettre la peine éternelle - laquelle est remise en même temps que la faute par le sacrement ou le désir du sacrement -, mais pour remettre la faute temporelle qui (comme l'enseigne l'Ecriture sainte) n'est pas toujours totalement remise, comme elle l'est au baptême, à ceux qui, ingrats envers la grâce de Dieu qu'ils ont reçue, ont contristé l'Esprit Saint (Ep 4,30) et n'ont pas craint de violer le Temple de Dieu (1Co 3,17)"
Le Concile de Trente rappelle aussi les oeuvres de charité : "Il faut proposer aux hommes justifiés, qu'ils aient sans cesse gardé la grâce reçue ou qu'ils l'aient recouvrée après l'avoir perdue, les mots de l'Apôtre : "Soyez riches de toute oeuvre bonne, sachant que votre labeur n'est pas vain dans le Seigneur" (1Co 15,58)
III.En résumé:
"Ainsi notre justice personnelle n'est pas établie comme venant personnellement de nous(2Co 3,5) et la justice de Dieu n'est ni méconnue ni rejetée (Rm 10,3). En effet cette justice est dite nôtre, parce que nous sommes justifiés par cette justice qui habite en nous; et cette même justice est celle de Dieu, parce qu'elle est répandue en nous par Dieu et par les mérites du Christ ..... parce que " nous péchons tous en bien des choses(Jc 3,2 1573), chacun doit avoir devant les yeux non seulement la miséricorde et la bonté, mais aussi la sévérité et le jugement, et l'on ne doit pas se juger soi-même, même si on n'est conscient d'aucune faute. Car toute la vie des hommes doit être examinée et jugée non pas par un jugement d'homme, mais par celui de Dieu " qui éclairera les secrets des ténèbres et rendra manifestes les secrets des coeurs ; et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient " (1Co 4,4), lui qui, comme il est écrit, " rendra à chacun selon ses oeuvres" (Rm 2,6)
On remarquera l'importance que dans les deux chapîtres a revêtu le mot de "Pénitence" . Il semblerait que au plus haut sommet de l'Eglise un certain retour sur cet "état d'esprit" se fasse jour. La Lettre aux clergé de l'Irlande demandant une année de Pénitence en est un bon exemple. Le fait que le Saint-Père y montre un intérèt certain est significatif.
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