Hervé Ghesquière: METTRE LES POINTS SUR LES 'I' par BONNOU 2011-07-01 14:22:44 |
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Que savons-nous, nous, du fond de notre pays, sur la façon dont s'est passé l'enlèvement des journalistes ? Une réponse est apportée ici par l'un d'entre eux (qui est assez bien placé). On n'est pas obligé de le croire, tout comme on n'est pas obligé de croire ceux qui disent le contraire. Dans tous les cas, cela appelle un peu plus de réserve sur nos jugements et les anathèmes que l'on peut porter sur telle ou telle personne dont on ne connait au fond, que ce que la presse veut bien nous dire... Et quand on se fait une opinion sur des ragots ni vérifiés, ni recoupés, on devrait sur ce Forum, être plus plus réservé dans nos affirmations et accusations.
déclaration de Ghesquière
"Personne ne nous a rien dit, que cela soit clair", a dit Hervé Ghesquière, à propos des risques encourus, Stéphane Taponier à ses côtés.
"Nous ne sommes pas allés affronter la face Nord de l'Everest en tongs, loin de là", a-t-il poursuivi. "On savait pertinemment où on allait".
"On a juste voulu voir s'il y a une route, qui s'appelle l'axe Vermont, et si cette route est contrôlée par l'armée française, par l'armée afghane, par la police afghane, par les taliban ou par personne. A priori par personne, ni à l'époque, ni encore aujourd'hui", a-t-il raconté.
"On n'a pas eu de chance. On était bien préparé, on a pris le minimum de risque possible. On a été vendu à un check-point, infiltré par un informateur taliban et on a été intercepté vingt kilomètres plus loin".
"Apparemment, de ce qu'on sait, si on n'avait pas été intercepté à la première 'embuscade', il y en avait une deuxième qui nous attendait, et une troisième. Ils avaient ordre de tirer et si on ne s'arrêtait pas, ils avaient ordre de nous tuer parce qu'on était pour eux des espions", a dit Hervé Ghesquière.
"Je voulais vraiment être clair là-dessus, parce qu'il y a beaucoup de polémiques, beaucoup de choses dites", a souligné le journaliste. "C'est important de mettre les point sur les 'i'".
Il a affirmé qu'il éprouvait "plus que jamais" l'envie de faire son métier et que les journalistes se devaient d'aller en Irak ou en Afghanistan, zones de conflit à risque.
"Il ne faut pas toujours être avec l'armée française, avec l'armée américaine, il ne faut pas toujours être 'embedded'" - terme anglais employé pour désigner les journalistes opérant dans des unités militaires, qui les protègent.
"Il faut aussi qu'on ait un autre point de vue. Un autre point de vue, c'est aller là où on est allé et où plein d'autres journalistes vont", a dit Hervé Ghesquière.
Avant de conclure: "Le risque zéro n'existe pas".
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