Royauté sociale du Christ et libéralisme par Theonas 2011-06-16 21:29:50 |
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Dans Immortale Dei, Léon XIII écrit " Dieu a réparti entre le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil le soin de procurer le bien du genre humain. Il a préposé le premier aux choses divines et le second aux choses humaines. Chacun d’eux, dans son ordre, est souverain ; chacun d’eux est renfermé dans des limites parfaitement déterminées, et tracées en exacte conformité avec sa nature et son principe. Chacun d’eux est donc circonscrit dans une sphère où il peut agir et se mouvoir en vertu des lois qui lui sont propres. »
L'encyclique explique ensuite que ces deux pouvoirs ne sont pas sur le même plan, l’un étant supérieur à l’autre, la cité terrestre ayant des devoirs envers Dieu ( Immortale dei). Elle est en conséquence soumise à l’universelle royauté temporelle du Christ ( Pie XI quas primas), car le Christ en tant qu’homme a reçu de Dieu « l’empire sur les oeuvres de ses mains » « tout a été mis sous ses pieds »( Heb 2) C’est de lui que tous les pouvoirs tiennent leur autorité. La cité doit donc suivre sa loi et sa morale. L’Etat est bien souverain, mais son domaine est subordonné, de sorte que cette souveraineté n’est pas absolue. Il n’y a qu’une souveraineté universelle et absolue, celle du créateur et celle de l’Eglise est supérieure à celle de l’Etat. Ce qui est à César est à Dieu avant d’être à César.
« tout pouvoir m’est donné dans les cieux et sur la terre » Mt 28,18. Ainsi ceux qui croient en Christ ne peuvent admettre une séparation radicale de l’Eglise et de l’Etat.
Un glaive est sous l’autre : « personne ne doit donc s’imaginer que nous prétendons troubler ou diminuer la juridiction de l’illustre roi des Francs, non plus qu’il ne veut et qu’il ne doit empêcher la Nôtre…car nous ne prétendons pas juger du fief, dont le jugement lui appartient,…mais prononcer sur le péché, dont la censure nous appartient sans nul doute, censure que nous pouvons et devons exercer contre qui que ce soit… »(Innocent III aux évêques, 1204). Cette même ratio peccati est invoquée par Innocent IV contre Frédéric II, par Boniface VIII contre Philippe le Bel. C’est là l'unique doctrine sociale de l'Eglise. Elle est immuable : la doctrine des deux glaives de St Bernard est la même que celle du pouvoir indirect de Bellarmin et Suarez, c’est le même enseignement dispensé par Boniface VIII dans la bulle Unam Sanctam et par Léon XIII dans Immortale dei. Il y précise que l'autorité de l'Eglise s'étend aux choses temporelles pour autant qu'elles entrent en rapport avec ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu. Or la question du libéralisme est centrale puisqu'elle fait de la neutralité axiologique de l'Etat un dogme, donc rejette l’idée qu’il y à promouvoir un ordre particulier, une morale particulière, ordonnée à une métaphysique créationnelle. Il est donc par conséquent le péché par excellence, le principe de propagation même du péché. Il doit donc être combattu par tout chrétien.
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